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Les réseaux de chaleur : une énergie gaspillée


mardi 19 juin 2012

Les réseaux de chaleur pourraient être un levier important pour permettre des économies d'énergie. Mais il y a en France de nombreux freins à cette approche collective.


Voir l'étude complète sur SIA-Conseil Energies et Environnement

L'association européenne Euroheat & Power estime que la quantité de chaleur gaspillée dans la production électrique, l'incinération et l'industrie en Europe serait équivalente à 500 milliards d'euros soit mille euros par Européen.

Dans un contexte marqué par une hausse des énergies primaires et d'une dépendance énergétique croissante, les réseaux de chaleur offrent une solution intéressante pour récupérer cette chaleur.

La chaleur représente en France la moitié de l'énergie finale consommée ce qui en fait un gisement d'économies potentielles particulièrement intéressant.




Les réseaux de chaleur : un levier pour éviter les gaspillages d'énergie


Un réseau de chaleur est constitué de centrales de production - produisant également de l'électricité par cogénération dans certains cas -reliées à un réseau de distribution par canalisations thermiquement isolées. Ces systèmes peuvent ainsi répondre aux besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire des sites résidentiels et commerciaux, ainsi que les besoins en chaleur des sites industriels.

Dans des zones urbaines relativement denses, les économies d'échelles permettent une meilleure efficacité énergétique qu'avec des systèmes décentralisés (chaudière individuelle ou collective). Avec des tuyaux isolés thermiquement, les pertes peuvent être limitées à 1°C par kilomètre, ce qui reste négligeable à l'échelle d'un quartier.
Les réseaux de chaleur représentent aussi un levier sans égal pour les énergies renouvelables. Ils offrent un débouché pérenne pour les centrales à cogénération, l'énergie de récupération des usines d'incinération des ordures ménagères, la géothermie et la biomasse. Ils jouent ainsi un rôle significatif dans l'approvisionnement en chaleur à faible contenu carbone par rapport à la production de chaleur décentralisée.

Les freins au développement des réseaux de chaleur en France

Dans les pays de l'Europe de l'est les réseaux de chaleur sont largement répandus car ils correspondent au modèle de l'économie planifiée de l'ex-Union  Soviétique. Leur taux de pénétration est bien moindre en Europe de l'ouest. Le Danemark et la Suède ont favorisé leur développement et la majorité de la chaleur qui y est consommée transite par les réseaux de chaleur. La France, elle, possède un peu plus de 450 réseaux de chaleur ne comptant que pour 6% de la chaleur livrée en France. Une part de marché bien faible face à celle de l'électricité (42%), du pétrole (33%) ou du gaz (13%).

Malgré tous les avantages des réseaux de chaleur, il n'en reste pas moins que ce sont des installations fortement capitalistiques. L'amortissement du réseau et des installations de chauffage ne peut s'effectuer que sur des périodes de l'ordre d'une vingtaine d'année. Or, les marchés libéralisés se focalisent aujourd'hui sur un rendement à court terme élevé.

Dans ce contexte, les infrastructures énergétiques devraient être supportées par des politiques publiques efficaces au nom de l'intérêt général. Un retour sur investissement adéquat doit être assuré aux investisseurs et aux opérateurs entre contrepartie des bénéfices pour la société : diminution des importations d'énergie, stabilité des prix et performances environnementales.

Il serait également intéressant d'assouplir les réglementations contractuelles et laisser la priorité aux réseaux de chaleur dans les nouvelles zones urbaines. Un chantier critique serait de faire tomber les obstacles à leur développement. En effet, les dispositifs de soutien aux pompes à chaleur et aux chaudières à condensation perturbent la concurrence en plus de l'obligation de payer des quotas de CO2, ce qui n'est pas le cas des systèmes de chauffage individuels au gaz, au fioul ou à l'électricité.
 
