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Quelles énergies pour les 7 milliards d'habitants de la planète ?


jeudi 27 octobre 2011

Selon le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), la population mondiale atteindra sept milliards le 31 octobre 2011. La santé, l’éducation et le bien être des habitants de la planète dépendent essentiellement de la disponibilité en énergie et en eau.


Les « horloges » qui comptent le nombre d'habitants sur la planète ne peuvent bien sûr donner un chiffre précis à la minute près mais elles sont à peu près toutes d'accord pour dire que le cap des sept milliards va être franchi de façon imminente.

Les Nations unies (voir le site de l'UNFPA et le comptage retenu par cette agence) déterminent traditionnellement une date symbolique : le cap des 6 milliards avait été dépassé en octobre 1999 - il y a douze ans-, celui des 6,5 milliards le 19 décembre 2005. Les comptages du Census Bureau des Etats-Unis ou celui de l'université de Berkeley sont un peu en retrait et visent le début 2012 pour le passage des 7 milliards. Le site francophone Population mondiale prévoit le passage à la mi-novembre 2011.

 A l'horizon 2050, les prévisions démographiques se situent entre 9 et 10 milliards d'habitants sur terre. Et 15 milliards en 2100 si les taux de fécondité ne sont pas tenus, d'après L'UNFPA.

Mais quelle que soit la date, ce boom démographique est déterminant pour la consommation énergétique. De 1900 à 2000, la population mondiale est passée de 1,65 à 6 milliards, soit une augmentation de 1,48% en moyenne par an. La consommation énergétique a, elle, été multipliée par 10, passant de 1 Gtep à 10 Gtep, c'est à -dire une augmentation annuelle moyenne de 2,35% par an. En effet, l'énergie n'a pas simplement « suivi » de façon proportionnelle la croissance démographique mais a amélioré considérablement au fil des ans le mode de vie des habitants de la planète, par une révolution des transports et des techniques.

Comment va évoluer d'ici 2050 l'approvisionnement énergétique du monde, alors même que des « géants » démographiques, autrefois confinés dans leurs frontières, émergent économiquement et aspirent à un niveau de développement égal à celui des pays « riches » ? Les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie ou du Conseil mondial de l'énergie tablent sur une demande énergétique entre 22 et 27 Gtep en 2050, contre 10 Gtep en 2000 grâce à une meilleure efficacité énergétique.

Un livre qui vient de paraître, « Peut-on sortir du nucléaire ? Après Fukushima, les scénarios énergétiques de 2050 » (*) est moins optimiste. Avec la simple extrapolation du rythme de hausse enregistré au XXe siècle, il y aurait une multiplication par 3, et si on se réfère à l'évolution des dix premières années du XXIe siècle, on aurait une multiplication par plus de 5. Cela donne la mesure des efforts à accomplir.

Même si on développe toutes les énergies -nucléaire compris- et qu'on réalise des économies drastiques, le monde sera sans doute à court. Une série d'hypothèses sont retenues par les auteurs et permettent d'arriver à une production de 28,5 Gtep contre les 10 Gtep de l'an 2000.

Mais pour cela, quel bouleversement du mix énergétique et quel développement volontariste des énergies renouvelables  !
  • l'énergie éolienne passerait de 0,03 tep (tonnes équivalent pétrole) en 2010 à 3 Gtep en 2050, soit un facteur multiplicateur de 100 qui représente à peu près 4 millions d'éoliennes géantes. L'énergie solaire, marginale aujourd'hui, passerait aussi à 3 Gtep.
  • L'énergie hydro-électrique et les nouvelles énergies de la mer assureraient 2,5 Gtep, la géothermie, multipliée par 20, procurerait 1 Gtep et la biomasse 4 Gtep
Dans le même temps, les énergies fossiles seraient « bridées » au maximum, pour cause d'émissions de CO2 et de rareté progressive, et ne passeraient que de 8 à 12 Gtep. Le nucléaire continuerait de se développer, mais modérément, vers un niveau de 3 Gtep, équivalent à l'éolien et au solaire.

Les économies d'énergies du monde « riche » seraient fixées à 40%, tandis que les pays émergents seraient incités à connaître un développement plus sobre que celui connu dans le passé par les pays développés.

La solution sera alors dans les innovations et la recherche, notamment le stockage et le transport de l'électricité, la IVeme génération des réacteurs nucléaires, le développement plus poussé du traitement des combustibles nucléaires usés.

(*) par le Pr Jacques Foos et Yves de Saint Jacob - (editions Hermann - oct 2011 - 270 p.)



Par
3 commentaire(s)
[1]
Commentaire par lolprio
jeudi 27 octobre 2011 14:37
tout ...sauf les hydrocarbures et gaz dont les ressources sont limitées et qui dégagent du co2 et sauf les ENR a production irrégulières ...qui marchent en couple avec du thermique donc même probléme . ( sauf pays comme la Norvége qui peuvent stocker l'énergie avec de l'eau )
[2]
Commentaire par Roberton
jeudi 27 octobre 2011 16:07
Matières premières minérales et fossiles sont intimement liées, l´une ne s´obtient pas sans l´autre. L´AIE chiffre une quantité croissante d´énergie nécessaire mais aussi un manque de 20Mb/jour de pétrole en 2020. Bien avant 2050 la production de pétrole sera dans un déclin accéléré, les minerais de fer, de bauxite, de cuivre, de nickel.... pour ne parler que des plus importants, nous viennent d´Amérique du sud, de l´Australie, de la Nouvelle Calédonie etc... Comment ferons nous pour les transporter et les transformer? N´oublions pas que les mines produisant l´antimoine, L´hafnium, l´indium, le platine, l´argent, le tantale et le zinc serons épuisées dans les 30/40 ans qui viennent. Malheureusement, nous devons utiliser aussi d´autres matières premières très énergivores comme le ciment (60 à 120 litres d´équivalent pétrole/tonne), le verre (2500Kw/tonne), l´acier, plastiques, câbles, isolants (alternateurs, moteurs, transformateurs, condensateurs), toute l´électronique de contrôle (90% de pétrole), etc.
Ce qui me fait dire que 30 ans après le pic de production de pétrole nous serons en panne de transports et d´électricité.
N´oublions pas l´agriculture complètement pétro-dépendante dont la production mondiale a été multipliée par 7 au XXe siècle et dont les rendements plafonnent.
Vers 2050 nous retournerons en 1800 avec de 2 à 3 milliards d´habitants au maximum, puisque toutes les énergies utilisables sont dépendantes du pétrole pour leurs construction et maintenance.
[3]
Commentaire par Chelya
jeudi 27 octobre 2011 16:57
Professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, Jacques Foos a tenu la chaire de "rayonnements, isotopes et applications", de 1983 à 2008, formant ainsi plusieurs centaines d’ingénieurs et de techniciens dans le domaine de la science nucléaire. Il fut également directeur du Laboratoire des Sciences nucléaires du CNAM.
Le Pr Foos est Vice-président de la commission de surveillance de l’usine de La Hague (CSPI), ainsi que de la Commission de surveillance du Centre de Stockage de la Manche (CSM). Actif dans les commissions locales d'information (CLI), il siège comme expert scientifique à la CLI de Flamanville, qui informe sur les deux unités existantes et sur le futur EPR
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