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La « transparence » nucléaire ? Une utopie
Les récentes polémiques sur les déchets ont donné de nouveaux arguments aux anti-nucléaires. Nous vous
les livrons. Réagissez !
Stéphane Lhomme est porte-parole du réseau "Sortir du nucléaire"
La "transparence" n'existe pas et n'existera jamais dans l'industrie nucléaire. Celle-ci n'existe que lorsque les associations antinucléaires - ou les médias indépendants du pouvoir - rendent publiques des informations cachées par les autorités !
Tant que l’industrie nucléaire fonctionnera, la vérité sera activement dissimulée aux citoyens, tant les dangers et les pollutions du nucléaire sont graves et injustifiables. Le "Haut Comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire" qui s’est réuni le 20 octobre pour évoquer la question des déchets nucléaires expédiés en Russie et celle du plutonium "en trop" apparu à Cadarache, a pour fonction véritable de protéger les intérêts de l'industrie nucléaire et certainement pas de faire la "transparence".
Sa composition prête à sourire, puisqu'on y trouve :
- les plus pro-nucléaires des parlementaires
- des représentants de l'industrie (EDF, Areva, CEA, etc)
- des représentants de l'Autorité de sûreté et de l'Etat, paravents historiques de l'industrie nucléaire
- des "personnalités" connues pour leur militantisme pro-nucléaire
- des associatifs à la représentativité incertaine et... désignés par l'Etat
Qui peut croire que cet étrange panel informera correctement les citoyens ? De toute façon, l'extrême dangerosité des activités de l'industrie nucléaire fait que, sous prétexte de ne pas informer les terroristes, seules des informations anodines sont publiées. De même, les enjeux financiers - démultipliés depuis l'ouverture du capital d'EDF - font que les exploitants ont tout intérêt à cacher incidents ou défaillances, afin de ne pas pénaliser le cours de leurs actions en bourse.
L’affaire des déchets radioactifs abandonnés par EDF en Sibérie est éclairante. L'argumentation trompeuse d'EDF, qui prétend qu'il ne s'agit pas de déchets mais de "matières valorisables", ne peut nous être opposée : il n'est en effet pas plus justifiable de laisser en Russie des "matières valorisables" que des déchets.
Il faut que ces déchets soient rapatriés en France. Cela obligera les autorités françaises à tenter de trouver un site de stockage... sachant qu'il est plus difficile de trouver un tel site en France qu'au fond de la Sibérie. Cela permettra de rappeler que, malgré des manoeuvres indignes, l'Etat français ne parvient pas, depuis plusieurs mois, à imposer la création d'un site d'enfouissement des déchets radioactifs : les tentatives faites dans l'Aube début 2009 ont été repoussées par les populations locales et les associations antinucléaires.
D'autres déchets et résidus générés à l'étranger par l'industrie nucléaire française devraient d'ailleurs être rapatriés, par exemple les "stériles", véritables montagnes de résidus d'extraction de l'uranium abandonnés à ciel ouvert au Niger par Areva. Cet uranium servant à alimenter les réacteurs nucléaires français, ces déchets appartiennent « moralement » à la France.
Autre exemple récent : les graves fautes commises par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) dans son site nucléaire de Cadarache, puisque environ 30 kg de plutonium "en trop" ont été trouvés dans l'Atelier de plutonium. L'Autorité de sûreté nucléaire est parfaitement incapable de se faire respecter. Ainsi, le fameux atelier a été contrôlé à de nombreuses reprises ces dernières années. Vainement, de toute évidence.
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