Participez aux débats sur l'énergie de demain
Auteur

L'UE et le gaz russe : état des lieux


mercredi 09 avril 2014

La crise ukrainienne a relancé les craintes d'une "guerre du gaz" entre l'Union européenne et la Russie.


L'observatoire du gaz "gas in focus" a été mise en place par GRTgaz et SIA Partners. Voici quelques graphiques tirés de sa base de données.

L'Europe consomme 17.6 % du gaz naturel mondial alors qu'elle ne détient que 2.2 % des réserves prouvées. Elle est donc globalement un gros importateur. Aujourd'hui, 25% de la consommation européenne de gaz naturel proviennent de la Russie, devant la Norvège, l'Algérie et le Qatar.































L'UE cherche depuis plusieurs années à diversifier ses sources : le Qatar est devenu le principal relais de cette diversification, grâce au développement des échanges de gaz naturel liquéfié (GNL) qui évite la contrainte des gazoducs, alors que la part de la Norvège baisse en raison de l'épuisement des gisements de mer du nord.

Mais elle reste fortement dépendante du gaz russe, à 26% . L'Agence Internationale de l'Energie estime que la Russie représentera 30% des importations européennes en 2020 en raison notamment de la croissance de ses réserves prouvées, de ses capacités de production et des infrastructures de transport.
 
 









Les situations sont variées au sein de l'UE, tous les pays n'étant pas aussi dépendants vis-à-vis de la Russie en termes d'approvisionnement. En effet, la France a diversifié ses approvisionnements en ne privilégiant aucun pays fournisseur et en développant sa filière GNL alors que son voisin l'Allemagne importe 43% de sa consommation depuis la Russie. Les pays de l'ex-URSS quant à eux, en raison de leurs liens historiques forts avec la Russie, sont dépendants à plus de 86% en moyenne de cette dernière pour leur consommation de gaz naturel.

Le graphique ne traduit cependant pas exactement l'"indépendance énergétique". Certains pays ont en effet une production nationale. La France de ce point de vue est plus mal placée que l'Allemagne, n'ayant pratiquement plus de production.

 


























La France a diversifié l'origine de ses importations. Les importations de GNL (19,5% des importations de gaz naturel en 2012) permettent à la France de s'approvisionner auprès de nouveaux producteurs, indépendamment du réseau de gazoducs.




























Trois grands projets d'infrastructure sont en cours de construction ou de négociation.

Nord Stream est le plus grand projet de gazoduc sous-marin mondial et reliera la Russie à l'Allemagne sans passer par l'Ukraine et la Biélorussie. Ce projet permettra d'acheminer 55 milliards de m³ de la Russie vers Lubmin, en Allemagne, pour un investissement de 7,4 milliards d'Euros. La Russie, qui souhaite rester maître de ses échanges de gaz avec l'Europe, est le principal actionnaire du consortium Nord Stream AG en charge du projet via Gazprom (51%). Wintershall, E.ON, Gasunie et GDF SUEZ sont également parties prenantes de ce gazoduc, dont un tronçon a officiellement été inauguré le 8 novembre 2011. Il a déjà fortement réduit la part des importations de gaz russe transitant via l'Ukraine.

D'autres projets de gazoducs sont en cours de développement, actuellement à des stades moins avancés que le projet Nord Stream : il s'agit du projet Nabucco reliant la Turquie à l'Autriche et le projet South Stream qui permettra l'acheminement du gaz Russe vers la Bulgarie, l'Autriche puis l'Italie via la Mer Noire, en complément voire en substitution à la voie Ukrainienne. Cet ouvrage, s'il voit le jour, devrait permettre à l'Europe de réduire sa dépendance énergétique envers la Russie et de développer à terme la part d'autres pays fournisseurs tels que l'Azerbaïdjan, l'Iran et l'Irak. Cette alternative au gaz Russe représenterait 31 milliards de m³ pour un investissement estimé à 12 milliard d'Euros.

 Le projet de gazoduc South Stream, financé quant à lui par les entreprises privées Gazprom (50%), Eni (20%), Wintershall (15%), et EDF (15%), disposera d'une capacité de 63 milliards de m³ pour un coût global de plus de 20 milliards d'Euros.


A LIRE AUSSI

Réagissez à cet article
  
Nom *
Email *
Votre commentaire * (limités à 1500 caractères)
PARTICIPEZ !
Cet espace est le vôtre !
La chaîne Energie de LExpansion.com
vous ouvre ses colonnes. Partagez vos analyses !

Pourquoi votre facture de gaz augmente alors que les cours chutent
Les tarifs de GDF Suez pourrait augmenter de 4% au 1er juillet après avoir grimpé de près de 10 ...