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Par IRIS

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COP21 : n'oublions pas l'agriculture !


mercredi 02 décembre 2015

De nombreuses associations, comme celles réunies à Paris à la mi-novembre à la «Conférence climat des agriculteurs», aimeraient voir l'agriculture placée au centre de la COP 21. Les questions agricoles le mériteraient, mais rien n'est moins sûr.


Voir l'article complet de Pierre Jacquemot sur le site de l'IRIS

Dans sa relation au climat, l'agriculture présente trois caractéristiques : elle figure parmi les responsables de son dérèglement, elle en souffre largement et elle est partie prenante dans la solution.

- Prise au sens large (cultures, prairies et élevage), l'agriculture est en partie à l'origine des risques qui la menacent. Elle contribue au changement climatique du fait de pratiques agricoles qui augmentent le « largage » de gaz à effet de serre. Elle déstocke du carbone dans le retournement des prairies, plus qu'elle n'en absorbe et n'en stocke comme puits de carbone. Elle représenterait ainsi 14 % des émissions mondiales d'origine anthropique (GIEC, 2015). Le calcul n'est cependant pas aisé. Il faudrait ajouter les émissions liées à la consommation des énergies fossiles associée à la mécanisation agricole, au transport, au conditionnement, à la congélation, ainsi que les émissions de CO2 et de N2O liées à la fabrication des intrants, et notamment des engrais azotés obtenus à partir de gaz naturel, et celles résultant de la déforestation par suite de l'accroissement des surfaces agricoles.

- L'agriculture souffre du climat. Elle enregistre des modifications dans les régimes pluviométriques et de températures, avec un accroissement de la fréquence et de l'intensité de phénomènes extrêmes. Elle pâtit tant de la désertification que des inondations, des impacts sur les ressources en eau et des nuisances provoquées par les parasites. Les répercussions sur l'agriculture sont d'ores et déjà évidentes. ?Malgré les incertitudes qui pèsent sur les prévisions, les scénarios anticipent, si des mesures d'adaptation ne sont pas prises, des baisses des rendements agricoles de 20 à 50 % à l'horizon 2050 pour les cultures céréalières. En zone tropicale par exemple, des cultures telles que le maïs et le coton sont déjà particulièrement sensibles à des températures supérieures à 30°C durant leur période de croissance. Une augmentation des températures de 2 °C correspondra à une baisse du rendement en grains du maïs de 15 %. L'impact sera toutefois moins sévère sur les cultures pouvant profiter de l'effet « fertilisant » de plus fortes concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère, comme le riz et le coton, si toutefois les conditions favorables sont réunies à savoir des pluies suffisantes et des sols de bonne qualité. (?)Par ailleurs, le changement climatique aura partout un potentiel de nuisance sur le secteur de l'élevage.?L'impact de l'accroissement des températures, de la variabilité de la pluviosité, les perturbations attendues sur les cycles des saisons et le raccourcissement de la durée de végétation auront pour répercussions une réduction des pâturages, un déficit du bilan fourrager et une détérioration des conditions d'abreuvement.

- Enfin, troisième caractéristique, il existe dans l'agriculture d'importants potentiels d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Compte tenu de leurs propriétés photosynthétiques, les terres ont un rôle stratégique majeur. Il est possible d'atténuer une part importante des émissions avec des actions en faveur d'une agriculture intelligente face au climat (AIC). (Cette initiative "Climate smart agriculture" a été promue à titre expérimental en 2010 par la FAO), Parmi les mesures possibles, citons :

> la restauration des terres, des pâturages dégradés (phénomène qui touche particulièrement l'Afrique et l'Asie) et des sols organiques cultivés ;
> la maîtrise de la fertilisation avec le recours à l'azote organique plutôt qu'aux engrais minéraux;
> l'augmentation du rôle de la forêt en optimisant la substitution d'usages en aval, par les bioproduits (bois énergie, biocarburants, chimie verte...), et grâce à la dynamisation de la récolte forestière, au raccourcissement des cycles forestiers et au reboisement accru ;
> la réduction de la déforestation, la généralisation de bonnes pratiques de gestion forestière et le reboisement.
> enfin la séquestration de carbone (dans les sols et les produits de la biomasse), notamment par le recours à l'agroécologie et aux différentes formes d'agro-foresterie.

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