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Révolution éolienne dans les mers européennes


mardi 25 octobre 2011

Objectif : 40.000 MW en 2020, contre 3000 MW en 2010. L’éolien off-sore sur les côtes nord-ouest de l’Europe est en marche. Mais pour cela il faudra des investissements par dizaines de milliards d’euros. Une compagnie danoise est leader mondial du secteur.


Après la tribune du Pr Rémy Prud'homme, sur les limites du modèle danois, Karel Beckman, rédacteur en chef d'European Energy Review, revient sur le développement éolien off-shore et interview le CEO du leader mondial du secteur, la compagnie danoise Dong.

Les visiteurs des Jeux Olympiques de Londres, l'année prochaine, auront, s'ils font une croisière sur l'estuaire de la Tamise, une vue impressionnante : celle du plus grand parc éolien offshore du monde, le London Array.

Quelques chiffres... Dans une première phase, 175 éoliennes, distantes  entre elles de 650 à 1000 mètres, sur une surface totale de 240 km2. Leur hauteur totale sera de 147 mètres (87 mètres au dessus du niveau de l'eau). Puissance installée : 750 MW, l'équivalent d'une centrale au charbon de taille moyenne, permettant d'alimenter 450.000 foyers. Investissement initial ; 2,2 milliards d'euros. L'investissement total pourrait dépasser largement 3 milliards si la deuxième phase - rajoutant une capacité de 370 MW - est construite. Ce sera alors le premier champ éolien dans le monde dépassant 1 GW.

40 "London Array"

Impressionnant ? Oui, mais le London Array, avec ses 175 "tours de puissance", n'est que l'un des dizaines de parcs offshore similaires qui devraient être construits dans les eaux européennes au cours de la décennie à venir. L'association européenne de l'énergie du vent (European Wind Energy Association - EWEA) prédit que la capacité éolienne offshore va croître de 3.000 MW en 2010 à 40.000 MW en 2020. Cela représente 40 London Arrays.

Cette croissance phénoménale est due en grande partie aux investissements considérables dans l'énergie éolienne offshore assurés par les trois principales économies de l'UE, le Royaume Uni, l'Allemagne et la France. Selon le scénario de base de l'EWEA, le gouvernement britannique va accroître sa capacité offshore de 1340 MW en 2010 à 13.000 en 2020, l'Allemagne de 92 à 8000, la France de 0 à 4000 MW.

Cette révolution dans l'éolien dans les mers du nord-ouest de l'Europe ne va bien sûr se produire que si tous les plans nationaux sont menés à bien. Par exemple, les chiffres de l'EWEA prévoient une forte hausse de l'énergie éolienne offshore aux Pays Bas (de 247 MW en 2010 à 4500 MW en 2020) mais l'actuel gouvernement de droite a arrêté le financement des projets, rendant ainsi pratiquement impossible à atteindre l'objectif néerlandais.

Cependant, jusqu'à présent, les Pays-Bas apparaissent comme le seul pays qui a des doutes. L'Allemagne et la France ne donnent pas de signes de fléchissement. Le Royaume Uni a les plans les plus ambitieux puisque le gouvernement parle de  25 000 MW en 2020  au lieu des 13000 prédits par l'EWEA. Mais il semble que quelques interrogations se font jour, notamment au sein du parti conservateur. Les critiques soulignent le coût élevé des subventions publiques qui vont se compter en milliards de livres. En réponse, le gouvernement britannique a installé une commission chargée de trouver des coupes à faire dans les investissements des dix années à venir. Mais rien n'indique pour le moment que la Grande-Bretagne ne s'en tiendra pas à ses plans actuels.

Le Danois Dong, leader mondial

 
S'il y a une compagnie qui est prête à tirer profit de cette révolution éolienne -et qui en fait même sa ligne stratégique première- c'est la compagnie danoise à capitaux publics Dong. Dong, malgré son chiffre d'affaires relativement petit (7,3 milliard d'euros en 2010) est leader mondial en éolien offshore.

