Participez aux débats sur l'énergie de demain
Auteur
Né en décembre 1942, ingénieur physicien de formation, Bertrand Barré est ancien conseiller scientifique d'AREVA voir son blog) Entré en 1967 au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA),...

Fukushima : les scénarios possibles


lundi 14 mars 2011

Il est encore impossible de dire vers quoi l’on se dirige à la centrale nucléaire de Fukushima. Il y a encore des barrières pour éviter la catastrophe, mais les électriciens japonais mènent une course contre la montre.


Ce n'est pas encore, selon les échelles internationales, un accident majeur mais c'est un accident grave avec dégradation du cœur. Il faut suivre heure par heure, voire quart d'heure par quart d'heure, car on ne peut pas dire vers quel scenario on va.
 
Ce qui est important par-dessus tout, c'est d'envoyer de l'eau pour refroidir le combustible, de l'eau de mer si l'on n'a plus d'eau douce. C'est une course contre la baisse de la puissance résiduelle.
 
Le réacteur ne marche plus, car le séisme a automatiquement arrêté les réacteurs. A ce moment précis, les systèmes de secours ont commencé à se mettre en marche, et puis est arrivé le tsunami, qui a endommagé ces systèmes.
 
Dans les parties du cœur qui ont été découvertes, c'est-à-dire qui n'étaient plus dans l'eau mais dans la vapeur, la température a grimpé à 1200 degrés. On le sait car c'est l'amorçage de la réaction zirconium - eau. Sans elle, l'hydrogène n'est pas libéré.
 
C'est déjà une température très anormale, mais on est très loin du point de fusion des pastilles du combustible, qui est d'environ 2700 degrés.
 
De temps en temps, pour protéger l'intégrité de l'enceinte de confinement, il faut faire des dépressurisations par bouffées. A chaque fois, cela libère de la vapeur contaminée, mais c'est mieux que de risquer la ruine de l'enceinte de confinement
 
Cela ne commence à se libérer dans l'atmosphère que quand le bâtiment  explose. C'est ce bâtiment bleu qu'on voit sur les photos et qui entoure l'enceinte de confinement. Il est léger mais tant qu'il n'est pas soufflé, il ne relâche pas la vapeur et ses éléments radioactifs. Une fois soufflé, ce qui provient de l'enceinte de confinement sort en panache. Mais n'a rien à voir avec le nuage de Tchernobyl. A Tchernobyl, quand la dalle a sauté, le cœur était en plein air, un gigantesque incendie a duré treize jours et le nuage était très haut et très radioactif.

Encore des barrières
 
Voilà ce qu'on peut dire pour l'instant. Il y a encore pas mal de  barrières.

Première barrière : une partie seulement du combustible est endommagée.

Deuxième barrière : il y a fusion de tout le cœur, mais cela reste dans la cuve que l'on refroidit.

Troisième barrière : on ne peut plus refroidir la cuve qui finit pas céder mais tout reste dans l'enceinte de confinement.
 
Il y a donc une série de scénarios possibles, sur lesquels on ne peut pas se prononcer à l'heure actuelle.

(Propos recueillis par Yves de Saint Jacob)

4 commentaire(s)
[1]
Commentaire par cbilodeau
lundi 14 mars 2011 20:29
On ne doit pas mettre de côté le nucléaire comme les pessimistes écolos le proposeront.

Il faut mettre à jour les procédures de sécurité. Ainsi, sans m'y connaître, je dirais que si le groupe électrogène de secours avait été dans un bunker de béton résistant au Tsunami et aux tremblements de terre on aurait éviter la situation actuelle.

De plus on pourrait avoir un bassin d'eau de réserve qui pourrait servir d'eau de secours pour refroidir le coeur par gravité. Ainsi pas besoin de pompes électriques car l'eau serait situé quelques mètres plus haut que le coeur, on ouvre la valve et voilà.

[2]
Commentaire par albert martin
mardi 15 mars 2011 14:43
Too big to fail

A la lecture des commentaires des supporters du nucléaire, des OGM, du système bancaire, du FMI, de la guerre en Afghanistan, et autres aventures, il m'apparait que l'argument décisif invoqué est : Too big to fail.

Cela laisse peu d'espoir d'un changement de direction. L'avenir me parait tout tracé, au bout de la route un trou noir, lui même Too big to fail, se fera un plaisir de tout engloutir gentiment.

[3]
Commentaire par NuKléR de mon Q
mardi 15 mars 2011 23:14
Bonjour,

Je pense qu'on s'achemine vers un scénario NOIR pour le Japon et l'hémisphère Nord de la planète.

Tout est expliqué ici, avec des liens vers des documents sources.

Les bâtiments qui abritent les réacteurs ne POURRONT PAS TENIR : la cause : LA CUVE SE PERCERA, PUIS L'EXPLOSION DE VAPEUR A CAUSE DU TORE SE PRODUIRA, AVEC LA RUINE DES 4 BÂTIMENTS RÉACTEURS, , PUIS LA FISSION BRUTALE DES COMBUSTIBLES LIQUEFIES : AUTANT DE SUPER-BOMBES "A" QUI EXPLOSERONT, QUE DE RÉACTEURS.

J'espère me tromper, mais vous jugerez par vous-même.

Bon courage à tous, soyons forts.

[Réponse de l'auteur]
Le scénario noir est malheureusement possible mais il ne peut pas concerner tout l'hémisphère nord. Quant à une réaction en chaine de fission dans le combustible fondu, ce n'est guère possible. Il faut suivre l'évolution de l'accident au fur et à mesure. BB
[4]
Commentaire par NuKléR de mon Q
mardi 15 mars 2011 23:18
Désolé !

Le lien :
http://www.gondelaud.com/wordpress/?p=3300#comments

NOTA IMPORTANTE : pensez à copier sur votre disque dur les documents .pdf, .gif, .jpeg, pour ne pas saturer les serveurs. Vous pourrez ensuite recouper les informations, qui sont assez accessibles. Certains documents sont en Anglais, je n'ai pas eu le temps de les traduire ni de les mettre en ligne. Désolé pour cet inconfort, le temps presse de toute façon.

"Gouverner, c'est prévoir" sir Winston Churchill.
PARTICIPEZ !
Cet espace est le vôtre !
La chaîne Energie de LExpansion.com
vous ouvre ses colonnes. Partagez vos analyses !