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Raffineries en crise: à qui la faute ?


mercredi 28 septembre 2011

Après Total à Dunkerque et Petroplus à Reichstett en 2010, c’est au tour de Lyondellbasell d’annoncer la fermeture prochaine de la raffinerie de Berre faute de repreneur. Pourquoi ?


La France compte 11 raffineries en activité dont 10 sont situées en métropole. Total possède la moitié des raffineries. Le secteur du raffinage français enregistre de fortes pertes, Total aurait d'ailleurs perdu 900 millions d'euros dans le raffinage en France en 2009 et l'ensemble du secteur plus d'un milliard d'euros.

L'explication des pertes vient du fait que le secteur du raffinage est caractérisé par d'importantes surcapacités de production. D'un côté, les raffineries françaises produisent un surplus de produits pétroliers et de l'autre, on assiste à une baisse de la demande structurelle notamment à cause de la production de véhicules plus légers et donc moins gourmands en carburant. A cela, s'ajoute la crise actuelle qui compresse un peu plus la demande car il y a corrélation entre la croissance économique et la demande de carburants.

Trop d'essence, pas assez de gazole

Mais le problème est avant tout l'inadaptation de l'outil de travail des raffineries à la demande française. Les derniers investissements dans les unités de production date des années 70-80 et servaient à produire de l'essence. Or depuis 1994, la demande française en gazole ne cesse de croitre alors que mécaniquement l'essence connait une forte diminution. Actuellement, la demande de gazole représente 80% de la demande de carburant et la France se trouve obligée d'exporter des super-carburants qu'elle n'arrive pas à écouler sur le territoire et d'importer du gazole de l'étranger. Etrange situation où le secteur du raffinage français, destiné à assurer la sécurité de l'approvisionnement, a une production inadaptée à la demande intérieure entraînant de fait une surcapacité structurelle de production d'essence.

La cause de cette situation ridicule trouve son origine dans le manque d'investissement pour changer la structure de la production des raffineries françaises. Malgré les bénéfices record tirés par l'effet-prix du à la hausse des cours du brut (10 milliards de dollars pour Total en 2010, 4 milliards pour Lyondellbasell), ces investissements ont été évincés au profit d'une préférence pour des investissements dans les raffineries proches des zones d'extraction. C'est le cas de Total en Arabie Saoudite avec la raffinerie de Jubail qui permet de produire à coût faible en raison de la proximité avec les gisements mais qui est surtout dotée d'un système productif moderne permettant d'adapter le ratio gazole/essence souhaité.
Le problème du raffinage français pourrait donc plus s'apparenter « à un chômage technique du secteur » dont les moyens de production sont devenus inadaptés qu'à un réel problème de compétitivité. Bien que le premier engendre le deuxième.
 
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