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Solaire photovoltaïque: face aux Chinois, la filière française existe bien!


, Délégué Général d'Enerplan
mercredi 29 décembre 2010

La part belle faite aux producteurs chinois est l'une des raisons avancées pour justifier la suspension des aides aux projets photovoltaïques. Non, estime un responsable de la filière française: les entreprises françaises sont là, et bien là...


Non, 90% des modules solaires posés en France ne sont pas chinois!

Le secteur du photovoltaïque français semble pour certains difficile à cerner tant il évolue vite.

Confidentielle il y a quelques années, la filière a fortement évolué en 3 ans, sur l'aval bien entendu (bureaux d'étude, développeurs de projets, installateurs, exploitants, ...) mais aussi sur l'amont avec des barrières fortes à l'entrée (investissements en capital intensif, compétition internationale tirée par la R&D ou les capacités de production, etc...). Enfin, rappelons qu'en amont de l'amont, il y a la filière d'équipementiers d'usine photovoltaïque où les Français sont également présents avec des débouchés au niveau mondial.
 

En amont de l'industrie, il y a 3 sociétés françaises sur la production de silicium, et/ou de wafers et/ou de cellules : Photowatt, acteur historique qui intègre jusqu'à la production de modules avec ses cellules, Emix, fabricant de silicium par coulée continue électromagnétique et MPO, nouvel acteur de la production de cellules.

Le segment de la filière industrielle qui s'est le plus développée en deux ans est la production de modules. Tenesol, acteur historique dans ce domaine, a été rejoint par une myriade de PMI : Auversun, Fonroche, Francewatts Sillia, Solarezo, Systovi, Voltec'Solar, ... Ainsi, l'industrie française de modules photovoltaïques, avec une capacité de production de 450 MW à fin 2010, aura, compte tenu des mises en production en cours d'année, produit 250 MW de modules français en 2010, soit 1/3 du marché annuel total et pourrait dépasser les 600 MW en 2011.

Toujours au niveau industriel, il faut compter sur le secteur de l'électronique de puissance et d'équipements électriques connexes, où les entreprises françaises sont également bien placées avec Schneider Electric, Arcelor Mittal, Aimelec, Jade Technologies, Legrand, Areva T&D, ... De plus et compte tenu de la spécificité française, nous avons également développé un segment industriel des accessoires/équipements de l'intégré bâti avec Mécosun, Mitjavila, Clipsol, ...

En aval de la filière, il faut compter avec plus d'une cinquantaine de bureaux d'étude et de développeurs de projets, plus de cinq mille entreprises d'installation et une vingtaine d'exploitants. Ces entreprises en aval, aux côtés des entreprises classiques du bâtiment qui ont diversifié leur activité en incluant le photovoltaïque, ont pu se spécialiser dans le photovoltaïque résidentiel (Evasol, Soleil en Tête, EDF EnR, ...) ou bien dans des projets de tailles plus importantes, où d'autres spécialistes (TCE Solar, Everbat, Armorgreen, Enerpur, Soleco, Pro Solaire, ...) oeuvrent également.
 
 
Existe-t-il une homogénéité en termes d'attentes au sein de la filière?

Oui, il existe des attentes partagées, notamment pour l'ambition d'une «France solaire» et pour une visibilité de la politique de soutien. Cette filière s'organise autour de deux grandes branches complémentaires:

- celle du bâtiment intelligent et performant, où l'intégration du photovoltaïque au bâtigénère une énergie diffuse et décentralisée ;

- celle de la production d'une énergie compétitive dans le cadre du mix énergétique, notamment avec les centrales au sol développées dans un cadre maîtrisé et l'équipement de grandes toitures.
 
Ces deux branches peuvent avoir des attentes particulières, mais sur le fond, elles souhaitent toutes les deux un objectif quantitatif plus ambitieux à la hauteur des enjeux. Elles ont besoin de visibilité et de stabilité dans les dispositifs de soutien au marché pour ne pas décourager les initiatives des PME et des PMI les plus innovatrices.

La seule divergence potentielle résulterait d'une politique de quotas où le gouvernement servirait beaucoup plus une branche que l'autre. Mais toutes les deux ont rendez-vous très prochainement avec la parité réseau et la généralisation du photovoltaïque dans le bâtiment.
Par
3 commentaire(s)
[1]
Commentaire par carl
lundi 03 janvier 2011 21:15
le solaire n'est pas encore assez performant ...et reste une technologie aléatoire ...cependant elle a le mérite d'être beaucoup moins pollluant et destructeur de l'environnement que l'éolien industriel .
[2]
Commentaire par lili33
jeudi 30 décembre 2010 11:27
Je suis bien d'accord : il faut valoriser les filières françaises ... mais toutes alors !!!
Je me demande d'où vient cet hypocrite nationalisme envers les panneaux solaires ? Vos chaussures et vos écrans plats, ils viennent d'où d'après vous ? Avez vous le choix aujourd'hui de choisir des produits franco-français disponibles sur le marché à prix attractif ?
Je suis complètement pour que nos installations soit complétement made in France, d'ailleurs, j'en serai très fière. Mais ne nous voilons pas la face ! Avec la conjoncture actuelle (baisse successive des tarifs de rachats), je me demande comment les développeurs pourraient encore faire l'effort de travailler avec des modules non compétitifs sans un coup de pouce de l'état.
[3]
Commentaire par Daniel Lincot
jeudi 30 décembre 2010 00:22
Je partage tout à fait l’analyse de Richard Loyen qui montre qu’une filière française du photovoltaïque existe bien avec un tissu de plus en plus important d’acteurs industriels. Enfin une vision optimiste et dynamique, qui aborde également au passage, la question de la concurrence chinoise. Je voudrais souligner que pour être complet le panorama ne doit pas oublier les forces engagées, avec succès, dans la recherche en France, autour de laboratoires du CNRS, des Universités, des Ecoles, du CEA, d’autres organismes publics et celles des industriels. De grands centres, de taille internationale, se développent en partenariat, comme l'Institut National de l'Energie Solaire (INES) à Chambery, ou l'Institut de Recherche et Développement sur l'Energie Photovoltaïque (IRDEP) en Ile de France. D'autres structurations sont en cours. Il faut vraiment associer étroitement recherche et industrie, et faire progresser leurs synergies, dans ce domaine ou l’innovation occupe et occupera une place très importante. Ainsi on pourra poursuivre et amplifier le développement d’une filière française de plus en plus compétitive, sans oublier que le développement du photovoltaïque n’est pas uniquement un enjeu industriel classique mais une réponse fondamentale à apporter au niveau mondial à la question énergétique.
Daniel Lincot, Directeur de recherche au CNRS, Directeur de l'IRDEP
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