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Auteur
Francis Sorin, journaliste scientifique, est membre honoraire du Haut Comité pour la Transparence et l'Information sur la Sécurité Nucléaire et ancien responsable du Pôle Information de la Société Française...

Déchets nucléaires : nouvelle étape vers le stockage géologique


mercredi 23 décembre 2015

Géré par l'Andra, le projet de centre industriel de stockage géologique (Cigéo) appelé à accueillir les déchets nucléaires les plus radioactifs et à la durée de vie la plus longue avance lentement mais sûrement. Ses partisans estiment avoir marqué des points.


Francis Sorin vient de publier une étude très documentée : « Déchets nucléaires, où est le problème ? » (EDP-Sciences - 2015 - 160 pages).

Deux ans après la clôture du débat public national qui l'a soumis à discussion, une proposition de loi portée par le député de Meurthe et Moselle Jean-Yves Le Déaut, président de l'OPECST (1) définit le calendrier et les modalités de réalisation de Cigéo Le texte pourrait être voté par le Parlement début 2016. Cela ferait de la France un des trois premiers pays au monde - aux côtés de la Finlande et de la Suède - à entreprendre la réalisation d'une installation souterraine de  stockage final de déchets nucléaires hautement radioactifs.

Qu'est-ce que Cigéo ?

Si la plupart des associations anti-nucléaires demeurent figées dans une critique radicale de Cigéo - dont l'implantation est prévue dans une zone identifiée en Meuse/Haute Marne - le débat national a clairement mis en lumière la crédibilité du projet. Loin d'avoir suscité le rejet catégorique du public - comme l'espéraient les opposants - Cigéo est apparu comme la solution de loin la mieux adaptée.

Rappelons que le principe du stockage géologique mis en oeuvre par Cigéo est d'isoler les déchets de la biosphère sur de très longues durées, le temps que leur radioactivité ait diminué à des niveaux non dommageables. Dans ce but, les  déchets les plus hautement radioactifs sont incorporés à une matrice de verre très résistante qui piège les radioéléments. Les déchets ainsi vitrifiés sont enfermés dans des conteneurs en acier spécial, eux-mêmes placés dans des sur-conteneurs disposés dans des alvéoles de stockage creusées dans la roche, cylindres  de quelques dizaines de mètres de longueur aux parois de béton ou d'argile. L'équipement est construit  à 500 m de profondeur au sein  d'une couche d'argile imperméable et stable depuis 150 millions d'années. Cette profondeur et la barrière constituée par la couche rocheuse protègent le stockage des séismes de surface ou d'autres phénomènes naturels ou provoqués.

Au-delà du fait que le stockage géologique offre une sûreté totalement passive, ne réclamant pas d'action particulière à la charge des générations suivantes, trois principales considérations expliquent à mon sens l'acceptation dont Cigéo peut se prévaloir auprès  d'une bonne partie du public concerné.

1 - De bonnes conditions de sûreté -  Le stockage géologique assuré par Cigéo prive les déchets du chemin par lequel ils pourraient atteindre la biosphère en quantités dommageables. Même en prenant en compte les éventuels dysfonctionnements du système et les défaillances externes d'origine naturelle ou humaine (failles, séismes, glaciation, intrusions...), ainsi que les risques d'accidents (incendie, explosion d'hydrogène dans un élément  de stockage...) l'impact en surface devrait, selon l'ANDRA rester très limité, nettement  inférieur à la limite de 0,25 millisievert imposée  par les autorités et inférieur  à la radioactivité naturelle.  C'est ce que souligne  la Commission Nationale d'Evaluation (CNE - l'organisme composé de 12 experts indépendants chargé de se prononcer chaque année sur l'évolution et la sûreté du projet-) en notant dans son « avis » de mars 2013 que la durée de confinement que Cigéo est capable de garantir «  suffit à abaisser la nocivité des déchets à un niveau tel qu'elle ne pose plus de problème pour les populations vivant au-dessus du stockage ».

En outre, un tel  stockage, une fois fermé,  ne peut pas engendrer de phénomène violent entrainant une contamination radioactive brutale et massive de l'environnement de surface, comme cela s'est produit par exemple à Fukushima ou à Tchernobyl. Un stockage de déchets n'est pas un réacteur nucléaire ...
 
