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La filière photovoltaique multiplie par 4 ses objectifs pour 2020


jeudi 27 octobre 2011

Réunis jeudi, les Etats Généraux du Solaire Photovoltaïque ont jugé possible de porter à 20 GW la production photovoltaïque en 2024, contre les 5,4 GW qui étaient prévus par le Grenelle. Mais pour cela il faut aller vers un "pacte de confiance" avec les pouvoirs publics.


Tous les acteurs des Etats Généraux du Solaire Photovoltaïque (EGS-PV) ont signé cette tribune collective pour "la chaîne Energie".

Le secteur mondial du photovoltaïque n'a jamais été aussi dynamique : le marché mondial et les capacités industrielles augmentent et augmenteront pour répondre au besoin d'électricité écologique.

Dans certaines régions de France, le coût de production de l'électricité photovoltaïque sera comparable dès 2016 à celui de l'électricité fournie par le réseau (« parité réseau »). Par ailleurs, la transcription des directives européennes (« Energie renouvelable » et « Efficacité énergétique du bâtiment ») dans le droit français à travers le Grenelle de l'environnement, instaure de fait un marché à pourvoir à l'horizon 2018-2020 avec la généralisation des bâtiments neufs à énergie positive : « BEPOS ». Le photovoltaïque va ainsi devenir un élément traditionnel dans l'acte de construire. 

Une opportunité pour dynamiser l'économie française

Le marché mondial du photovoltaïque représentera entre 24 et 44 GW à l'horizon 2015 (soit un chiffre d'affaires industriel mondial de 50 à 80 milliards d'euros et entre 59 et 135 GW en 2020 (soit un CA industriel mondial de 79 à 129 milliards d'euros). Les cartes de l'industrie mondiale photovoltaïque sont en train d'être redistribuées et la filière française se doit de participer pleinement au développement de ce nouveau marché.

Si nous manquons cette opportunité, la balance commerciale française enregistrera mécaniquement, à l'heure de la parité réseau et de la généralisation du BEPOS, un déficit structurel d'environ 1,5 milliard d'euros par an.

La France dispose aujourd'hui de réels atouts (laboratoires de recherche & développement, tissu industriel existant, groupes énergétiques de dimension internationale, filière bâtiment mobilisée...) pour développer sa présence dans le secteur hautement technologique et particulièrement dynamique du photovoltaïque. Certains acteurs français des équipements pour l'industrie solaire photovoltaïque sont même leaders sur leur domaine respectif.

Toutefois, l'instabilité du cadre réglementaire depuis 2007 n'a pas permis de déployer une stratégie industrielle française tournée vers l'export, même si plus de 100 millions d'euros ont été investis pour créer une quinzaine d'usines en 3 ans, et qu'une filière forte de 25 000 emplois a émergé entre 2007 et 2010. La réglementation d'amorçage n'est plus adaptée. Il est urgent de mettre en place un pacte de confiance alliant ambition, visibilité et stabilité, pour encourager les investissements industriels et structurer une filière créatrice d'emplois (pour une filière française forte de 100 000 emplois en 2020).

Des propositions peu coûteuses pour une filière forte

Les EGS-PV proposent quelques aménagements des mécanismes de soutien existants, qui non seulement seront peu coûteux, mais offriront de plus un rapide retour sur investissement et ne seront nécessaires que jusqu'à l'atteinte complète de la parité réseau.

