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Peter Jackson (CERA) : "la production pétrolière se maintiendra à un haut niveau pendant des décennies"


mardi 13 mars 2007

Le CERA (Cambridge Energy Research Associates), société internationale d’expertise en énergie, dont le siège est à Cambridge, Grande Bretagne, estime que la production pétrolière mondiale se maintiendra à un haut niveau après 2030, et cela pendant des décennies, en raison des nouvelles technologies de recherche et d’exploitation et du développement des pétroles non conventionnels.


Le CERA, présidé par Daniel Yergin, met ainsi en doute la théorie du « pic » de la production mondiale de pétrole, selon laquelle celle-ci approche de son optimum et diminuera ensuite rapidement. Il lui préfère l’image d’un haut plateau, avec des ondulations douces, qui ira en s’abaissant lentement, à un rythme non pas inéluctable mais déterminé par les décisions géo-politiques et économiques qui seront prises par les acteurs du secteur.

Cette analyse a été développée récemment par l’un des dirigeants du CERA, Peter Jackson, dans un article qui donne matière à un vaste débat parmi les experts. Le portail scientifique Scitizen.com a interrogé Peter Jackson sur son étude.

Gilles Prigent (Scitizen.com) : vous venez d’écrire un article intitulé « pourquoi la théorie du pic pétrolier s’effondre-t-elle ? » ("Why the peak oil theory falls down ?”). Que dit cette théorie dite du “pic de Hubbert” ?

Hubbert était un géologue qui, au milieu des années 50, évalua l’avenir de la production pétrolière aux Etats-Unis. Il avait prédit que cette production atteindrait son maximum vers 1970. Son estimation fut assez précise sur la fixation du moment où la production américaine arriva à son maximum, mais elle fut très insuffisante en ce qui concerne le niveau de production et la forme de la courbe une fois passé le pic. Quelques chercheurs ont utilisé sa technique pour prédire que la production mondiale connaîtra un « pic » au début de la prochaine décennie et déclinera rapidement ensuite.

Et vous n’êtes pas de cet avis ?

Le CERA a conduit une analyse très détaillée des différents pays producteurs, passant en revue les niveaux et les projections de production des champs existants, les perspectives des nouvelles exploitations et prospections. Nous avons inclus dans l’étude à la fois les pétroles conventionnels et les éléments « non conventionnels » (bruts lourds,  carburants dérivés de la bio masse, les projets GTL/CTL, …).

Il n’y a pas de preuve tangible qu’un « pic »  se produise d’ici 2030. Le CERA considère que la production va connaître, à partir de 2030, un plateau, avec des ondulations, qui va se prolonger pendant plusieurs décennies. A la fin de cette période en plateau, nous pensons que la production mondiale déclinera plus doucement que le déclin très rapide prévu par les tenants de la théorie du « pic ».  Et, ce qui est important, le CERA pense que la durée du plateau sera déterminée par des facteurs comme les niveaux d’investissement, les conditions de l’économie et de la géopolitique, plus que par des facteurs liés aux ressources du  sous sol.

Quelle est votre estimation des réserves mondiales de pétrole ?

Je pense que nous ne connaissons pas encore très précisément l’échelle des ressources mondiales. Si l’on inclut les sources conventionnelles et non conventionnelles (comme les sables bitumineux ou les huiles de schiste) je pense que plus de 4.000 milliards de barils sont encore disponibles – c’est environ 4 fois ce qui a été produit jusqu’ici dans l’histoire du monde.

Diriez-vous que le pétrole est l’énergie du XXIe siècle ?

Je pense que le pétrole sera encore au centre de nos besoins énergétiques  pendant les premières décennies du XXIe siècle. Bien sûr, tout le monde met l’accent sur le point au delà duquel le pétrole bon marché ne sera plus disponible et nous pensons qu’une  grande attention va être portée à la meilleure utilisation possible des réserves conventionnelles.

La fourniture de pétrole a été relativement serrée dans les dernières années mais le CERA prédit que la capacité productive va croître très vite dans les années qui viennent. Les pétroles non conventionnels comme les bruts lourds du Canada et du Venezuela sont l’objet d’investissements considérables actuellement. Nous voyons aussi les projets de carburants GTL se développer, au Moyen-Orient par exemple, et les projets CTL se planifier dans le Sud-Est asiatique et en Australie.

Il est aussi intéressant de noter qu’il a beaucoup de bio-pétrole produit aux Etats-Unis et au Brésil et la proportion de ce « pétrole vert » devrait donc s’accroître assez considérablement dans les décennies prochaines. Donc il y a une évolution en cours. Il y de beaucoup d’espace pour ces pétroles non conventionnels, qui nous aideront à satisfaire nos demandes pour de nombreuses années à venir.

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