2 - Au moins 100 ans de réversibilité
- Cela signifie que  les générations suivantes auront la possibilité de modifier ou d'optimiser, à mesure des progrès techniques,  tel ou tel dispositif de l'installation. Cette réversibilité pourra être maintenue pendant une longue période, au moins  une centaine d'années, voire plus si les futurs décideurs le jugeaient opportun. Aux yeux du public qui la plébiscite très majoritairement lors des débats, la réversibilité signifie un futur qui reste ouvert et porteur d'améliorations. Cette longue période avant fermeture définitive sera ponctuée de rendez-vous réguliers  avec l'ensemble des acteurs concernés : évaluateurs, Etat, collectivités locales, riverains... pour des bilans d'exploitation et des discussions sur les perspectives d'avenir. Interviendront  également, cela va de soi, des inspections périodiques  de l'Autorité de Sûreté Nucléaire.

3 - Un consensus international - La troisième considération qui vient souligner à mes yeux la robustesse de cette stratégie de gestion est le fait que tous les pays « nucléaires »  travaillant à la gestion des déchets à vie longue ont fait, comme la France, le choix du  stockage géologique pour boucler l'aval de la filière. Outre la Suède et la Finlande, la Suisse, les Etats-Unis, la Belgique, la Chine,  le Canada ont décidé de s'engager dans cette voie. Cette orientation est recommandée  par les grandes organisations internationales telles l'OCDE ou l'Union Européenne qui dans sa directive du 19 juillet 2011 désigne le stockage géologique comme « la solution la plus sûre et la plus durable en tant qu'étape finale pour la gestion des déchets de haute activité ». 

Nous savons bien que le consensus  autour d'un projet n'en garantit pas forcément la pertinence mais au moins ces convergences entre experts par-delà les frontières confèrent-elles à la solution du stockage géologique une indéniable crédibilité.
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(1) Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques.



