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L'autre versant de la précarité énergétique : la mobilité


jeudi 27 novembre 2014

La précarité énergétique est généralement associée à l'habitat, et notamment aux factures de chauffage. Mais les plus pauvres ont souvent en plus un problème de transport, qui les handicape dans leur insertion sociale.


L'association Wimoov, qui fait partie du groupe d'économie sociale européen SOS, organise le 3 décembre à Paris les 2èmes « Rencontres de la Mobilité inclusive », où participeront  le président de l'ADEME et de nombreuses entreprises et institutions financières (Total, PSA, Renault, Orange, MACIF, Caisses d'Epargne?) (1).

Leur objet : accompagner tous les publics en situation de fragilité (en raison de leurs faibles ressources financières, de leur handicap, de leur âge?) pour améliorer leurs capacités de transports, essentiels pour trouver du travail ou assurer leur insertion sociale. D'où le concept de "mobilité inclusive". L'association a mis en place une vingtaine de plateformes régionales qui assurent divers services : des entretiens personnalisés pour identifier les problèmes, des solutions d'auto-partage social, de co-voiturage, de transports micro-collectifs, de mises à disposition ponctuelles de véhicules, de réparations automobiles dans des garages Renault solidaires, des réparations de vélos et des actions de formation. Bref, un concept D

Les études de Wimoov et de son « Laboratoire de mobilité inclusive », créé avec le soutien de Total, ont mis en évidence certains aspects de ce versant de la précarité énergétique, qui touche potentiellement entre 6 et 8 millions de personnes en France (2). Si elles ne sont pas les seules, les causes financières sont déterminantes :
 
- Le coût du transport est en France le troisième poste de dépense des ménages (pour environ 15 % de leur budget), et porte pour 83 % sur la voiture

- Les ménages pauvres sont deux fois plus nombreux que la moyenne à se déplacer à pied, et ils utilisent plus fréquemment les transports en commun. Ils se déplacent aussi moins souvent. L'utilisation moindre de la voiture s'explique par une motorisation plus faible : 40 % n'ont
aucune voiture, contre 18 % en moyenne.

- Ceux qui en possèdent au moins une ont un véhicule de 11,2 ans en moyenne, contre une moyenne de 8,7 ans pour l'ensemble de la population. Les ménages pauvres achètent principalement des voitures d'occasion ; si le prix à l'achat est moins élevé, les frais engendrés sont ensuite plus importants.

- Les catégories sociales les plus défavorisées sont victimes d'une « double peine » : elles habitent plus loin des lieux d'embauches potentiels que les catégories les plus aisées, et disposent des moyens de transports plus limités.

- La concentration des activités vers les pôles urbains conjuguée à la dispersion de l'habitat entraînent une forte dépendance à la voiture dans les territoires ruraux et périurbains, difficilement supportable par les personnes les plus précaires. Le coût d'un déplacement domicile-travail de 20 km aller y équivaut à 25% du SMIC. Dans le périurbain, les distances parcourues sont supérieures de 8 à 10 000 km/an à la moyenne, soit un surcoût de 3 000 €/an, dont 1 000 € de carburants. Ces territoires devraient être les plus affectés par la hausse du coût de l'énergie et par les objectifs de lutte contre le changement climatique (CAS)

- Les Zones Urbaines Sensibles sont caractérisées par une surreprésentation des publics en difficultés sociales et professionnelles. On y constate logiquement un taux de motorisation plus bas que la moyenne (20 % de moins pour les locataires de logements sociaux), difficilement compensé par l'offre de transports en commun, ces quartiers étant souvent isolés ou enclavés. Ces territoires sont particulièrement concernés par un sentiment « d'assignation à résidence ».

(1) Les rencontres se déroulent au Centquatre, 5 rue Curial (Paris-9eme). Voir le programme.

(2) Etude du cabinet Auxilia
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