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Secteur industriel cherche jeunes désespérément...


vendredi 23 mai 2014

La filière des « essais non destructifs », essentielle dans le secteur énergétique et l'aéronautique, est peu connue des jeunes en quête d'orientation. Dommage, car elle a de belles perspectives d'avenir et peine à trouver ingénieurs et agents techniques.


L'appellation, « essais non destructifs », est mystérieuse et sonne bizarrement. La réalité est pourtant très concrète : les END visent à dépister les fissures dans le béton ou les cuves des réacteurs nucléaires, les défauts dans la structure des pipelines ou des plateformes off-shore, les irrégularités de surface des pièces en acier d'une automobile, les anomalies dans les alliages d'ailes d'avion ou dans le fer des rails, les obstructions internes dans les tuyauteries ou mécanismes en tous genres.

Pourquoi « non destructifs » ? Parce que ce sont des essais ou des contrôles qui n'impliquent pas le démontage ou le bris des pièces examinées. Il y a un équivalent simple : la radiographie d'un membre, l'échographie d'un organe ou l'examen endoscopique chez un être humain...Les agents des END se désignent d'ailleurs parfois comme « les médecins de la matière ».

La Confédération française des essais non destructifs (COFREND), qui regroupe tous les acteurs du secteur (grands groupes, prestataires de service, experts...) vient de tenir ses « Journées »   à Bordeaux du 20 au 22 mai, avec le soutien d'Areva, du CEA, de Cegelec, d'EDF, en présence de nombreux autres industriels comme Total, Vallourec, Safran, Airbus, etc...

Ils se sont retrouvés sur le constat général que le secteur des END - qui regroupe 15.000 certifiés et 2.500 entreprises utilisatrices - va créer des emplois. Au moins 10.000 d'ici 2021, selon le président de la COFREND, Jean-Pierre Gustin. La prolongation de la durée d'exploitation des centrales nucléaires, avec le « grand carénage » prévu par EDF, le développement de l'éolien, les modernisations nécessaires dans le raffinage et la pétrochimie, le développement du secteur aéronautique vont réclamer plus de contrôles. Sans compter que le « principe de précaution » tend à faire croître avec le temps des normes et des régulations de plus en plus pointilleuses.

Mais la filière peine à trouver les personnels compétents. Les responsabilités sont lourdes, puisqu'il s'agit de valider des installations susceptibles de subir des accidents graves. Les opérations d'intervention peuvent être complexes, comme sur une plateforme pétrolière ou dans une centrale nucléaire. Les techniques sont sophistiquées (radiographies par rayons X ou gamma, qui impliquent des protections strictes contre la radioactivité, mesures par ultrasons, magnétoscopie, infrarouges, courants de Foucault...) et aux formations spécialisées s'ajoute la nécessité d'obtenir en plus des « certifications », soumise à des examens tous les cinq ans, organisés par la COFREND. Tout comme la filière nucléaire ou l'aéronautique, les END connaissent un « trou de génération », avec de nombreux départs en retraites sans relève immédiate. Elles nécessitent en outre des fonctions très diverses, depuis les agents d'exécution jusqu'aux ingénieurs et aux chercheurs en R&D. Mais en retour, les emplois sont stables et les carrières évolutives.

Consciente de son manque de visibilité, la Cofrend va organiser dans toutes les régions des ateliers de démonstration et ouvrir en septembre une « maison des END » à Paris.


Illustration : une opération sur plateforme pétrolière (www.loctant.com)
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3 commentaire(s)
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Commentaire par Gépé
dimanche 25 mai 2014 08:11
Un contrôle efficace concerne l'analyse des vibrations.
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Commentaire par papijo
dimanche 25 mai 2014 21:14
Pour ceux qui penseraient que les opérateurs des centrales nucléaires sont les plus malheureux professionnels irradiés à haute dose, je signalerai que les opérateurs qui réalisent les "contrôles non destructifs" par radiographie (à l'aide de petites sources de cobalt 60 enfermées dans un conteneur en plomb) reçoivent des doses bien plus grandes (ainsi que les personnes travaillant dans les services "radio" des hôpitaux), à moins bien sûr, que les choses n'aient beaucoup changé depuis l'époque où j'étais en activité, et il n'ont personne pour les défendre, surtout pas nos écolos !
[3]
Commentaire par 430 Milliards par réacteur
lundi 26 mai 2014 16:16
Vu le nombre de fissures sur les cuves des réacteurs nucléaires, c?est sûr qu il y a du boulot pour plusieurs générations (Fessenheim 1 et 2, Chinon B-3, Gravelines 6, Blayais 2, Dampierre 3, Saint-Laurent B-1 et B-2). En Belgique, ils ont fermé leurs réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 pour cette raison, mais ici tout va bien, circulez !
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