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Ancienne responsable d’une agence de conseil en communication, Sophie d’Anhalt a quitté le monde de la publicité pour celui de la presse professionnelle de l’environnement...

La viande contre le climat ?


jeudi 15 octobre 2009


L'industrie de la viande elle est devenue l'une des principales causes anthropiques du réchauffement climatique. Une vérité qui dérange, mais n’est pas intangible.



Hier omnivore, l’humain moyen (à condition qu’il réside dans les contrées les plus favorisées de la planète) est en passe de devenir un carnivore patenté. Amorcée depuis un bon demi-siècle, cette mutation n’est pas sans poser quelques problèmes. Sanitaires, tout d’abord. Sans aller jusqu’au régime alimentaire délirant de Morgan Spurlock (l’auteur du documentaire Super Size Me, ndlr), gavé de Big Macs, la consommation croissante de viande rouge peut accroître le risque de certains types de cancer, notamment colorectal. L’abus de cochonnaille est tout à fait indiqué pour les amateurs de records de taux de triglycérides et d’accidents vasculaires. Seul le poulet trouve encore grâce aux yeux des nutritionnistes. Pour combien de temps encore ?

La bidoche occupe le terrain. Parce qu’elle est devenue une base de l’alimentation d’une part croissante de l’humanité, la bidoche occupe de plus en plus de terrain. Selon un épais rapport de la FAO (Livestock’s Long Shadow), l’industrie de la viande est l’activité humaine qui occupe le plus de surface au sol : 26% des terres dégagées des glaces sont occupées par le bétail et ses cultures nourricières. Au total, 70% des terres agricoles mondiales sont dédiées aux bovins, ovins, porcs et autres volailles. Colossal !
Mais le pire est, peut-être, à venir. Car, affirment les agro-industriels, il nous faut toujours plus de barbaque pour nous bien porter. Selon les prévisions de l’organisation onusienne, la production mondiale de viande devrait passer de 229 Mt/an (millions de tonnes par an), à l’orée du
siècle, à 465 Mt/an vers 2050. Dans le même temps, la production de lait devrait, elle aussi, doubler, passant de 580 Mt/an à 1 043 Mt/an. Pour autant, il n’est pas certain que ce secteur en plein boom double le nombre de ses « employés », déjà considérable puisque évalué à 1,3 milliard de personnes.

Le bétail sabote la biodiversité

Exigeant, le bétail ne supporte pas de vivre dans la nature, la vraie. Aussi, à mesure que le cheptel augmente, il faut lui trouver de préférence des terrains libres et peu chers : la forêt. Sur les 825 écorégions identifiées dans le monde par le WWF, 306 sont menacées par l’avancée du bétail.
Conservation International tente de protéger 35 sites où la biodiversité est particulièrement exceptionnelle. L’organisation va devoir rapidement s’activer car 23 sont allègrement piétinés par les sabots des « animaux machine », chers à Descartes. L’Union internationale pour la conservationde la nature (UICN) constate que la plupart des animaux et des végétaux répertoriés dans sa « Liste rouge des espèces menacées » voient leur biotope dégradé par de la viande sur pattes.
Le bétail est-il un loup pour l’homme ? Oui, si l’on s’intéresse à la nourriture et à l’eau.
Les 22 milliards de bêtes à viande présents en permanence à nos côtés ou dans notre assiette bouffent à s’en faire péter la panse. En 2002, rappelle la FAO,625 Mt de maïs ont été utilisées par l’élevage. En 2030, ce tonnage devrait flirter avec le milliard de tonnes. Les amateurs de sucre de maïs (lesagro-industriels, par exemple) ou de pop corn ont du sang à se faire. Une inquiétude que devront partager les buveurs d’eau. Nos petites têtes à cornes et à crêtes consomment 8% de l’eau potable mondiale. Un chiffre en augmentation constante. Leurs déjections (lisier, fientes, etc.) est aussi une source majeure de pollution des eaux. Si les Bretons préfèrent désormais l’eau en bouteille, c’est bien parce que le Réduit breton est devenu l’une des « usines à viande de la France » chères à Edgar Pisani. Faute de chiffres globaux, revenons sur les lieux où tout a commencé. Aux Etats-Unis, donc, le bétail est à l’origine de 37% des rejets de pesticides (il faut bien protéger ses céréales). Il consomme la moitié des antibiotiques produits par l’industrie locale. Il est aussi responsable d’un tiers de la pollution des eaux par les nitrates et le phosphore. Toujours tenté par un Big Mac ? Lisez la suite.

Le bétail : un sacré pollueur

Le bétail est, en effet, une véritable « usine à GES ». À cause de son système digestif très particulier, il rejette d’abondantes quantités de gaz à effet de serre (GES). Par la bouche, le bétail rejette plus de 3 milliards de tonnes de CO2 par an, soit 6 fois plus que la France toute entière. Du fait de la fermentation entérique, bovins, ovins, caprins et autres camélidés rotent 86
millions de tonnes de méthane : un GES 23 fois plus puissant que le gaz carbonique. À l’autre bout de la chaîne, leurs déjections émettent aussi 18 millions de tonnes de méthane. On le sait peu, mais nos animaux domestiques sont de gros consommateurs d’énergie. Utilisant tous les
modes de transport possibles (avec une prédilection pour le camion et le bateau), se prélassant à loisir dans les chambres froides, nos amies les bêtes à viande usent et abusent de combustibles fossiles et d’électricité.De quoi relarguer plusieurs dizaines de millions de tonnes d’équivalent
CO2 par an estiment, à la louche, les experts.

Autre détail peu connu, le bétail est également un contributeur net en dioxyde d’azote
(N2O). Ses prairies et ses champs de céréales sont de gros consommateurs d’azote qui, en
se décomposant, rejettent du N2O dans l’atmosphère, encore un GES dont le pouvoir de
réchauffement global
(PRG) fait frémir : 296 fois celui du CO2. Les terres ne sont pas seulement enrichies à coup d’engrais chimiques. Compostées ou non, les déjections des animaux d’élevage sont épandues sur la surface agricole utile. Le processus de dégradation de l’azote contenu dans ces rejets étant identique à celui des engrais, l’opération rejette de même du N2O dans l’air. En cumulant toutes les émissions de GES, conjuguées avec leur PRG, l’industrie de la viande émet environ 18% de la totalité des gaz à effet de serre anthropiques, calculent les experts de la FAO. Soit plus que les transports !


Pour lire le texte dans son intégralité, télécharger la lettre n°59(gratuite) de l'Usine à GES
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1 commentaire(s)
[1]
Commentaire par sissi Renaud
mercredi 28 octobre 2009 01:08
Je crois sincèrement que les gens ne cesserons pas de manger de la viande malgré tout le désastre quelle occasionne, seul nos dirigeants devrons tracer le chemin pour qu'un changement de direction se fasse et que le végétarisme soit plus a l'ordre du jour si on veut avor un avenir sain et durable pour nos enfants.

Il y a amplement de raisons valable pour cessez la viande, et l'humain lui en a pas besoin pour vivre alors qu'attendons-nous pour faire le grand ménage !

consulter ce blog et allez voir la section de la consommation de viande ! http://lariposteanimale.unblog.fr/


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