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Energies renouvelables : ralentissement en vue


lundi 01 septembre 2014

L'Agence internationale de l'énergie tire la sonnette d'alarme : la croissance des énergies renouvelables pourrait ralentir dès l'année prochaine, notamment en Europe.


Le site de "L'énergie en questions"

Dans un rapport publié le 28 août (voir le communiqué), l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit que "la production mondiale d'électricité issue des renouvelables devrait croître de 45% et atteindre près de 26% de la production totale d'électricité d'ici 2020", soit une hausse de 4 points par rapport à 2013.

La hausse de la production d'électricité issue de sources d'énergie renouvelables constitue une bonne nouvelle dans la mesure où le mix électrique mondial demeure dominé par les énergies fossiles polluantes (environ deux tiers du mix).
L'AIE note que plusieurs sources d'énergie parviennent à maturité, et donc deviennent compétitives, à l'instar de l'hydroélectricité et l'éolien terrestre, qui tireront la croissance des renouvelables dans les années à venir. Dans certains pays, les investissements se font de plus en plus soutenus, par exemple au Brésil en matière d'éolien terrestre ou au Chili dans l'énergie solaire.

Un risque de ralentissement

Pour autant, derrière ces chiffres en apparence très positifs, l'AIE prévoit un ralentissement et une stabilisation de la croissance annuelle des énergies renouvelables "après 2014". Ainsi, les objectifs mondiaux sur le changement climatique pourraient ne pas être remplis, faute d'atteindre les niveaux suffisants de production d'électricité issue de sources renouvelables. Si les investissements réalisés dans le secteur des renouvelables devrait s'élever à 175 milliards d'euros par an jusqu'en 2020, cela reste moins élevé que les 190 milliards investis en 2013.

Si les indicateurs ne sont pas encore au rouge, loin s'en faut, la publication de l'AIE constitue un avertissement à destination des gouvernements : "il est urgent que les Etats, et notamment l'Union européenne, se fixent des cadres de développement favorisant leur essor au-delà de 2020 car, même si les perspectives présentées par l'AIE sont très positives pour ces secteurs, elles seront insuffisantes pour contenir le réchauffement climatique à 2°C", estime Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l'AIE.

L'AIE pointe notamment du doigt la lenteur de la mise en place de l'interconnexion des réseaux des pays membres de l'Union européenne, ainsi que l'absence de mesures visant à mieux intégrer les sources d'énergie renouvelables au réseau électrique. En cause, "l'incertitude politique et réglementaire" qui, selon Maria van der Hoeven, "augmente dans plusieurs marchés clés".

"Industriels, gouvernements, régions doivent travailler ensemble pour que l'Europe reste le fer de lance des énergies renouvelables, a réagi Jean-Louis Bal, président du Syndicat des Energies Renouvelables (SER). Pour cela, l'Union européenne doit fixer, à l'horizon 2030, un objectif ambitieux, au-delà des 27% annoncés par la Commission européenne et surtout, rendre contraignants les objectifs des différents Etats membres".

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5 commentaire(s)
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Commentaire par un pysicien
mardi 02 septembre 2014 10:31
Eolien, pv et biomasse ne sont que des pompes à subventions payées par le consommateur .Certains rêvent de "rendre contraignants" de plus en plus de telles rentes...
[2]
Commentaire par Gépé
mardi 02 septembre 2014 14:07
Il doit bien y avoir une relation entre l'économie et l'énergie, par exemple, entre le cout du travail et le prix de l'énergie. Il y a le travail, le capital, et l'énergie; n'oublions pas l'énergie!
[3]
Commentaire par Monnier
mardi 02 septembre 2014 22:19
En tout cas, pour ceux qui se préoccupent du "réchauffement climatique" (stabilité depuis 17 ans de la température globale), les énergies renouvelables sont mieux placées que le nucléaire pour modérer les émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre. // CO2 et GES : nucléaire ou renouvelables ? // Pour les années passées, on s'aperçoit que le nucléaire a produit 12% d'électricité en moins en 2012 et 2013 qu'en 2006. // Au contraire, les énergies renouvelables ont produit 42% d'électricité en plus en 2013 qu'en 2007. // En 2013, on a presque deux fois plus d'électricité renouvelable que d'électricité nucléaire. // Et dire qu'outre-Manche on va rendre contraignant de payer plus cher l'électricité nucléaire de l'EPR que celle des centrales solaires en Allemagne.
[4]
Commentaire par un physicien
mercredi 03 septembre 2014 09:38
En allant sur le site du Bundesministeriums für Wirtschaft und Energie : http://www.bmwi.de/DE/Themen/Energie/Energiedaten-und-analysen/Energiedaten/gesamtausgabe,did=476134.html puis en cliquant sur : Gesamtausgabe der Grafiken zu Energiedaten, Letzte Aktualisierung: Juli 2014 ( PDF: 3,6 MB ) et en allant à la planche C4, on peut être informé que l'éolien et le PV fournissent respectivement 1.4% et 0.8% de l'énergie allemande.
[5]
Commentaire par Monnier
mercredi 03 septembre 2014 12:42
Le calcul en énergie primaire donne trois fois plus d'importance au nucléaire qu'en réalité, comparé à l'éolien, au photovoltaïque et à l'hydraulique. // Dans le cas du nucléaire, un tiers seulement de l'énergie primaire est convertie en électricité et utilisable. Pour les renouvelables (hors biomasse/biogaz) l'énergie primaire et l'énergie secondaire (électricité) sont identiques. // En 2013 l'Allemagne a produit 97,3 TWh d'électricité avec le nucléaire et 152,0 TWh avec les renouvelables (dont 53,4 TWh en éolien et 30,0 TWh en photovoltaïque). // Le nucléaire n'a donc pas produit beaucoup plus d'énergie utilisable que l'éolien + solaire, et beaucoup moins que tous les renouvelables. Pour l'électricité déjà, mais encore plus en comptant la chaleur.
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