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Jean-Philippe Demont-Piérot a travaillé en Asie, où il a dirigé une importante compagnie de communication. Parallèlement, il a travaillé en qualité de journaliste d’investigation ce qui lui a valut d’être...

"Les délocalisations font partie de la stratégie de Total"


jeudi 25 fvrier 2010

Pour Jean-Philippe Demont Pierot, si Total compte réduire la capacité de raffinage française, ce n'est pas pour faire face à une baisse de la demande mondiale... Pour lui, cette stratégie s'inscrit plutôt dans une volonté de développer sa production industrielle à moindre coût.


3 questions à ...Jean-Philippe Demont Pierot, auteur de Total(e) Impunité, aux Editions KIROgraphaires.

Dans votre livre, Total(e) Impunité, vous rendez compte de "labsolue désinvolture" de la direction de Total vis-à-vis de ses salariés. Compte-tenu des faits dactualité grève à Dunkerque et dans dautres sites- que pensez-vous des arguments allégués par le groupe pour justifier de possibles fermetures raffineries ? Sont-elles vraiment devenues inutiles ?

Total est une compagnie pétrolière, lune des plus importantes au monde, qui a pour comme faculté et comme but de générer des bénéfices. Pour ce faire, elle doit maintenir et développer ses outils industriels à moindre coût. Alors, justifier de fermetures de raffineries en affirmant que la demande pétrolière a considérablement chuté ces dernières années est un faux argument ! Délocaliser ses raffineries en Asie ou en Arabie Saoudite fait partie de la stratégie de Total pour faire des économies de gestion. D autant que, dans ces pays en développement, lentreprise française bénéficiera de plus de souplesse au regard du respect des normes environnementales.

La France pourrait-elle se passer des ses raffineries ?

Dans labsolu, oui. Mais ce choix stratégique pourrait être dangereux pour lindépendance énergétique de la France. Je pense que nous devrions conserver cet outil et ce savoir-faire industriel sur notre territoire, en pensant, très rapidement, à une reconversion vers dautres modes de production énergétique. Dun autre côté, nous pouvons aussi nous demander si Christophe de Margerie, qui a manifesté à plusieurs reprises son mécontentement à légard du droit français en menaçant le gouvernement de quitter le territoire, ne voit pas, tout simplement, l'avenir de Total ailleurs

Au regard des contraintes environnementales actuelles et futures, pensez-vous que, pour conserver des emplois, ou maintenir la stratégie dune grand groupe français, il soit encore possible de jouer la carte du tout-pétrole ?

Je ne sais pas si le gouvernement français joue la carte du tout-pétrole. En tout cas, au regard des investissements réalisés par Total -150 milliards deuros- dans le pétrole dit «classique » et dans le pétrole de deuxième génération (sables bitumeux du Canada par exemple), et seulement 2 milliards dans les énergies renouvelables, on comprend aisément que la stratégie du groupe est toujours celle du tout-pétrole. Pourtant, et comme je lexplique dans mon livre, cette stratégie est vouée à léchec. Total devrait au contraire mettre en uvre une « révolution copernicienne » pour aborder un nouvel avenir énergétique au bénéfice de tous, et ne pas se satisfaire de « green painting ». Il y a, et je pense que personne ne me contredira, un bel avenir économique dans les énergies renouvelables

Propos recueillis par Léa-Sarah Goldstein
 

 
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Jean-Philippe Demont-Piérot a travaillé en Asie, où il a dirigé une importante compagnie de communication. Parallèlement, il a travaillé en qualité de journaliste d’investigation ce qui lui a valut d’être...

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