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Nucléaire : un beau débat en perspective !


vendredi 05 août 2011

Le "best of" de "la chaîne Energie" - Le débat sur le nucléaire a été relancé par Fukushima et il est probable qu'il occupe une bonne place dans l'élection présidentielle à venir. Les deux camps -"pro" et "anti" - affûtent leurs arguments...


beau L'accident de Fukushima s'est produit alors que le nucléaire se préparait à connaître une « renaissance », (même si certains contestaient déjà cette progression).

Mais les effets dévastateurs du tsunami (voir les images satellitaires présentées par Richard Guillande) ont relancé la polémique sur la sécurité des centrales nucléaires et donc sur les perspectives de développement à long terme de cette énergie.

L'une des meilleures spécialistes françaises du secteur, Colette Lewiner, ne croit pas à un arrêt, mais plutôt à un « coup de frein ». Cela modifierait le mix français, sans qu'il y ait abandon de de cette source d'énergie, comme le souligne Gery Lecerf. Des analystes pronostiquent en tout cas  une relance du gaz, énergie la plus flexible et la plus immédiatement disponible. Une évolution du mix qui ne réjouit pas les climatologues.

Le choix du nucléaire n'est cependant pas remis fondamentalement en cause dans de nombreuses régions du monde, comme la Chine ou la Russie (ainsi que l'illustre le reportage de Charles Haquet chez Rosatom).
 
C'est en effet surtout en Europe que les réactions défavorables des opinions publiques ont donné la vision la plus sombre de l'avenir de la filière. La décision allemande de sortir complètement du nucléaire a immédiatement relancé une vive polémique.

Exemple pour la France , comme l'affirme Stéphane Lhomme, ou décision hypocrite, comme le suggère Nicolas Goldberg. Le fait que l'Allemagne puisse être contrainte de relancer des centrales à charbon, ou d'importer de l'électricité "nucléaire" française passe mal. Et si l'on faisait payer le courant proportionnellement à la proximité de la source ? suggère le Pr Foos pour illustrer ce paradoxe.

Avant même Fukushima, la question de la place du nucléaire français en Europe était commentée -voir la proposition de Claude Mandil, l'ancien directeur de l'AIE- de partager cette électricité. Il sera en tout cas intéressant de voir si l'Allemagne réussit ou se trouve dans une impasse : c'est le sens de la tribune d'Hervé Nifenecker.

Améliorer la sécurité

Mais quelles que soient ses conséquences économiques, l'accident de Fukushima a reposé la question des dangers du nucléaire. C'est le troisième gros accident de cette filière, après ceux de Three Mile Island et de Tchernobyl, comme le rappelle Francis Sorin. Le risque d'inondation n'était pas vraiment inconnu et la centrale française du Blayais , dans l'estuaire de la Gironde, avait connu ce problème, à un niveau bien sûr sans commune mesure, comme le rappelle Bernard Laponche,  physicien nucléaire.

Comment mieux prévoir l'accident imprévu, s'interroge François Jolivet, ancien chef de projets nucléaires.
Dans une interview au site European Energy Review,  le Pr Jacques Foos avait avancé certaines suggestions concrètes, d'ores et déjà reprises par certains responsables français, comme l'installation des moteurs alimentant les systèmes de refroidissement sur des positions élevées, par exemple sur la falaise dominant la future centrale EPR de Flamanville.
 
Une série d'audits -français et européens - ont été engagés. Eva Joly, la candidat d'EELV à l'élection présidentielle, a déjà insisté sur la nécessité de les faire mener par des experts indépendants, par exemple des ingénieurs d''un pays autre que celui qui est évalué.
 
Au delà des dangers immédiats de l'accident lui-même, les deux principales craintes à plus long terme liées au nucléaire (les irradiations et les déchets) sont revenues en débat. 

En matière d'irradiation, certains seuils  ne doivent pas être dépassés. Il n'y a pas eu sur l'Europe de « nuage de Fukushima » comparable au « nuage de Tchernobyl » qui avait alimenté toutes les angoisses, voire tous les fantasmes. Il est en tout cas maintenant possible de connaître les mesures de contrôle d'irradiation, ce qui doit, selon Hervé Nifenecker, conduire a de nouvelles politiques en matière d'évacuation des zones contaminées.

