Participez aux débats sur l'énergie de demain
 - Un site de Tecsol
Auteur
Plein Soleil est un magazine internet de TECSOL, bureau d'études indépendant spécialisé en énergie solaire. Son animateur est André Joffre (photo).

La France fuit le photovoltaïque, d'après l'Agence Internationale de l'Energie


lundi 15 septembre 2014

Un récent rapport de l'AIE craint un ralentissement des énergies renouvelables dans le monde. La situation en France, pour le photovoltaïque, n'échappe pas à ce constat.


L'Agence internationale de l'énergie vient de tirer la sonnette d'alarme en soulignant que la croissance des énergies renouvelables pourrait ralentir dès l'année prochaine, notamment en Europe (voir l'article). Dans une interview à Plein Soleil, Cédric Philibert, de la Division des Energies Renouvelables de l'AIE, s'inquiète notamment du solaire photovoltaïque et il n'est pas tendre avec la France !

Extraits

Cédric Philibert : Même si l'on admet un bel élan et une dynamique sur le développement du PV sur fond de baisse des prix, le rapport est un peu plus alarmiste que l'an dernier. C'est un fait, les incertitudes politiques sont à même de casser cette croissance. Aux Etats-Unis, l'incitation fiscale - Investment Tax Credit- soit un crédit d'impôt de 30% sur le solaire va être ramené à 10% en 2016. (?) Aujourd'hui, l'électricité solaire est deux fois plus chère aux Etats-Unis qu'en Allemagne, sans réelle raison. Il existe aussi de nombreuses incertitudes en Europe, sur fond de rétroactivité en Espagne ou en République Tchèque avec des taxes qui fleurissent après coup et minent le moral des investisseurs. Maintenant attention, il n'est pas anormal de réduire les incitations au vu de la baisse continue des prix mais aussi au vu du rythme annuel de croissance dans certains pays comme l'Allemagne qui a installé plus de 7 GW par an trois ans de suite de 2010 à 2012 contre seulement 3 GW annuels de prévus.

Plein Soleil : « Vous sentez donc l'inquiétude monter ? »

CP
: A l'évidence. De plus, le vieux monde de l'énergie réagit fort et crie qu'on l'étrangle alors que nous sommes dans une croissance prévisible et prévue des EnR. Pour l'heure, le renouvelable favorise le retour provisoire du charbon en Europe, ce qui a le don d'irriter les gaziers, en Europe notamment, qui sont montés à Bruxelles pour faire pression sur le politique. Et puis, le solaire est également impitoyable pour le nucléaire. Les tenants de l'atome voient la percée du solaire comme la peste. Le solaire ultra décentralisé dispose d'un pourcentage de puissance instantanée très élevée qui de 10h00 à 17h00, en plein soleil, met à mal la rentabilité des centrales nucléaires auxquelles on impose des modulations contre nature. Le nucléaire tolère mieux l'éolien moins diffus, qui fonctionne à toutes les heures. Il est moins saignant pour la base du nucléaire.

Plein Soleil : Où en est la France dans ce concert mondial du PV ?

CP : L'an dernier, la France n'a été que le onzième pays du monde en matière de puissance PV installée et va certainement davantage reculer ces prochaines années. En fait, la France ne sait toujours pas ce qu'elle veut. Quand on pense que François Hollande, le 30 septembre 2013, le jour de l'ouverture à Paris de la grande conférence européenne du photovoltaïque, EU-PVSEC (1),  a préféré aller inaugurer une installation d'énergie marine ! Il semble qu'il n'a pas la juste appréciation de qu'est une énergie d'avenir. Il semble aussi que le milieu énergétique français fuit le PV plus que tout autre chose.

Plein Soleil : Nos élites énergétiques pointent le prix du PV qu'ils stigmatisent régulièrement?

CP : Les prix ont été divisés par cinq en six ans. Les élites dont vous parlez confondent le prix des installations existantes par rapport au prix des installations qu'on construit demain. On compare ce qui n'est pas comparable. Le solaire est tout prêt d'être compétitif.