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26 commentaire(s)
[1]
Commentaire par juliette Torstein
jeudi 24 décembre 2015 13:53
Bon article. Mais ce qu'on enterre finit toujours par remonter à la surface, comme disent les paysans...
[2]
Commentaire par Francis Sorin
jeudi 24 décembre 2015 15:51
A Juliette Torstein Ce qu?il ne faut pas oublier c?est que les déchets qui pourraient atteindre éventuellement la surface auront pour la plupart perdu leur radioactivité car ils se seront transformés en atomes stables, non radioactifs. Cela tient aux capacités de déplacement très réduites, voire nulles, des radioéléments dans la couche géologique. Dans l?argile de Cigéo ces vitesses de déplacement sont de l?ordre de quelques centimètres tous les dix-mille ans. Pratiquement immobilisés par une telle barrière naturelle la plupart des déchets qui auraient été relâchés par les matrices de verre disparaîtront par décroissance radioactive sans aucune possibilité de jamais atteindre la surface. Ceux qui pourraient y parvenir, les plus mobiles à la très longue durée de vie, le feront à des échéances évaluées en centaines de milliers d?années. Cet étalement dans le temps rendra leur concentration très faible et leur impact potentiel quasiment nul et en tout cas inférieur à la radioactivité naturelle.
[3]
Commentaire par guillaume
jeudi 24 décembre 2015 16:46
Qu?on arrête ou qu?on poursuive le nucléaire, les déchets radioactifs sont déjà produits. Dans ce contexte, le projet Cigéo a le mérite de limiter la charge de la gestion de ce problème pour les générations futures.
[4]
Commentaire par Francis Sorin
jeudi 24 décembre 2015 17:28
Entièrement d?accord avec Guillaume : comme je le dis dans mon livre, notre génération , qui a bénéficié des avantages du nucléaire, n « abandonne pas aux générations à venir la charge d?en gérer les inconvénients. Elle entend s »acquitter elle-même de cette responsabilité en assurant elle-même, grâce au stockage géologique, la gestion et l?évacuation définitive des déchets qu?elle a produits. C »est là le raisonnement éthique essentiel qui motive le choix de ce type de stockage.
[5]
Commentaire par juliette torstein
vendredi 25 décembre 2015 20:34
de toute façon, il y aura de la radioactivité qui va se répandre dans le sous-sol et vers la surface.
[6]
Commentaire par Francis Sorin
vendredi 25 décembre 2015 21:46
Réponse à Juliette Torstein : L?impact sera infime. Il faut savoir que la radioactivité est la toile de fond omniprésente de tout l?environnement terrestre. Celle de Cigéo, fortement diluée, ne sera qu?une trace localisée et temporaire dans un milieu, le sous-sol terrestre, qui en comporte déjà, à l °état naturel, des quantités considérables (d°où, soit dit au passage, le niveau radioactif relativement élevé de certaines eaux minérales ). Le sous-sol de Meuse/Haute Marne n?a donc pas attendu l?implantation de Cigéo pour renfermer de la radioactivité. Le Centre de stockage y ajoutera sa part au fil du temps mais dans des proportions que l°on s°accorde à juger très limitées (comme je l?explique dans mon livre?) et non dommageables.
[7]
Commentaire par Berthier
lundi 28 décembre 2015 17:27
Je suis ulcéré des écrits de Francis Sorin, il a eu le monopole de la communication de la SFEN depuis des années et il faut voir où en est l'image du nucléaire aujourd'hui. Il s'évertue d'appeler des déchets ce qui n'en est pas. Il n'a aucune formation scientifique et il n'en a acquis aucune dans sa carrière. Naturellement il ne fait pas appel à la nature des choses, ni à la durée des phénomènes. Les déchets se sont des métaux de transition, des lanthanides et des actinides. On exploitera une partie des premiers à partir du XXIII ème siècle et les derniers ont le même comportement que l'uranium qui nous entoure. Le problème des déchets est réglé en deux lignes. Toutes les autres disgresions ne concernent que l'hypothèse la moins probable, celle d'un futur où on serait en telle régression technique pendant des millénaires qu'on ne viendrait jamais exploiter cette mine.
[8]
Commentaire par Francis Sorin
lundi 28 décembre 2015 22:16
Réponse à Berthier : Je ne suis pas surpris du propos de Berthier qui depuis des années poursuit la même chimère , celle de nier l°existence des déchets nucléaires et qui prétend que « le problème des déchets est réglé en deux lignes ». Et ce monsieur poursuit d°une sempiternelle vindicte ceux qui, comme moi , ne pensent pas comme lui, leur déniant toute compétence, toute connaissance sur la question. Je me bornerai à dire que les déchets nucléaires existent et qu°ils sont une des contraintes que l°industrie nucléaire doit gérer, n?en déplaise à Berthier. J°évoque dans cet article la stratégie de gestion de ces déchets, je développe ce thème plus longuement dans mon livre qui vient de paraitre « Déchets nucléaires, où est le problème » très largement inspiré de mon expérience de membre du Haut Comité pour la Transparence et l°Information sur la Sécurité Nucléaire (de 2008 à2014). J?essaie de le faire en toute honnêteté et en toute objectivité. Chacun peut en juger. Et Si Berthier se dit « ulcéré » par ces écrits je compatis à la souffrance qu°il a dû éprouver en lisant non seulement l°article mais aussi le livre.
