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La grande vague des réseaux de chaleur


mercredi 09 décembre 2015

Très répandus en Europe du Nord, les réseaux de chaleur collectifs, boostés par le développement croissant des énergies renouvelables et les incitations gouvernementales, connaissent aujourd'hui une seconde jeunesse sur le territoire français.


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Remis au goût du jour par la loi de transition énergétique qui entend multiplier par cinq la production de chaleur renouvelable dans les prochaines années, les réseaux de chaleur urbains permettent aux collectivités de mobiliser d'importants gisements d'énergie renouvelable et de valoriser la chaleur fatale (c'est-à-dire perdue)  des industries.

La mise en place par le gouvernement de différents dispositifs incitatifs encourage les programmes de modernisation des réseaux existants et le développement de nouvelles installations plus durables.

Plus de 1.500 kilomètres de nouveaux tuyaux ont déjà vu le jour entre 2009 et 2014, et les énergies renouvelables représentent désormais plus de 40 % de leur alimentation, soit deux fois plus qu'il y a dix ans, grâce au remplacement progressif des installations fonctionnant au charbon, au fioul ou au gaz.

Chaleur fatale et énergie de récupération

Outre les énergies renouvelables, la chaleur fatale rejetée par les usines d'incinération de déchets ou les industries est une source importante d'énergie pour les réseaux de chaleur. A Dunkerque dans le nord de la France par exemple, le réseau de chaleur utilise l'énergie récupérée dans les hauts fourneaux de l'aciérie d'Arcelor, lui permettant de couvrir environ les deux tiers de ses besoins.

Dans les faits, la chaleur émise lors du processus de transformation du minerai de fer en aggloméré (environ 400°) est aspirée par deux hottes géantes puis acheminée jusqu'à un échangeur où l'air chaud réchauffe l'eau se trouvant dans les tuyaux avant de partir alimenter le réseau dunkerquois.

Au total, plus de 40 km de canalisations sont désormais installés dans les sous-sols de la ville et permettent de chauffer le centre hospitalier, la communauté urbaine, la mairie, des collèges et lycées, la piscine olympique, mais également plus de 6000 logements collectifs.

"Dans le réseau, l'eau chaude circule à 110°", précise sur France 3 Régions Dimitri Roussel, responsable du littoral pour l'entreprise Dalkia, opérateur du réseau. "Elle arrive donc à cette température dans la sous-station. Elle passe alors dans un échangeur où elle est ramenée à 80°, avant de circuler dans le réseau interne du bâtiment pour chauffer entre 40 et 60 logements à chaque fois".

Un réseau de chaleur bas carbone

Ce dispositif mis en place progressivement depuis les années 1980 permet aujourd'hui à l'aciérie Arcelor d'améliorer considérablement son bilan carbone en divisant ses émissions de gaz à effet de serre par quatre. Les usagers quant à eux, ont accès à une énergie de récupération bon marché 15 à 20% moins chère que les énergies fossiles.

En complément, trois systèmes de cogénération alimentés au gaz ont été installés et produisent de l'électricité et de la chaleur, laquelle est elle aussi récupérée pour s'additionner à celle émise par Arcelor. Au total, le réseau dunkerquois utilise 90% d'énergie de récupération, nulle en émission de CO2 - l'équivalent de 15.000 logements - et prévoit de poursuivre son expansion.

D'ici cinq ans, de nouvelles industries de la région devraient être équipées de systèmes de récupération (l'usine d'aluminium Rio Tinto Alcan et l'usine de lin de Bourbourg par exemple), et plus de 28.000 logements seront raccordés au réseau, permettant ainsi à l'agglomération dunkerquoise d'améliorer significativement son bilan carbone.

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