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La chronique scientifique : les enjeux d'un pôle nord "chaud"


vendredi 13 juillet 2007

Ce dessin d’artiste par Bent Jærdig Knudsen vise à donner une image de ce que pouvait être le Groënland il y a quelque 500.000 ans, avant les grandes glaciations. L’actuel réchauffement climatique, s’il ne nous ramènera pas à cette vue utopique d’un Groenland vert, comporte de formidables enjeux économiques, lourds de conflits pour la région arctique.


default textLe Professeur Eske Willerslev, de l'université de Copenhague, coordonnant une équipe de chercheurs internationaux, a annoncé dans la revue Science avoir identifié des échantillons d’ADN de plantes et d'insectes provenant des couches profondes de la calotte glaciaire du sud du Groënland. Ceux-ci tendent à indiquer que cette région fut, entre 450.000 et 900.000 ans avant notre ère, plantée de forêts de pins, avec une grande variété d’espèces végétales et animales, et des températures oscillant entre –17 degrés l’hiver et  + 10 degrés l’été.
Voir l’interview en anglais du Pr Willerslev sur Scitizen.com

En revanche, l’étude tenderait à prouver que pendant la période interglaciaire, il y a environ 120.000 ans, la calotte glaciaire avait relativement peu fondu, malgré un réchauffement de 5 degrés. La fonte  n’aurait  en tout cas pas été suffisante pour expliquer la montée du niveau des océans estimée à 5 ou 6 mètres. Cette idée que rien n’est vraiment prévisible et automatique risque bien sûr d’alimenter les passions scientifiques autour du réchauffement que la planète connaît aujourd’hui.
Mais quel que soit le verdict scientifique, il est déjà acquis que le réchauffement autour du pôle nord comporte des enjeux économiques formidables.

Premier enjeu : le passage du nord-ouest.

Il y a au nord du Canada, entre les océans atlantique et pacifique, un archipel qui est actuellement bloqué par les glaces toute l’année. Mais les observations par satellites et les études scientifiques montrent que les glaces qui bloquent les passages entre les petites îles vont en diminuant. Si l’ouverture devient suffisante pour laisser passer des cargos, alors la route occidentale entre l’Europe et l’Asie, qui passe par le canal de Panama, se trouvera diminuée de 6.500 kilomètres, avec les économies de coûts de transports imaginables. Avec aussi, disent les écologistes, l’arrivée des grands cargos dans un environnement fragile et donc le retour du fantôme de l’Exxon Valdez, et les menaces sur la biodiversité et des espèces comme l’ours blanc.
(voir l’article en anglais Arctic in the balance sur Scitizen.com)

default textLes conflits latents ? Le Canada affirme avec force que le passage du nord-ouest est clairement sur son territoire et donc qu’il doit en régir les conditions d’utilisation si un jour il s’ouvre. Une affirmation contestée tout aussi vigoureusement par les Etats-Unis qui soulignent que ces eaux sont dans le domaine international. C’est aussi l’avis des Britanniques et à un certain degré des Japonais. C’est sans doute dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer que le problème devra être résolu.
(graphique : Aftenposten, Norway, Hugo Ahlenius, UNEP/GRID-Arendal- Pour plus de détails : Source )

Deuxième enjeu : les ressources naturelles

Où sont les ressources naturelles de l’Arctique, notamment le pétrole et le gaz naturel ? «Partout où l’on porte le regard. Tout le monde le comprend maintenant, c’est un trésor caché», répond le professeur Robert Huebert, de l’université canadienne de Calgary. «Traditionnellement, les conditions climatiques extrêmes ont rendu l’accès à ces ressources tellement cher que même si on sait qu’elles existent, les impératifs économiques ont empêché leur exploitation. Mais le changement climatique rend la zone plus accessible, les technologies nouvelles facilitent l’exploitation, et l’augmentation continue du prix du pétrole rend de plus en plus viables économiquement certaines de ces ressources », résume-t-il.
(voir son interview en anglais)

Les conflits latents ? Comme pour le passage du nord-ouest, comment partager les différentes zones entre pays riverains : Russie, Canada, Etats-Unis, Norvège et Danemark. Les scientifiques russes viennent de revendiquer carrément le pôle en affirmant que la dorsale de Lomonosov, qui s'élève à 2 km au-dessus du fond de la mer et qui divise l'Arctique en deux bassins, canadien et eurasien, est clairement une extension de leur plateau continental. Ainsi, ils pourraient revendiquer une zone très riche en pétrole grande comme cinq fois la Grande-Bretagne.

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1 commentaire(s)
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Commentaire par miria
lundi 10 décembre 2007 12:51
Arreter de polluer notre mère nature ; mai vous ne refléchissez donc pas !MARS refusera de nous abriter
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