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Trois conditions pour l'essor des énergies marines


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vendredi 19 avril 2013

La France peut avoir une grande filière dans le secteur des énergies marines, mais elle doit pour cela lever quelques barrières. La Grande-Bretagne a su le faire...


La filière française des Energies Marines Renouvelables (EMR) est dynamique et enthousiaste, ainsi que le récent salon Thétis, qui s'est tenu début avril à Brest, l'a prouvé (cf notamment "la première éolienne flottante française installée en 2014).

Les entreprises bretonnes ont la capacité de proposer plus de 300 offres techniques en couvrant une soixantaine de secteurs d'activité dans la chaîne des EMR. Les autres régions de la côte Atlantique sont également bien présentes.

Mais pour confirmer ce potentiel, trois conditions sont nécessaires :

- L'instauration d'un environnement adéquat

Le secteur attend une stratégie de développement des EMR venant des décideurs politiques. Ce qui veut dire un objectif d'installation en termes de puissance, de technologies, de zones concernées, ainsi qu'un calendrier qui dépende moins des délais administratifs.  L'économie déteste l'incertitude : les acteurs investiront dans la recherche, s'engageront dans des projets pilotes, s'ils ont la certitude d'être soutenu pour pouvoir un jour commercialiser leurs offres sur le vaste marché des EMR, en France, en Europe ou au-delà.

- La réduction des délais administratifs

Ces délais sont aujourd'hui très longs, autant pour la phase d'étude de raccordement que pour l'installation des machines. A cela s'ajoute la contrainte des délais de livraison de matériel. Aujourd'hui, entre la réponse à l'appel d'offre et l'installation, les technologies ont le temps d'évoluer, les coûts également....

- L'évolution du réseau électrique

Le réseau d'électricité doit pouvoir accueillir ces nouvelles sources d'énergie. Ce sera la capacité du réseau à transporter l'énergie des zones maritimes de production vers les zones de consommation qui déterminera les opportunités de projets.


La Grande-Bretagne porte aujourd'hui les projets les plus avancés, car elle a su précisément remplir ces conditions : une stratégie claire de développement, avec des objectifs en terme de puissance à installer, et des règles de coopération stables entre la puissance publique et le secteur privé. Elle a défini des zones d'implantation, mis en place un groupe de travail pour réduire le coût du MWh produit par l'éolien offshore, introduit l'obligation d'une part d'électricité d'origine renouvelable dans l'offre des fournisseurs d'électricité, instauré un mécanisme de soutien. De coup, l'Angleterre est en passe de se lancer dans la phase de commercialisation d'offre technique.

Les technologies françaises ne sont pas aussi matures. En France, plusieurs systèmes sont en phase de développement ou d'essai. Pour que la filière française des EMR prenneelle aussi  son essor, il sera nécessaire de lever rapidement quelques- unes de ces barrières.


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1 commentaire(s)
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Commentaire par l'offshore arrange la Technocratie
samedi 20 avril 2013 23:27
Il faut dire la vérité au gens. L'éolien marin est exactement ce que désire nos Apparatchiks radioactifs pour flinguer les ENR: une solution tellement lointaine et couteuse qu'elle justifiera finalement qu'on maintienne et développe le nucléaire. Dans le cas ou finalement les projets offshore verront le jour nos Elites auront un lot de consolation puisque c'est uniquement leurs entreprise qui en bénéficieront (aréva, edf, alsthom...et rien pour les pme et artisans). Cerise sur le gateau les projets d'éolien offshore permette de faire croire au peuple qu'on pourra se passer de l'éolien terrestre qui pourtant est (trop ?) compétitif face au nuc, tout comme le solaire.
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Auteur
Diplômée d'un master économie et droit de l'énergie de Montpellier, Gaëla Lamer a travaillé sur le développement des services énergétiques au sein d'entreprises publiques et privées et est chargée de cours...

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