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Ancienne responsable d’une agence de conseil en communication, Sophie d’Anhalt a quitté le monde de la publicité pour celui de la presse professionnelle de l’environnement...

COP21 : des entreprises et collectivités en première ligne


vendredi 27 novembre 2015

Depuis le printemps, collectivités et entreprises sont invitées par l'ONU à publier leurs promesses climatiques sur le site Nazca, imaginé lors de la COP20 de Lima. Petite sélection, subjective, des annonces les plus significatives.


Voir la lettre de L'Usine à GES

Elles sont 8 596 cités, régions, entreprises, banques, sociétés d'assurance à avoir joué le jeu.

Ces 8 596 acteurs, « non-étatiques » comme les appelle l'ONU, ont mis en ligne sur la plateforme Nazca leurs engagements en matière d'atténuation et d'adaptation. Sans surprise, une grande majorité de ces membres de la société civile se trouvent au nord de l'Équateur, mais la présence du Sud est loin d'être anecdotique. Pays hôte du sommet Climat, la France ne brille pas de mille feux : 55  villes, 9  régions et 64 entreprises tricolores ont déposé leur promesses, soit 1,5 % du total des contributions. On aurait pu espérer mieux. À titre de comparaison, les Suédois ont déposé 300 programmes d'action.

Inventaire à la Prévert carbonique

Que trouve-t-on dans cet inventaire à la Prévert carbonique ? De tout, cela va sans dire. Mais l'on peut d'ores et déjà esquisser quelques grandes tendances. Plus des deux tiers des contributions fixent des objectifs de réduction d'émissions, le plus souvent à moyen terme (entre 2020 et 2030). Les leviers les plus fréquemment actionnés sont l'énergie et l'efficacité énergétique (38 %) et les renouvelables (25 %). Ployant sous le vent de l'Histoire, près de 900 contributions intègrent un prix interne du carbone. Dit autrement, ces entreprises pionnières (Air Liquide, Bouygues, Carrefour) intégreront dans leur processus d'investissement un coût virtuel du CO2 (20  dollars par tonne pour Centrica, 5 dollars par tonne pour Electrobras) afin de favoriser les projets au meilleur bilan carbone.

Autre tendance lourde : la finance. Banques, assurances, fonds d'investissements ou de pension s'engagent sur 561 actions. Nombre d'entre elles sont des émissions d'obligations vertes pour financer les énergies renouvelables, la construction de logements sobres ou de centres de tri de déchets. Ce qui n'interdit pas quelques idées originales : Bank of America, par exemple, entend ainsi faciliter le financement d'opérations de captage-stockage géologique de CO2. L'Australien CareSuper consacre
50 millions de dollars à la plantation de puits de carbone forestiers. La NWB Bank néerlandaise lève 1,68 milliard de dollars d'obligations pour financer des projets d'adaptation et de résilience aux Pays-Bas

Les églises font tronc commun

Les fonds de pension religieux ne sont pas en reste. Celui de l'Église d'Angleterre prévoit de consacrer 130 millions de dollars aux énergies renouvelables en Europe et aux forêts d'Amérique du Sud. Le « Church Commissionners for England » (autre fonds d'investissement anglican) déploie une ligne de crédits de 350 millions de dollars pour la construction de bâtiments sobres à Singapour et la gestion de forêts dévoreuses de carbone. L'Église de Suède investira plus de 100  millions de dollars dans les technologies propres et les renouvelables en Norvège, les bâtiments sobres en Suède et dans les forêts britanniques.

Les collectivités frappées par la grâce

La grâce climatique est aussi descendue sur les collectivités. À Addis-Abeba, capitale de l'Éthiopie, on réduira les émissions grâce à l'arrivée progressive de bus électriques. Johannesburg fait sien l'engagement éthiopien. Mais la capitale économique de l'Afrique du Sud y ajoute 140 millions de dollars d'investissements dans l'efficacité énergétique, la gestion des déchets et l'amélioration du système d'adduction d'eau. De quoi diminuer de 7 % le bilan carbone de ces trois activités entre 2007 et 2016.

En réduisant à zéro les émissions de sa flotte de transport public, en multipliant les réseaux de chauffage urbain, en développant à grande vitesse le véhicule électrique, Oslo entend diviser par deux ses émissions entre 1990 et 2030. Dernièrement, le fonds de pension des fonctionnaires de la capitale de Norvège (8 milliards d'euros d'actifs) a décidé de céder toutes les actions et obligations qu'il détenait dans les entreprises produisant des énergies fossiles.
 
Haro sur l'agro

Un secteur fait totalement défaut : l'agriculture et l'agroalimentaire. Les entreprises et les coopératives qui nourrissent le monde n'affichent que trois engagements. Un vrai scandale pour un secteur à l'origine d'une tonne de gaz à effet de serre sur cinq. D'autant que les promesses sont très éloignées du monde paysan. McDonald's par exemple annonce fièrement qu'il commencera à acheter de la viande   « durable  » dès l'an prochain.

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