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COP21 : une question de volonté politique


vendredi 23 octobre 2015

2,7 °C ? Plus de 3 °C ? Les experts ne sont pas d'accord sur les effets des premiers engagements des Etats en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Tout dépendra de la volonté manifestée lors du sommet de Paris.


Le climat global s'est pratiquement échauffé d'un degré, en moyenne, depuis la révolution industrielle. Sans rien changer à notre boulimie actuelle de combustible fossile et d'agriculture industrielle, nous fonçons droit vers les 3 à 4 °C d'échauffement pour la fin du siècle, toujours par rapport à la fin du XVIIIe siècle. Or, la communauté internationale s'est engagée à moins.

Depuis la fin des années 1990, l'Europe préconise de stabiliser le réchauffement à 2 °C. Objectif finalement retenu lors du sommet climatique de Cancun, en 2010. Est-il à notre portée ? Tout dépend du spécialiste que l'on interroge.

Michel Den Elzen, de l'agence d'évaluation néerlandaise de l'environnement, estime que les engagements pris par les principaux États (Chine comprise) fourniront moins de 20% de l'effort nécessaire pour stabiliser le réchauffement à 2 °C. Dit autrement, nous aurons épuisé notre budget carbone dès 2030.
 
Les climatologues du Climate Action Tracker sont moins pessimistes : leur dernière évaluation situe à 2,7 °C en 2100 le résultat des « contributions nationales volontaires »
(INDC en jargon onusien), les engagements déposés par les États avant la COP21.

Quelle qu'elle soit, la situation peut-elle évoluer ? Sans aucun doute.

D'une part, parce que les 119 INDC présentées à l'ONU n'ont pas encore (sauf exception) force de loi. Elles pourront donc être amendées.

Ensuite, la contrainte pesant sur les rejets carbonés peut être alourdie : seules 12% des émissions de CO2 anthropiques font l'objet d'une régulation (taxe ou marché de quotas).

Enfin, l'assèchement des finances publiques, partout dans le monde, milite pour un abandon rapide des subventions à la consommation des énergies fossiles (550 milliards de dollars par an).

Bref, les 2 °C n'ont sans doute jamais été autant à notre portée. C'est une question de volonté politique. Mais ça, vous le saviez déjà.

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2 commentaire(s)
[1]
Commentaire par papijo
vendredi 23 octobre 2015 15:11
"... l'assèchement des finances publiques, partout dans le monde, milite pour un abandon rapide des subventions à la consommation des énergies fossiles (550 milliards de dollars par an)." Que l'on permette aux plus pauvres de se chauffer en hiver, cela vous gêne, pas moi ! Par contre, que l'on subventionne des promoteurs d'ENR plus de 300 ou 400% du prix des fossiles pour une énergie sur laquelle on ne peut même pas compter le jour où il fait froid, cela me choque infiniment ! Dois-je ajouter que le fait que depuis 1998, d'après l'organisme de collecte le plus "pessimiste" (Lien GISS/NASA la température de l'atmosphère n'ait augmenté que de 0,11°C (soit 0,7°C par siècle) ne me trouble absolument pas ... si seulement cette température pouvait augmenter un peu plus vite et que nous n'entendions plus parler de morts de froid dans la rue !
[2]
Commentaire par Gépé
lundi 26 octobre 2015 08:07
La protection du climat passe nécessairement par une augmentation du prix de l'énergie. Cette augmentation du prix de l'énergie passe nécessairement par une réduction du cout du travail à niveau constant.
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