[9]
Commentaire par Berthier
lundi 28 décembre 2015 23:14
En effet, j'ai lu votre livre et on y parle peu d'atomes, je conseille plutôt de lire les déchets nucléaires, un dossier scientifique chez René Turlay .et de regarder la video is nuclear waste, really waste de Kirk Sorensen, sur Youtube même s'il oublie de signaler le rayonnement gamma des actinides en cas de non séparation de l'américium. Dans votre livre vous avait fait deux omissions majeures : la durée de vie restante de la Terre et: la valeur de quatre éléments chimiques présents dans le combustible usé. Cette valeur conjuguée à la décroissance du rayonnement gamma qui atteint un plateau en 300 ans rendra le site exploitable. C'est une hypothèse qui est bien plus plausible que la fermeture définitive du site. En 300 ans, beaucoup de problèmes sont résolus, comme nous l'avons dit le rayonnement gamma a diminué de plusieurs ordres de grandeur, les curiums les plus actifs ont disparu, le déploiement des réacteurs à neutrons rapides permettront de traiter l'américium et enfin l'avénement fusion permettrait de traiter les PFVL. Sinon on peut encore les reconditionner pour quelques siècles. Il n'y a pas de pensée des uns ou des autres, il y a à considérer la réalité physique, c'est tout, je me demande effectivement comment vous et Madame Sené avez pu être nommé au HCTSIN
[10]
Commentaire par Francis Sorin
mardi 29 décembre 2015 09:50
Réponse à Berthier : merci d°avoir lu mon livre malgré la piètre estime dans laquelle vous semblez me tenir. Je ne vais pas revenir ici sur mon parcours et mes domaines de compétences - que je mentionne dans mon livre ? mais alors que vous nous mettez dans le même sac, Mme Sené (physicienne nucléaire, ma collègue au HCTISN) et moi-même, je vous dis simplement : personne ne détient la vérité révélée et ce n?est pas parce que des gens ne pensent pas comme vous qu°ils sont incompétents et inaptes à la réflexion. Je n°ai pas parlé de tout dans mon livre, j?en conviens. Ce n?est pas un traité ou un manuel, c?est la libre réflexion d?un observateur qui pendant des années a côtoyé de très près le problème des déchets nucléaires. J°y évoque ce qui est le plus raisonnablement admis, en l?état actuel des connaissances. Pour ce qui est des futurs possibles je parle de la transmutation, hypothèse réaliste, mais je n°aborde pas les diverses prédictions, dont la vôtre, qui ne manque pas d°intérêt mais relève, vous en conviendrez, de la spéculation intellectuelle. Cela dit je n°ai rien contre le fait d°en parler mais convenez aussi que dans le débat actuel cette spéculation est marginale et que l°enjeu essentiel, celui qui mobilise les spécialistes ?et le public c°est : comment mettre ces déchets hors d°état de nuire, aujourd°hui, demain et sur le long terme ?
[11]
Commentaire par student
mardi 29 décembre 2015 12:15
A mon avis, deux positions sont appropriées suivant le contexte : 1- ou notre pays cède définitivement aux antinucléaires en décidant dans un pari insensé d'abandonner le nucléaire pour se lancer dans les énergies Vertes. Dans ce cas, il est nécessaire d'enfouir au plus vite les déchets à vie longue dans une installation type CIGEO 2- ou notre pays arrête d'avoir le nucléaire honteux et s'appuie sur cette technologie pour son avenir énergétique. Dans ce cas, il serait souhaitable de procéder à un stockage ou entreposage provisoire de quelques décennies (dans un CIGEO dont la réversibilité est mieux affirmée), en se donnant l'ambition de trouver une solution permettant d'éliminer totalement ou en grande partie les déchets à vie longue. Cela nécessitera des efforts de recherches et des expérimentations, notamment avec des RNR, mais cela montrera à nos concitoyens que nous sommes capables de débarrasser les générations futures du problème des déchets tout en leur laissant une société dans laquelle l'énergie n'est plus souci.
[12]
Commentaire par Francis Sorin
mardi 29 décembre 2015 16:24
