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Best of 2012 – La « realpolitik » de l’énergie toujours bien vivante !


dimanche 08 juillet 2012

Il est "politiquement correct" d'affirmer la nécessité de réduire la part des énergies fossiles, mais partout dans le monde s'engage la course à l'exploitation des sources non conventionnelles et des champs pétroliers marins de plus en plus profonds.


Les défenseurs du climat se désolent.  Le sommet Rio+20 a répété des déclarations de bonnes intentions mais les chiffres ne sont pas encourageants. « Pas un. Pas un signal climatique qui soit au vert. Et au rythme où vont les choses, les indicateurs vont passer de l'incarnat au rouge sang », écrit dans L'usine à GES Volodia Opritchnik .

« Ces dernières semaines, poursuit-il, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et l'Agence européenne de l'environnement sont convenues que les émissions de GES ne cessent pas leur progression malgré la crise : +2,4 % pour l'Europe entre 2009 et 2010 ; +3,2 % pour le monde entre 2010 et 2011 ( ...). L'Institut pour la recherche sur le climat de Postdam estime que nous sommes désormais sur la voie d'un réchauffement de 4 °C d'ici à la fin du siècle. Pour mémoire, notre objectif commun est de le limiter à 2 °C ».
 
C'est que, crise aidant, les rapports de force mondiaux dans le secteur de l'énergie restent décisifs et conduisent à des politiques de puissance classiques, entre les géants américain et chinois, et parmi le monde développé et les grandes nations émergentes comme l'Inde, l'Afrique du sud, le Brésil ou encore la Russie.
 
Dans ce contexte, les énergies fossiles ont toujours le vent en poupe, face à un nucléaire fragilisé par l'accident de Fukushima et à des énergies renouvelables (éolien et solaire) qui se développent certes de façon rapide mais restent encore marginales dans le mix général.
 
Dès novembre 2011, comme le notait Zegreenweb, L'exploitation petrolière offshore revenait définitivement en grâce aux Etats-Unis, malgré la catastrophe écologique de la plate-forme de BP dans le golfe du Mexique, et l'exploitation des ressources naturelles de l'Arctique reprenait de plus belle , dénoncée par Greenpeace
 
Mais ce sont les gaz et huiles non conventionnels qui ont continué de provoquer les plus grands bouleversements dans le paysage énergétique. Développés depuis une dizaine d'années aux Etats-Unis, les gaz de schiste ont donné à ce pays une nouvelle autonomie énergétique et ont bouleversé les prix du gaz au niveau mondial. L'Amérique du nord devient le nouvel eldorado énergétique  du monde, estime le professeur américain  Chalon Schirman.

C'est ce mouvement, et non pas Fukushima, qui a freiné le développpement du nucléaire américain . Le charbon lui-même, qui assure près de 50% de l'électricité américaine, a lui-même subit un déclin - pas forcément regrettable - du fait de ces gaz de schisste

La Chine n'est bien sûr pas restée éloignée de cette source d'énergie et s'est lancée dans l'aventure.
 
Les gaz non conventionnels étant plus régulièrement répartis sur la planète, selon les géologues, le Moyen Orient pourrait perdre à terme le rôle central qu'elle tient depuis longtemps. La Chine participe à de subtils jeux triangulaires, tandis que certains soulignent  que Barack Obama est dans la ligne de l'administration républicaine, bien décidée a mettre au service de la puissance américaine toutes les nouvelles capacités énergétiques de leur territoire. C'est en tout cas l'argument du Pr Michael Klare sur Europen Energy Review.
 
Dans ce contexte mondial, les appels se multiplient en France  pour ne pas céder à l'angélisme et utiliser toutes les ressources disponibles ou supposées telles pour tenir son rang dans la compétition mondiale. C'est l'argument de Christophe de Margerie, le PDG de total : "la France ne doit pas être schizophrène".

L'exploration par Shell des champs repérés au large de la Guyane , qui a plus ou moins conduit à l'exfiltration en douceur du ministre de l'environnement du premier gouvernement Ayrault, Nicole Bricq, est un exemple du climat ambiant.

La position de l'ancienne majorité de droite, très fermée sur l'exploitation des gaz de schiste, est critiquée. "Ne nous privons pas de gaz et de pétrole non conventionnels", estime Olivier Appert, président du Conseil français de l'énergie.
 
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4 commentaire(s)
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Commentaire par irisyak
lundi 09 juillet 2012 14:48
Que Monsieur Barack Obama se trompe, soit, mais que la France le suive .. non! Des pays comme la Suède ou encore comme la Suisse ne se plaignent pas de tourner le dos au pétrole et au nucléaire. Il n'est pas question d'angélisme. Cette attitude consiste à tirer au plus vite toutes nos cartouches pour demander encore un jour monsieur le Bourreau! C'est contre productif à tous les niveaux. C'est fermer les yeux sur la réalité. Elle se vengera. La terre vivra très bien sans l'homme! Construire sa destruction n'a rien d'enthousiasmant! http://greengrowing.over-blog.com
[2]
Commentaire par hvidsten
lundi 09 juillet 2012 17:23
@ irisyak : pourquoi tourner le dos au nucléaire ? c'est une technologie qui ne produit pas de co2 ...et dont on ne peut rien faire d'autre que de l'énergie ceci contrairement au pétrole . bien sûre il faut réduire notre consommation de gaz et pétrole ...car c'est des produits précieux qui seront bien utiles aux générations futures . mais c'est pas avec des éoliennes que nous allons remplacer le pétrole , le gaz et encore moins le nucléaire ..ceci d'autant plus que ces machines sont extrêmement dénaturantes et génèrent une résistance de plus en plus forte . Pour l'instant on ne pas être contre le nucléaire et vouloir en même temps diminuer la consommation de pétrole et gaz ... . Impossible . ceci dit cela n'empêche pas de développer le solaire thermique et photovoltaïque , géothermie , isolation , micro algues ...et même éolien flottant et hydrolien pour mettre tout ça trés au large . cordialement
[3]
Commentaire par Gépé001
mardi 10 juillet 2012 08:01
Le problème de l'énergie est avant tout un problème lié à l'économie dans la relation "cout du travail-prix de l'énergie".Il faut réduire le cout du travail en augmentant le prix de l'énergie,et vous réduirez le chomage en améliorant la compétitivité.C'est un simple raisonnement de bon sens et de souci de solidarité.
[4]
Commentaire par patrig k
mardi 10 juillet 2012 11:58
@hvidsten [...extrêmement dénaturantes et génèrent une résistance de plus en plus forte.] Dans vos rèves peut etre ... des faits et non des incantations !
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