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Né en décembre 1942, ingénieur physicien de formation, Bertrand Barré est ancien conseiller scientifique d'AREVA voir son blog) Entré en 1967 au Commissariat à l'Energie Atomique (CEA),...

Comment la Suède a renoncé à sortir du nucléaire


jeudi 09 avril 2009

La Suède, qui était tentée de quitter le nucléaire, y revient. Sa valse-hésitation illustre la difficulté à en sortir, que connaissent aussi l'Italie et l'Allemagne


En 1980, l’année qui a suivi l’accident de Three Mile Island, la Suède a procédé à un referendum sur l’énergie nucléaire. Trois possibilités de réponse étaient données :

1. maintenir en fonctionnement les réacteurs

2. les fermer

3. les fermer seulement si certaines conditions étaient réunies : parmi ces conditions, ne pas créer de rupture économique, ne pas obérer la compétitivité d'industries importantes et, donc, trouver des sources d’électricité en substitution.

Les options 2 et 3 ayant obtenu la majorité, le Riksdag a précisé la politique décidée par la nation et a fixé le terme de 2010 à la démarche d’abandon du nucléaire. Comme on peut le voir sur le tableau, à l’époque du referendum, seulement six réacteurs suédois étaient en service, et le moratoire n’a pas empêché la mise en service de six autres qui étaient alors en construction (rien à voir avec l’arrêt du programme nucléaire italien en 1987). Grâce à une production électrique mi nucléaire mi hydraulique, la Suède est, avec 5,32 t/cap, devant la France (5,97 t/cap), le pays de l’Union européenne qui émet le moins de CO2 par habitant.

 



















Au cours des années, il n’a pas été possible de trouver des énergies de substitution, notamment en raison de l’opposition à toute construction de nouveaux barrages hydrauliques. Dans les années 90, l’opinion publique suédoise devenait de plus en plus hostile à la sortie du nucléaire, mais sous la pression du Danemark, le gouvernement a forcé l’électricien Skydraft à arrêter ses deux réacteurs de la centrale de Bärseback, trop proche de Copenhague. Ces arrêts se sont traduits par une importation d’électricité danoise (très émettrice de CO2 !).

En février 2009, le gouvernement suédois a définitivement abandonné la sortie du nucléaire (voir la partie supply 3.3 dans  le document sur la nouvelle politique énergétique suédoise) . Nous voyons aussi l’Italie se préparer à revenir. A quand l’Allemagne ?

Le blog de Bertrand Barré
 
Photo : la centrale de Barseback - Wikimedia commons
1 commentaire(s)
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Commentaire par desbazeille
vendredi 10 avril 2009 10:28
vive le nucleaire energie propre !!
lisez l 'excellent livre CO2 de Ch.Gerondeau !!!
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