Réponse à Student : votre stratégie n°2 a sa logique mais elle laisse en plan la charge des déchets aux générations suivantes dans la perspective (hypothétique ?et dans combien de temps ?) que l°on pourra les éliminer complètement. Cigéo tel qu°on le conçoit a aussi sa logique : il résoud de façon qui apparait très probante le problème des déchets en les mettant définitivement hors d?état de nuire (et débarasse donc du problème les générations à venir). Pour enrichir le dispositif deux démarches sont conduites parallèlement , laissant porte ouverte à des progrès possibles : l?aménagement d?une réversibilité pendant au moins un siècle ; les recherches sur la transmutation qui pourraient aboutir à écourter fortement la durée de vie des déchets les plus durables. Cela montre que votre stratégie n°2 n?est pas complètement ignorée?
[13]
Commentaire par Berthier
mardi 29 décembre 2015 18:07
Monsieur Sorin, Si je vous ai comparé à Madame Sené, ce n'est pas pour sa compétence en physique ; mais parce que qu'elle s'est déconsidéré plus d'une fois dans l'information scientifique qu'elle prétendait délivrer, ainsi en 2008 au sujet de l'incident du Tricastin où un peu d'uranium a été déversé dans le Rhône, elle s'est pavané dans les médias en cachant que le fleuve en charriat naturellement. -Votre parcours ne justifie pas l'audience dont vous bénéficiez,vous êtes resté bloqué dans une logique éculée, je clique par exemple sur un de vos précédent article sur Astrid, le premier avantage que vous lui trouver c'est de brûler du plutonium, or l'accumulation de plutonium est une préoccupation de court -temr des années quatre-vingt-dix . Dès 2004, lorsqu'on publie des plans de déploiement mondial du nucléaire poour sauver le climat apparaît la nécesité non pas de consommer le plutonium, mais de l'accumuler ou de le conserver pour démarrer les réacteurs de génération IV. Dans votre réponse, on voit que vous ne savez pas distinguer une opinion d'une vérité scientifique incontestable ou valide. Vous associez «une pensée personnelle » àu n fait qui repose sur le rendement des produits de fission, et la décroissance radioactive (incontestables) ce qui entraîne l'exploitation possible d'éléments métalliques. La seule objection que vous auriez pu me faire et que nos descendants n'auront pas besoin de ses éléments à l'avenir, ce sui est difficile à imaginer au rythme où nous
[14]
Commentaire par Berthier
mercredi 30 décembre 2015 12:05
Enfin Monsieur Sorin, je conteste ce que vous avez écrit sur moi, plus haut, vous ne me connaissez pas et je n'ai pas l'obsession des déchets ; mais j'ai en effet analysé et déconstruit des reportages et des textes antinucléaires depuis plusieurs années. Vous n'en n'avez que faire, d'ailleurs. Je vous ai envoyé effectivement un mèl à la parution de votre livre , car cela fait trop longtemps que vous monopolisez le discours nucléaire, vous apparaissez au moins depuis 1977 (on peut voir votre notre nom comme secrétaire de rédaction dans les numéros de la RGN) et vous n'avez pas fait assez bien. Je vous tiens donc pas en piètre estime, mais il faut changer de stratégie. En fait, face aux mensonges des antinucléaires, vous représentez le nucléaire officiel, celui qui interagit dans un dialogue de sourds avec les premiers depuis quatre décennies. Le nucléaire officiel est hexagonal, il est probablement lié à l'état par l'intermédiaire du CEA et donc pas totalement libre lorsque passent les majorité politiques antinucléaires .Ce nucléaire est fortement hiérarchisé À côté de ce nucléaire officiel, existe un nucléaire libre constitué d'associations indépendantes, à l'intérieur desquelles le débat d'idées peut exister, il est ouvert sur les laboratoires de recherche et sur l'étranger. Il est repose sur la compétence et la validation scientifique, c'est à celui-ci auquel j'appartiens.
[15]
Commentaire par Francis Sorin
jeudi 31 décembre 2015 09:33
Précision sur le commentaire à Student : la proposition de loi portée par Jean-Yves Le Déaut a notamment pour objet d?examiner la question de la réversibilité de Cigéo, d?en préciser le calendrier ( dans ses grandes lignes) et les modalités. On peut en effet concevoir différents types de réversibilité, plus ou moins complète, plus ou moins étalée dans le temps, avec une phase de fermeture se déroulant sur des périodes plus ou moins longues.
[16]
Commentaire par Djemil CHAFAÏ
mercredi 06 janvier 2016 23:03