En matière de déchets, fait-on tout ce qui est nécessaire ? Certains en doutent ....
 
Le débat est loin de se clore puisque dès maintenant on discute de la prochaine génération de réacteurs, dits "surgénérateurs", plus économes en combustible nucléaire, comme l'était "Superphenix" abandonné par le gouvernement Jospin. Le gouvernement actuel a attribué des crédits à la recherche dans ce domaine et Pierre Clauzon voit là le nucléaire de l'avenir. Les Chinois s'y sont déjà lancés, relève Nicolas Goldberg.

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7 commentaire(s)
[1]
Commentaire par fercel
vendredi 05 août 2011 11:18
il manque le débat sur le taux de nucléaire dans le mix français et sur le rééquilibrage, repris par les scénarios du BPI 2011 de RTE, par Hollande et Terra Nova dan son rapport Maitriser l'énergie (juillet 2011) : http://energie.lexpansion.com/climat/oui-la-france-peut-vivre-avec-moins-de-nucleaire-_a-35-6115.html
[2]
Commentaire par jsnea
vendredi 05 août 2011 12:24
Navré mais penser que l'Energie Nucléaire soit la clef pour 2012 est une hérésie !
Supprimons virtuellement pour essayer cette Energie,cela donnera la plus grande erreur que le Français aura commise.
Rien a espérer de sérieux venant de l'éolien tout comme du voltaïque ne fonctionnant que par soleil.
Restons sérieux,nous ne sommes l'Allemagne prisonnière de ses promesses faites à du trublions Verts qui monnayaient ainsi leurs voix pour un strapontin au gouvernement.
Charme discret du vote à la proportionnelle !!
[3]
Commentaire par La chaîne Energie
vendredi 05 août 2011 19:44
A Fercel.
Merci votre remarque. Le lien est rajouté.
[4]
Commentaire par Hélène de Biare
mardi 09 août 2011 06:23
Le nucléaire, c'est comme la peine de mort, le citoyen n'a pas son mot à dire.
[5]
Commentaire par irisyak
vendredi 12 août 2011 17:31
Notre pays est un des seuls pays développés à douter encore qu'il soit impossible de vivre sans nucléaire ...
La vérité reste universelle.
Avec Fukushima les japonais ont compris leur peine... et vont choisir d'en sortir vite ...
Les décisions sont lentes à venir mais une fois décidées ...

http://greengrowing.over-blog.com
[6]
Commentaire par alexisb
dimanche 14 août 2011 15:34
Dès que nous creusons un peu, l'idée de l'abandon du nucléaire montre ses limites, même pour l'Allemagne qui en stoppant une partie de son parc voit les tarifs augmenter, ainsi que sa dépendance énergétique (pas trop fortement encore) . Mais Angela Merkel, n'a, comme de nombreux politicien après Fukushima, pas vraiment le choix : stopper quelques réacteurs nucléaire est la seule manière de désamorcer un contexte passionnel , en tentant de garder la main politiquement, afin de construire ultérieurement une solution à la hauteur des enjeux. Ce qu'une phrase de l'article http://www.sfen.org/Le-debat-nucleaire-en-France,988 résume à mon avis assez bien : « Comme le montrent les études élaborées par les organismes internationaux, faire face au défi énergétique et préserver le climat c’est mettre en œuvre trois démarches complémentaires : économiser l’énergie, développer les renouvelables, développer le nucléaire. Si l’on écarte un des termes du triptyque, le système n’est plus à la hauteur des enjeux.»
Nous n'en sommes plus à jouer une énergie contre une autre, mais bien à sauver ce qui peut l'être, et pour cela construire des solutions réalistes à la hauteur, donc nécessairement plurielles. Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente.
[7]
Commentaire par noonoo
lundi 15 août 2011 11:22
Comment peut-on être aussi aveugle ? L'autonomie énergétique est un faux problème, le problème vient de la production CENTRALISEE d'énergie, si chaque habitation, bâtiment, hangar, toit, jardin produisait au moins une partie de sa consommation électrique de façon DECENTRALISEE nous n'aurions pas besoin de ces centrales nucléaires, à charbon ou même de ces champs d'éoliennes !
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