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L'alléchant marché du démantèlement des centrales nucléaires allemandes


lundi 15 avril 2013

Avec l'arrêt des centrales allemandes, un marché de plusieurs milliards se profile pour leur déconstruction. Les groupes français sont sur le coup.


Voir l'article intégral de Luc André sur le magazine Paris-Berlin.

Dix-sept nouveaux réacteurs à démanteler. La fin programmée du nucléaire civil en Allemagne d'ici 2022 a été rapidement traduite en termes sonnants et trébuchants par les acteurs mondiaux de la filière. Vu l'ampleur de la tâche, tous espèrent avoir une part du gâteau.

Les groupes français du nucléaire et du BTP ne font pas exception. Les fonds sont déjà là : en vertu de leurs obligations légales, les quatre exploitants privés des centrales (E.on, Vattenfall, RWE et EnBW) ont déjà mis plus de 30 milliards en réserve.

Le périmètre du marché est plus réduit, tempère toutefois Stephan Krüger, patron de la division démantèlement d'Areva en Allemagne. « La moitié des fonds concerne le stockage de longue durée des déchets. De plus, les propriétaires des réacteurs vont réaliser une bonne partie des opérations de démantèlement eux-mêmes. Au final, au maximum un quart de ces réserves sera consacré aux appels d'offres ». Implanté de longue date outre-Rhin, où il a été un temps allié à Siemens, le géant français du nucléaire a une longueur d'avance sur les autres postulants hexagonaux. Areva vise 10% du marché, souligne M. Krüger. « Nous avons une expérience de 30 ans dans les démantèlements en Allemagne. Nous avons été impliqués dans presque tous les projets d'une manière ou d'une autre ». Areva a ainsi ces dernières années démonté les cuves des réacteurs des anciennes centrales de Stade et de Würgassen.

Parmi les grands noms du BTP français, Vinci se targue aussi d'une expérience dans cette branche en Allemagne, tandis que Bouygues fait pour l'instant l'impasse.

Alléché par les débouchés offerts dans le monde entier, le groupe Véolia Environnement s'est aussi positionné. Il a signé mi-janvier une convention avec le Commissariat français à l'énergie atomique (CEA). Cette coopération public-privé porte sur la cartographie radiologique qui permet d'optimiser le démantèlement d'un site. Si Véolia dit vouloir se faire d'abord la main en France, l'affaire est déjà traitée « au plus haut niveau » dans sa filiale allemande, fait-on savoir à Berlin.(...)

Les intervenants français peuvent s'attendre à une rude concurrence. « Le marché du démantèlement est extrêmement sensible aux prix », témoigne Stéphan Krüger. Areva et consorts trouveront sur leur chemin des champions nationaux comme le groupe public EWN, qui s'est fait la main sur les centrales de l'ex-RDA depuis la chute du Mur, les entreprises de BTP Hochtief ou Bilfinger Berger. Mais aussi des concurrents internationaux comme l'Américain Westinghouse et le Russe Rosatom.

Tous les acteurs doivent s'armer toutefois de patience. Les déconstructions des huit premiers réacteurs arrêtés à l'été 2011 ne pourront commencer qu'à l'horizon 2016, après refroidissement du combustible. Mais surtout la question du stockage des matériaux et combustibles irradiés, préalable au démantèlement, n'a pas été réglée définitivement. (...)

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