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Ancienne responsable d’une agence de conseil en communication, Sophie d’Anhalt a quitté le monde de la publicité pour celui de la presse professionnelle de l’environnement...

Pourquoi ne pas développer le télé-travail ?


vendredi 29 mars 2013

Espaces de coworking ou télécentres, les maisons du télétravail offrent un nouveau mode de travail au salarié. Et contribuent à réduire consommations d'énergie et émissions de CO2. Pourquoi s'en priver ?


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Parfois considéré comme un moyen de réduire la taille des sièges sociaux ou d'éloigner les collaborateurs de l'entreprise, le télétravail peut aussi être appréhendé comme un outil de développement durable. Pour le salarié, c'est un bon moyen de réduire le nombre d'heures passées dans les transports : deux à trois heures par jour en moyenne en Île-de-France. Son stress diminuant, le salarié est plus productif : un bonus pour l'entreprise. Et pour l'environnement.

Prenons l'exemple d'une personne travaillant à 25  km de son domicile et se rendant en voiture à son travail. Deux séances de coworking (1) par semaine, lui éviteront de consommer 512 litres d'essence par an et d'émettre 1,1 tonne de CO2. Voilà pour l'impact climatique direct du recours aux espaces de télétravail.

Dans l'agglomération parisienne, le taux d'occupation des immeubles tertiaires tourne autour de 65 %, avec une consommation de 2,5 kWh/an par bureau en moyenne. Dit autrement, le tiers de l'énergie consommée pour chauffer ou climatiser les tours du quartier de La Défense est gaspillé. Rien à voir avec les centres de télétravail (en zone périurbaine) ou de coworking (situés, eux, au cœur d'une agglomération) dont le taux d'occupation peut atteindre les 95 %. La consommation tombe alors à 0,3 kWh/an et par usager.

Manque d'intérêt

Avec un tel bilan, comment ne pas s'étonner du manque d'intérêt suscité par le télétravail, qu'il se pratique chez soi ou dans des télécentres de proximité ? Publiée en 2012, une étude du ministère de l'Économie estime à 12 % la proportion de salariés français de grandes entreprises travaillant hors de leur bureau plus de huit heures par mois. Presque deux fois
moins qu'en Allemagne, en Finlande ou aux Pays-Bas.

Pour renverser la vapeur, Initiatives Télécentres 77, une association mise en place par le conseil général de Seine-et-Marne, entend développer un réseau de télécentres dans le département francilien. S'exprimant dans le cadre du débat sur la transition énergétique, organisé par le conseil régional d'Île-de-France, sa directrice Anne-Sophie Calais annonçait début janvier que six centres devraient être inaugurés avant la fin de l'année. Dix autres sont prévus par la suite. Ils renforceront la trentaine de centres comparables situés à Paris.

Dotées de l'équipement bureautique et informatique nécessaire, ces maisons du télétravail comportent tout le confort des immeubles de bureaux classiques : salles de réunion, systèmes de visioconférence, bureaux fermés ou en open space, espaces de restauration, connexions haut débit et sécurisées. Le tout accessible pour une dizaine d'euros la journée.
Pour inciter les entreprises à les utiliser, un label de qualité (Actipole 21) a récemment été créé par une association des réseaux de télécentres : l'Ara 21. Qu'on se le dise.

(1) Les espaces de travail partagé ou de « coworking » sont des espaces tiers situés à mi-distance entre domicile et lieu de travail et fondés sur la pratique du télétravail



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