Fin 2010,  elle dispose de 691 MW d'off-shore éolien, en opération ou en construction. Elle détient 23% du marché au Royaulme Uni et 45 % au Danemark, les deux plus grands marchés européens. Dong possède 50% du London Array (les autres actionnaires étant Eon et la société d'investissement d' Abu Dhabi, Masdar). Pour Dong, c'est juste un début. La compagnie ambitionne de maîtriser une capacité offshore de 2000 MW d'ici fin 2014. Objectif 2020: 3000 MW.

Dong a été un pionnier dans l'éolien offshore : la compagnie a construit le premier parc en 1991, 11 turbines avec une capacité totale de 5 MW près de Vindeby au Danemark. Mais Dong a encore deux visages : l'un « vert » et l'autre « noir ». La compagnie danoise s'appuie en effet sur le charbon pour 75% de sa production. En 2010, elle a produit 20,2 TWh d'électricité, dont 16,2 TWh proviennent de ses centrales à charbon (1800 MW) , 3 TWh de ses éoliennes (1035 MW installés en mer et à terre), et 1 TWh d'hydroélectricité provenant de ses installations en Norvège (215 MW).

Sa dépendance au charbon va diminuer de façon radicale. La compagnie danoise s'est fixé un objectif à long terme ; assurer 85% de sa production électrique à partir de sources renouvelables et 15% à partir de sources fossiles.

Lire (en anglais) l'interview de son CEO sur European Energy Review
5 commentaire(s)
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Commentaire par Hervé
mardi 25 octobre 2011 10:57
Il est toujours intéressant de construire quelques parcs expérimentaux pour voir ce que ça donne sur le long terme pour le coût d'entretien...
En mer ça ne gène pas grand monde et la production est plus régulière.

J'ai vu un projet ou ils voulaient mettre des hydroliennes sous l'éolienne. La solution pourrait peut être permettre de réduire les couts en partageant l'infrastructure.
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Commentaire par hvidsten
mardi 25 octobre 2011 12:53
d'accord avec hervé ...pour sa première phrase . par contre cette technologie restera aléatoire et irrégulière ... certes moins en mer mais restera une réalité . il est donc impératif de les coupler avec de l'hydrolien auquel je crois beaucoup plus . ...hervé en parle aussi . ..là nous serions plus logique et écologique !
reste le probléme des distances ....là je suis pas d'accord avec hervé ...les distances envisagées actuellement sont de 10 et 12 km .. les industriels vous dirons qu'elles seront comme des têtes d'épingle a l'horizon ! moi je vous dis que connaissant le visuel d'iles situées a 30 km, que la réalité sera toute autre ! 170 m de haut soit environ 50 étages c'est gigantesque et trés imposant .
la solution pour ne pas détruire le joyau que sont nos paysages et les emplois qui en dépendent est probablement l'éolien flottant ( peu de béton ) couplé avec de l'hydrolien, le tout placé a de 12 milles et plus ( 22 km ) des côtes . " la vue sur mer est immuable " on a pas le droit de massacrer ça .
cordialement
[3]
Commentaire par hvidsten
mardi 25 octobre 2011 13:04
suite : il faudrait aussi prévoir de tarif de rachat variables en fonction de la production pour pouvoir évacuer l'électricité produite ponctuellement en surquantité : si en période de dépression on pouvait allumer des convecteurs d'appoint plutôt que de brûler du gaz ça serait bien ...mais c'est une question de prix !! ça c'est incontournable ...le prix détermira le choix des consommateurs ...est rien de semble prévu dans ce sens ! sinon nous allons nous payer de nouvelles lignes a trés haute tension ...1 millions de volt soit beaucoup plus grandes que celles nécessaires aux centrales nucléaires !:!! là encore ça va augmenter fortement les côuts sans compter les pertes et les nuisances !
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Commentaire par patrig k
mardi 25 octobre 2011 13:19
170 m de haut soit environ 50 étages c'est gigantesque et trés imposant . -------

l'esthétique ou le radioactif ? les gouts et les couleurs ! tous n'ont pas votre vision de cyclope, l’œil unique et le seul argument en besace !
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Commentaire par hvidsten
mardi 25 octobre 2011 14:06
A patrig k : qu'on fasse pour vous un Eolesealand ...où les gens qui partagent votre goût pourraient venir s'installer . ...cependant , ne comptez pas sur les promoteurs ..ils mettrons leur argent perso ailleurs !
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