Le caractère "raisonnable" du mode de stockage profond CIGEO est indéniable, une fois que nous nous sommes mis dans la situation parfaitement déraisonnable de léguer aux générations futures des milliers de tonnes de déchets fortement radioactifs que nous sommes dans l'incapacité de traiter, sachant par ailleurs que le nucléaire civil n'est qu'un by-product du besoin de produire le plutonium nécessaire à nos programmes militaires... Ce qui reste parfaitement inadmissible, toutefois, c'est le trucage délibéré des données, techniques et économiques, du programme CIGEO. Ce stockage est dit "réversible", c'est-à-dire qu'on est censé pouvoir extraire les déchets stockés et revenir à la situation ante sans difficulté majeure, et ce pendant une première période d'observation de 100 ans, pour commencer... Pourquoi 100 ans ? Qui a fixé ce chiffre ridicule, quand on sait que la demi-vie des éléments stockés est de l'ordre de 100.000 ans (diminution de moitié seulement de leur radioactivité), ce qui correspond à un minimum d'un millions d'années avant d'avoir une radioactivité "supportable" dans cette zone ! Et que signifie au juste "réversibilité" ? Est-ce à dire que l'on pourra, pendant des centaines d'années au bas mot, inspecter régulièrement les cylindres vitrifiés stockés, et pouvoir extraire en cas de besoin, et ré-étanchéifier sur place, tout cylindre défaillant (porosité, fissures), et traiter les zones contaminées par une éventuelle explosion d'hydrogène, même très localisée, e
[17]
Commentaire par Djemil Chafaï
mercredi 06 janvier 2016 23:08
Suite et fin : et remettre en état le secteur ? Les évènements cités là ne sont en aucun cas des évènements catastrophiques et ont une très forte probabilité d'occurrence, sachant qu'il s'agit de la lente action du temps, dans un milieu radioactif, éventuellement chaud, sur des artefacts humains, sur des durées sans aucune commune mesure avec notre expérience. De l'avis même d'EdF et d'AREVA, les technologies que nous savons mettre en ?uvre dans le domaine nucléaire ne peuvent fonctionner de façon sécure que pendant quelques dizaines d'années (30 ans, prolongés à 40 ou 50) et au prix d'une maintenance de tous les instants.... Quelques références peuvent nous montrer les limites de nos ambitions : d'une part l'érosion des constructions humaines statiques les plus massives, comme les pyramides, sur quelques siècles seulement. D'autre part les difficultés extrêmes rencontrées dans les entreprises partielles de démantèlement effectuées à ce jour, dont le coût est déjà supérieur à 65% du coût d'investissement initial (alors que 15% au maximum avaient été provisionnés) et de la durée de ces opérations (des dizaines d'années), qu'on a découvert être au minimum égale à celle de la construction et mise en service d'une centrale... Est-ce à dire donc qu'on aurait prévu les équipements nécessaires à cette extraction, capable de fonctionner pendant 100 ans et plus, dans des conditions de radioactivité élevée (en cas de dysfonctionnement), à la re-vitrification, à la décontamination d
[18]
Commentaire par Djemil Chafaï
mercredi 06 janvier 2016 23:10
la zone touchée? Que de plus on aurait provisionné les coûts d'exploitation et de maintenance de ces équipements, et le coût des équipes d'inspection (inspections annuelles ?) ce pendant plusieurs centaines d'années ? Vous savez bien que non,, monsieur SORIN, pas plus que l'ensemble de ces coûts n'est pris en compte dans le calcul du coût du KW/h nucléaire, qu'on nous affiche si compétitif par rapport au KW/h issu des énergies renouvelables... Cherchez où est l'erreur... Pourrait-on arrêter de prendre les français pour des imbéciles en leur donnant comme vérité d'évangile les élucubrations de quelques professeurs Tournesol au service du lobbye militaro-nucléaire et de l'énarchie inconséquente qui nous gouverne ? Ce sont ces mêmes experts qui ont prôné Super Phénix jadis, et les centrales de nouvelle génération aujourd'hui dont les avanies démontrent tous les jours leurs qualités de prévisionnistes. Ne pourrait-on pas afficher que le projet CIGEO n'est que ce que nous savons faire de mieux aujourd'hui, avec les budgets disponibles, et qu'une fois achevé il s'agira surtout de croiser les doigts, pendant quelques centaines de milliers d'années. A l'échelle du million d'années, où se situe désormais notre pouvoir de nuisance, le sol, argileux ou non, est un fluide, ne l'oublions pas.
[19]
Commentaire par Francis Sorin
dimanche 10 janvier 2016 18:06
Réponse à Djemil Chafaï Vous avez pris la peine d?un commentaire long et argumenté dont je vous remercie. Vous y soulevez beaucoup de questions méritant chacune de longues réponses, précisions et explications dépassant le cadre de ce forum. Aussi je me permets de vous renvoyer d?abord à mon livre paru il y a quelques semaines : « Déchets nucléaires, où est le problème ». Je tente d?y expliquer la problématique du stockage en profondeur des déchets les plus radioactifs et à la durée de vie la plus longue?et de montrer comment Cigéo peut contenir à un niveau très limité les nuisances que ces déchets peuvent causer aux individus et à l?environnement. Vous évoquez une demi-vie de 100 000 ans pour les radioéléments formant ces déchets. Ce n?est pas exact : les périodes sont très variées et il faut savoir que les déchets les plus radioactifs, les produits de fission sont ceux qui ont les durées de vie les moins longues, allant de quelques années à quelques dizaines et centaines d?années. Il en résulte que la radioactivité globale des déchets éligibles à Cigéo a considérablement diminué au bout de quelques centaines d?années et on peut dire en schématisant que cette radioactivité devient inférieure à celle d?un gisement d?uranium après moins de 10 000 ans. Le chiffre que vous indiquez d?une radioactivité ne redevenant pas supportable avant 1 million d?années est hautement fantaisiste. ?à suivre