Pour ce faire, les EGS-PV proposent entre autres de :

- Relever à 20 GW l'objectif photovoltaïque 2020 inscrit dans la Programmation Pluriannuelle des Investissements (contre 5,4 actuellement)
- Instaurer un mécanisme unique de soutien au marché : les tarifs d'achat
- Adapter les tarifs d'achat de façon dynamique pour assurer une rentabilité correcte et non excessive des projets, tout en donnant de la visibilité à la filière
- Régionaliser les tarifs d'achat pour piloter finement la rentabilité des projets du Nord au Sud de la France
- Intégrer un mécanisme de bonification de l'autoconsommation au niveau des tarifs d'achat, pour préparer l'avènement de la parité réseau et alléger la charge de CSPE
- Encourager l'offre européenne et française
- Mettre en oeuvre un dispositif de déclaration d'origine des composants et équipements
- Mettre en place une garantie de financement OSEO pour les projets réalisés avec des modules fabriqués en France
- Mettre en place une stratégie collective à l'export Les EGS émettent également des propositions pour simplifier les réglementations existantes et la connexion au réseau électrique.

Un investissement d'avenir pour la France

La phase d'amorçage de la politique de soutien au photovoltaïque (2007-2012) va représenter une charge annuelle d'environ 1,2 milliard d'euros pendant 20 ans, pour une puissance installée d'environ 2,5 GW. Le chiffrage des propositions des EGS-PV énoncées ci-avant, pour installer 18 GW d'ici à 2020 et ainsi atteindre un parc de 20 GW, tout en développant l'industrie française, représente au maximum 800 millions d'euros par an d'investissement en bonification de tarif d'achat. Le passif de la phase d'amorçage et l'investissement dans le déploiement de 18 GW sera limité entre 13 et 40 euros par foyer et par an en 2020.

Signataires - Les organisations participant aux EGS-PV :

AIPF : Association des Industriels du Photovoltaïque Français
APESI : Association des producteurs d'électricité solaire indépendants
CAPEB : Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment
CLER : Comité de Liaison Énergies Renouvelables
ENERPLAN : Association Professionnelle de l'Énergie Solaire
EPIA : European Photovoltaic Industry Association
FNCCR : Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et RégiesThink-Tank
FTS : France Territoire Solaire
GIMELEC : Groupement des industriels de l'équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés
GMPV-FFB : Groupement des Métiers du Photovoltaïque de la Fédération Française du Bâtiment
SERCE : Syndicat des Entreprises de Génie Électrique et Climatique
SER-SOLER : Groupement français des professionnels du solaire photovoltaïque, du Syndicat des Énergies renouvelables

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3 commentaire(s)
[1]
Commentaire par carl
jeudi 27 octobre 2011 14:31
même défauts majeurs que l'éolien ...trés irrégulier ...mais cette technologie a au moins le mérite de ne pas détruire l'environnement et les paysages . ....avec cette technologie on pourrait aussi imaginer des systémes de stockage individuels ...ce qui éviterait d'injecter l'électricité produite dans le réseau ...car c'est ça en fait le fond du probléme .....non écologique .
[2]
Commentaire par Hervé
jeudi 27 octobre 2011 20:00
Comme le précise Carl, cette énergie est très irrégulière. Ce qui fait que son potentiel dans le mix à un coût élevé ne peut pas être très importante. 20GW parait être plutôt un maximum pour l'intégration de cette énergie. L'objectif de 5.4GW pour 2020 parait donc bien plus raisonnable.

Il est aussi navrant de voir que les politiques de subventions à cette énergie conduisent à la déconstruction de toitures souvent neuves, alors que la mise en place des panneaux devrait se faire uniquement lors de la construction ou rénovation d'une toiture. Ainsi, il ne serait pas nécessaire de financer la déconstruction d'un toit en bon état, et la fonction « couverture » du toit solaire pourrait se valoriser, réduisant ainsi le coût de la fonction production. De réelles économies seraient faites pour un résultat identique.

Il faut absolument que
- Les acteurs du solaire apprennent à travailler uniquement en construction / rénovation avec du matériel adapté.
- Que les subventions soient limitées à ces usages afin que la filière se mette au pli.

[3]
Commentaire par Gépé001
dimanche 30 octobre 2011 07:36
Il faut un raisonnement économique:le solaire représente une rente valable si nous fabriquons les panneaux solaires et si nous taxons les autres modes de production;il faut favorise l'autoproduction.
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