(1) La conférence PVSEC de 2014 se tiendra fin septembre à Amsterdan (voir ici)
Réagissez à cet article
 (10) 
Nom *
Email *
Votre commentaire * (limités à 1500 caractères)
10 commentaire(s)
[1]
Commentaire par Gépé
lundi 15 septembre 2014 11:14
La solution consiste à basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique; cela permet d'augmenter le prix de l'énergie et de réduire le cout du travail, ce qui améliore la rentabilité des investissements dans ce domaine.
[2]
Commentaire par Bernard
lundi 15 septembre 2014 13:27
Avec 100 fois plus de ressources non renouvelables consommées et importées et 10-20 fois plus d'émissions finales par kWh et 20-à 40x plus chère par kWh que le nucléaire, le photovoltaïque est un véritable attrape-gogo. Pas étonnant que le lobby vassal du gaz qu'est le lobby "renouvelables", soit relégué aux sous articles de presse.
[3]
Commentaire par Costic
lundi 15 septembre 2014 20:29
Avec 10-20 fois plus de débilités que les habituels pro-nucléaires, le Bernard ne convaincra pas grand monde.
[4]
Commentaire par papijo
lundi 15 septembre 2014 21:27
"Le solaire est tout prêt d'être compétitif. " : Comment peut-on encore écrire çà ? Compétitif sur quel marché ? Quel consommateur achèterait de l'électricité solaire (ou éolienne) si cet achat n'était pas obligatoire (via EDF) ? Le kWh solaire, il vaut combien à cette heure-ci (20 h 45) ? D'où vient l'électricité que consomment nos écolos à cette heure-ci ? (Réponse: Solaire: 0% - Eolien: 1% - ENRth: 1% - Charbon: 2% - Gaz: 2% - Hydraulique: 12% - Nucléaire: 81%). Pour vérifier: Cliquer lien RTE
[5]
Commentaire par Bernard
lundi 15 septembre 2014 22:03
@Costic Quand vous passerez outre les invectives vous verrez bien les preuves sont assez faciles à trouver, que le photovoltaïque n'est qu'un outil spéculatif que seuls les égos de quelques naïfs réussissent encore à pousser en tant que solution, tant que celle qui n'arrive même pas à faire reculer les émissions de CO2 depuis 30 ans qu'elle existe. Si vous êtes de ces simples d'esprits qui expliquent par la conspiration faudra expliquer comment le nucléaire aurait une toute puissance, si les industries pétrolières et gazières, 500 fois plus puissantes en CA, n'ont pu acheter les climatologues qui s'expriment au GIEC...
[6]
Commentaire par Tilleul
mardi 16 septembre 2014 13:26
La définition d'un investissement spéculatif c'est se lancer dans un EPR en promettant qu'il va couter 3 milliards et se retrouver à devoir payer 3 fois ce prix...
[7]
Commentaire par Hervé
mardi 16 septembre 2014 18:32
De toute façon, même si le solaire PV était gratuit, il ne résoudrait pas un besoin essentiel: disposer d?électricité quand on en a besoin. Donc de toute façon, il faut soit des EPR, soit des puits de gaz, au choix... Spéculation ou pas...
[8]
Commentaire par Tilleul
mercredi 17 septembre 2014 00:26
L'EPR devait commencer à produire de l'électricité quand on en avait besoin en 2012, on a toujours pas d'électricité... Avec les EnR on a toujours à tout instant du soleil, du vent, de l'eau dans les barrages et du bois dans les forêts, avec l'EPR on sait pas quand il produit de l'électricité, on sait pas combien ça coute, on sait pas combien ça va durer et on sait même pas si son approvisionnement en uranium ne sera pas bloqué par les djihadistes du Sahel...
[9]
Commentaire par SolarHome
mercredi 17 septembre 2014 21:22
Ah bon, notre brillante Technocratie n'aime pas ce qui fait de l'ombre à la religion nucléaire même si ça doit écorner un peu (beaucoup) la notion de liberté de choix et de démocratie ? et ce foutage de gueule dure depuis plus de 30 ans, vraiment ?? mais il est vraiment de mauvaise fois ce Mr Philibert !!!
[10]
Commentaire par papijo
samedi 20 septembre 2014 18:46
@SolarHome: La "liberté de choix", ce serait par exemple que ceux qui veulent s'offrir de l'électricité "ENR" le fassent avec leur propres deniers si ça leur chante, mais n'imposent pas aux autres de leur payer cette folie !
PARTICIPEZ !
Cet espace est le vôtre !
La chaîne Energie de LExpansion.com
vous ouvre ses colonnes. Partagez vos analyses !