[20]
Commentaire par Francis Sorin
dimanche 10 janvier 2016 19:25
Réponse à Djemil Chafaï (suite) : Ce qu?il faut mesurer c?est que le confinement des déchets assuré par Cigéo est capable de fonctionner bien au-delà du temps nécessaire à la diminution de la radioactivité vers des niveaux inoffensifs. Bloqués dans la matrice vitreuse, dans les conteneurs, dans la couche rocheuse, l?essentiel des radioéléments aura disparu progressivement ? pour se transformer en éléments stables non radioactifs ? bien avant un débouché hypothétique dans la biosphère. Autrement dit, Cigéo apparait comme un rempart efficace pour empêcher les radioéléments d?atteindre l?environnement de surface en quantités dommageables pour les individus et les milieux naturels. C?est là l?essentiel et les imprécations sur les déchets « épée de Damoclès » pour les générations futures pendant des centaines de milliers d?années peuvent certes impressionner le grand public mais n?ont aucun fondement technique. Au lieu de traiter de « professeurs Tournesol » les scientifiques et les ingénieurs qui s?occupent de cette question, vous pourriez plutôt, je vous y invite, prendre en considération le fait qu?il y a un consensus mondial pour estimer que le stockage géologique des déchets tel que prévu à Cigéo est la bonne stratégie. Que la quasi-totalité des scientifiques travaillant sur la question soit en accord sur ce point est un fait qui devrait vous interpeller favorablement plutôt que déclencher votre ironie. (A suivre?)
[21]
Commentaire par Francis Sorin
lundi 11 janvier 2016 11:25
Réponse à Djemil Chafaï ( suite et fin). Pour mieux brocarder les ingénieurs d?aujourd°hui vous dites qu?ils ne sont pas meilleurs que ceux qui, à l°époque ont construit Super Phénix. Peu importe ces comparaisons qui n°ont guère de sens. Mais votre appréciation laisse entendre que Super Phénix était un échec. Encore une rumeur fantaisiste. Super Phénix était un réacteur prototype de la filière de nouvelle génération dite « à neutrons rapides ». Durant ses 11 années d°existence, de 1986 à 1996, il a connu deux réaménagements techniques qui l?ont immobilisé pendant deux ans. Sur les 9 ans restants les procédures administratives ont imposé des périodes d°arrêt de 4,5 ans. Restent donc 4,5 ans pendant lesquels le réacteur a fonctionné de façon pleinement satisfaisante, accumulant une expérience précieuse des possibilités de la filière. La décision du gouvernement de l?époque ? prise sous la pression des Verts ? de stopper définitivement le réacteur a été une énorme erreur. La France avait alors une avance d?au moins 10 ans sur cette filière d?avenir. D°autres pays, la Russie et l°Inde sont maintenant en pointe pour la mise au point de ces réacteurs de demain. Quant à la France elle se trouve aujourd°hui dans la situation surréaliste de relancer le programme sur la filière rapide avec le projet Astrid et dans le même temps de déconstruire le prototype qui constituait une base d?expérimentation majeure pour le développement de ce programme.
[22]
Commentaire par un physicien
mardi 12 janvier 2016 09:25
Aura-t-on un jour une histoire complète de SuperPhénix ?
[23]
Commentaire par GAMA Jean-Michel
vendredi 15 janvier 2016 11:50
Souhaitons que la raison l'emporte sur l'émotion.
[24]
Commentaire par Malus
vendredi 29 avril 2016 14:59
Tiens, rien de nouveau depuis la propagande nucléaire ? L'expansion rétrécit ? Au boulot les journalistes !
[25]
Commentaire par jacques
mercredi 19 octobre 2016 15:15
Pourquoi pas développer ce projet?Après tout il s'agit de la préservation de notre environnement et de notre planète!L'idée de stocker les déchets nucléaires pendant une certaine d'une me semble être particulièrement pertinente, et cela favorisera une meilleure gestion des déchets.Si vous voulez faire des économies d?énergies, rendez-vous sur le lien suivant : http://www.comox.fr pour souscrire à vos contrats d?électricité et de gaz avec EDF par exemple/
[26]
Commentaire par susan cohen
jeudi 20 octobre 2016 13:10
c totalement incroyable les choses qui ce passe on devrait pas négocier avec le nucléaires les déchets sont extrêmement dangereux http://www.levoiledesillusions-lefilm.com
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