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Les Etats-Unis ne délaissent pas leur puissance nucléaire


lundi 16 novembre 2015

Face à l'essor des hydrocarbures de schiste, l'énergie nucléaire devrait maintenir sa part dans le mix électrique des Etats-Unis au cours des deux prochaines décennies. Mais son déclin n'est pas exclu à plus long terme.


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Avec 99 réacteurs en activité, les États-Unis possèdent le premier parc nucléaire au monde. Grâce à une puissance cumulée de 98,7 GW, le secteur nucléaire américain a généré 797 TWh d'électricité en 2014 : de quoi couvrir 19,5% des besoins en électricité du pays sans émissions de CO2.

Les États-Unis ont débuté le développement de leur parc nucléaire dans les années 60-70. Alors que les licences d'exploitation sont octroyées pour une durée de 40 ans, avec possibilité de reconduction de 20 ans, une majorité de réacteurs voient désormais arriver l'âge de la retraite.

En 4 ans, les États-Unis ont stoppé 5 réacteurs nucléaires et ont ainsi amputé leur puissance de production électrique de 6.000 MW. Et la tendance devrait se poursuivre. D'ici à 2019, ce ne sont pas moins de 2.000 MW de puissance nucléaire qui devraient cesser de produire. Les réacteurs historiques d'Oyster-Creek, dans le New Jersey, et de Pilgrim, dans le Massachusetts, devraient notamment tirer leur révérence.

Mais en dépit de ces fermetures planifiées, l'Agence d'Information sur l'Énergie (Energy Information Administration ou EIA) estime que la part de l'énergie nucléaire dans le mix électrique américain ne devrait pas pour autant décliner. Les projets nucléaires en cours de construction ont une puissance unitaire supérieure aux réacteurs qui sont sur le point de fermer.

Dans une étude consacrée à l'évolution du parc nucléaire des États-Unis, l'EIA affirme que l'atome devrait croitre de 5.000 MW d'ici 2020. 5 nouveaux réacteurs nucléaires sont actuellement en cours de construction et certains chantiers ayant récemment accumulé du retard devraient être achevés dans les années à venir.

Quelle place pour l'énergie nucléaire sur le long terme ?

Dans une étude publiée en début d'année, l'EIA affirmait également que la part de l'atome dans le mix électrique américain devrait se maintenir à son niveau actuel au cours des deux prochaines décennies. À l'horizon 2040 cependant, la part du nucléaire pourrait éventuellement entamer son déclin, et diminuer de 16%.

En raison de l'hégémonie du charbon (39% du mix électrique américain en 2014) et du gaz naturel (27%), les États-Unis ne font pas figure de bon élève en matière d'émissions polluantes à l'heure de la COP21. Le système de production américain actuel génère en moyenne 500 tonnes de CO2 pour chaque gigawattheure d'électricité produit.

Si la puissance nucléaire des États-Unis venait à être remplacée par des moyens de production au gaz naturel, ressource abondante sur le territoire américain et donc peu chère, les émissions polluantes du secteur énergétique augmenteraient de près de 15%.

Malgré le taux de croissance des sources énergétiques renouvelables intermittentes (solaire et éolien), les États-Unis cherchent leur indépendance énergétique du côté des matières fossiles polluantes. Notamment, depuis 2006 et la révolution du gaz de schiste, du côté des hydrocarbures non conventionnels. Les experts estiment que cette indépendance pourrait être atteinte d'ici à 2035. Mais à quel prix pour l'environnement ?

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