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9 commentaire(s)
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Commentaire par un physicien
mercredi 20 juin 2012 09:40
Plusieurs centrales nucléaires, qui rejettent beaucoup de chaleur, sont à une trentaine de km d'agglomérations. N'y a-t-il pas une opportunité à exploiter ?
[2]
Commentaire par Gépé001
mercredi 20 juin 2012 10:50
Le système le plus efficace est l'électricité,mais en chauffant les parois et en récupérant les calories de la ventilation.Est-ce si difficile d'être chauffagiste?
[3]
Commentaire par Stéfan
mercredi 20 juin 2012 15:47
"Les réseaux de chaleur : une énergie gaspillée" : drôle de titre, puisque c'est justement l'énergie qui n'est pas récupérée par les réseaux de chaleur qui est gaspillée !
[4]
Commentaire par patrig k
mercredi 20 juin 2012 20:48
@physicien qui avoue enfin que les centrales nucléaires ont un rendement déplorable, en voilà une petite avancée .. 30 km de réseaux c'est long, et les pompes , la perte en ligne ! Le plus simple physicien, c'est de délocaliser les centrales en plein centre de Paris par exemple, Nogent sur Elysée.. et la Seine pour alimenter d'uranium depuis le Niger, en bateau péniche .. En tous les cas, chapeau, ici c'est le top des spécialistes en énergie , y a pas son pareil, même à Marseille. Ils vont finir d'être jaloux, après la sardine qui bouche le vieux port, une attraction de cette ampleur et fleuron national, je ne comprends que votre idée ne soit à ce jour exploitée ... ! le titre de l'article est plutôt drôle ... n'est pas le titre qui serait gaspillé ?
[5]
Commentaire par Hervé
mercredi 20 juin 2012 21:56
La problématique de la récupération n'est pas que économique, il faut aussi faire coincider les impératifs de production avec les besoins de chaleur. Par exemple une chaufferie au bois en cogénération ne produira pas beaucoup d'électricité en été. Une usine peut être fermée pendant les congés... Seule une partie du potentiel ne sera réellement exploitable. (Mais ça peut vraiment valoir le coup dans certains cas) Concernant la cogénération nucléaire, ce type d'installation serait possible et même rapidement rentable en utilisant les centrales actuelles. Voir le sujet traité dernièrement su ce même site: - Lien -
[6]
Commentaire par un physicien
jeudi 21 juin 2012 09:46
Le rendement de la conversion chaleur-électricité est limité par le Principe de Carnot (1824) qui fait intervenir la température de la source chaude, elle même limitée par la résistance des matériaux. On peut le déplorer ...
[7]
Commentaire par Tikehau
mardi 26 juin 2012 11:50
Et le sujet tabou des gaz brûlés par l'exploitation des champs pétroliers ainsi que le raffinage du brut depuis des décennies ? combien de milliards de tonnes de gaz envoyés directement dans l'atmosphère sans aucune revalorisation ?
[8]
Commentaire par christian782
lundi 29 octobre 2012 09:41
@patrig k: 30km de réseau de chaleur ce n'est pas si long. Il y en a un de 450 km à Paris, par exemple. Mais c'est loin d'être un record en Europe. Pour info les pertes de chaleur en ligne sont très faibles, avec les tuyaux pré isolés. Beaucoup moins que les pertes sur le transport de l'électricité. Sachant qu'une partie de l'électricité produite n'est pas consommée et ,ne peut pas être stockée, à l'inverse de la chaleur, pouvez me dire quel intérêt a t on à utiliser du chauffage électrique. 70% de l'énergie consommée perdue pour moins de 20% utilisée... En Scandinavie, dans les pays de l'est, où il fait bien plus froid que chez nous, on n'hésite sur des dizaines de km de réseaux pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Pourquoi? Parce qu'il n'y a pas un lobby EDF. N'oubliez pas qu'une centrale nucléaire ne se module pas comme une centrale thermique. Le chauffage électrique et les chauffe eau électriques permettent une base de consommation continue, qui justifie les centrales nucléaires. Qui ont l'avantage de produire l'électricité à un prix peu élevé. C'est le seul avantage.
[9]
Commentaire par Hervé
lundi 29 octobre 2012 19:36
@Christian Installer une ligne THT est quand même un peu plus simple qu'un réseau de chaleur. Ce dernier est réellement utile et rentable qu'en zone urbaine relativement dense. Vous affirmez que les pertes seraient inférieure au transport électrique: à voir: Les pertes de transport de l?électricité sont de l'ordre de 6% en France. Sans compter les pertes par conduction thermique qui à mon avis sont au mieux du même ordre de grandeur, un réseau de chaleur comme toute conduites d'eau finira par fuir (mouvement de terrains...) pas sur que ce soit très performant partout sur le long terme. Accuser un "lobby d'edf" c'est un faire peu court. Le chauffage électrique ne pèse que 30% et s'est quasiment "fait sortir" par le coefficient 2.58. (Le lobby s'il existe a été très mauvais sur ce coup là). S'il y a un lobby, c'est plutôt celui du gaz, véritable concurrent du réseau de chauffage urbain en france actuellement.
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