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La transition énergétique "nucléarisée" : inconscient et incohérent !


jeudi 03 octobre 2013

Le Premier ministre veut associer poursuite du nucléaire et transition écologique. Cela relève de l'oxymore...


La petite phrase de Jean-Marc Ayrault parlant de la "mise à contribution" du nucléaire pour financer l'essor des énergies renouvelables continue de faire débat. Après la prise de position de Francis Sorin (SFEN, pro-nucléaire), c'est "Sortir du nucléaire" qui au contraire s'inquiète.

Le gouvernement reprend à son compte la proposition d'EDF consistant à financer la transition énergétique... en étendant à un demi-siècle la durée de fonctionnement des réacteurs ! Une transition qui s'appuie sur le nucléaire  mérite-t-elle ce nom ? Il est inconscient de miser sur une technologie aussi coûteuse et dangereuse.

À l'issue de la conférence environnementale, Jean-Marc Ayrault a dévoilé un plan pour le financement de la transition énergétique : « Nous mobiliserons également une partie des gains financiers perçus sur le parc nucléaire existant. Pendant toute la durée de vie de nos centrales... notre parc nucléaire sera mis à contribution... ». Une allusion à la proposition d'EDF d'allonger la durée d'amortissement des réacteurs à 50 ans.
 
Pourquoi l'État a-t-il cédé à cette demande, oubliant que seule l'Autorité de Sûreté nucléaire peut autoriser cette prolongation ? La transition énergétique nucléarisée du PS est donc inspirée par les conservateurs allemands, pour lesquels l'atome est une « technologie de transition » ? Une « transition » que l'on fait durer, durer, prétendant que les alternatives ne seront jamais prêtes à prendre le relais ?

Un petit test, quelques révisions et normes supplémentaires suffiraient donc pour faire marcher la machine indéfiniment et de manière rentable ? On oublie que ces opérations coûteront plus de 55 milliards d'euros. Et surtout, c'est nier le vieillissement inéluctable des centrales, conçues pour une trentaine d'années seulement. Comment imaginer les prolonger alors que certains équipements considérés comme irremplaçables atteignent déjà leurs limites physiques : les cuves des réacteurs, qui pourraient céder après 35 à 40 ans de fonctionnement, les enceintes de confinement, dont l'étanchéité n'est déjà plus garantie,etc ?

Les réacteurs français cumulent déjà les incidents. Dans quelles conditions seraient-ils prolongés, EDF arbitrant plus en faveur de la rentabilité que de la sûreté des installations et des travailleurs ? Le sort des sous-traitants en témoigne : sous-payés, condamnés au nomadisme et à des conditions de vie précaire, ils doivent réaliser à un rythme intenable 90 % des opérations de maintenance et supporter 80 à 90% des expositions aux rayonnements ionisants.

Rappelons que même l'Autorité de Sûreté nucléaire n'exclut pas un accident nucléaire majeur en France - accident qui pourrait coûter à notre pays l'équivalent de deux années de P.I.B. ! Deux milliards de rente par an valent-ils ce risque ?

Associer poursuite du nucléaire et transition écologique relève de l'oxymore. Même en conditions « régulières », cette prolongation perpétuerait sur des décennies les ravages des mines d'uranium et accroîtrait encore le stock de déchets ingérables.

Les sommes prévues pour cette prolongation pourraient contribuer à financer une vraie transition avec arrêt du nucléaire, qui répondrait directement à nos besoins et permettrait de lutter contre l'effet de serre en créant des centaines de milliers d'emplois. En Chine, au Brésil, en Allemagne, les énergies renouvelables produisent déjà plus que le nucléaire ; en France, sous prétexte qu'elles ne pourraient pas décoller, on leur coupe les ailes...
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8 commentaire(s)
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Commentaire par Roberton
jeudi 03 octobre 2013 20:13
Enfin ce que personne ne dit, avec la diminution et la fin des fossiles, est que vous ne pourrez pas extraire, transporter et transformer les matières premières sans elles. Tout s?arrêtera en même temps, transports, construction civile, agriculture, communications etc.., car tout est interdépendant même l?énergie électrique. Retour en 1800, avant la révolution industrielle dans une vingtaine d?années. La transition est un débat qui ne mène nulle part à cause des ordres de grandeur que n?atteindrons jamais les renouvelables. http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/1972-2012-le-club-de-rome-confirme-114264
[2]
Commentaire par Roberton
jeudi 03 octobre 2013 20:14
Pour assurer l?alimentation du réseau en continu afin de répondre à la courbe de demande il faut mettre en place des capacités de production classiques, à base de combustibles compensant les périodes creuses de production des énergies intermittentes. C'est la production par les centrales au charbon, ou au lignite épouvantablement polluant; ou au gaz naturel importé en grande part de Russie créateur de dangereuse dépendance. Et le coût de l?occupation de l?espace foncier, 4000 kilomètres de lignes électriques à haute tension pour équilibrer les productions sur le territoire; des milliers de kilomètres carrés mobilisés par les panneaux et les mâts. L?injection à grande échelle dans les réseaux électriques d?une électricité dont la valeur d?usage est incertaine pose des problèmes techniques et économiques inédits. Le kW nucléaire est au minimum 50 fois moins cher que celui des fossiles en importation. (900 Millions d?euros en uranium pour plus de 60 milliards des fossiles).
[3]
Commentaire par Roberton
jeudi 03 octobre 2013 20:15
Le parc allemand de production d?électricité renouvelable, s?est construit au cours des vingt dernières années, entre 1993-2012. Le parc électronucléaire français s?est construit lui aussi sur vingt ans, entre 1970 et 1990. Les capacités installées sont équivalentes: 60 Gw en énergies renouvelables moitié éolien, moitié solaire photovoltaïque en Allemagne, soit la moitié de la puissance installée totale; 63 Gw nucléaire en France, soit 60 % de la puissance installée totale. Les coûts d?investissements réalisés sont eux aussi comparables: en euros constants l?Allemagne a investi davantage que la France 120 milliards contre 96 milliards, chiffrage récemment revalidé par la Cour des comptes. En revanche, la différence est étonnante au niveau de la production: 75 milliards de Kwh produits par an par le parc renouvelable Outre-Rhin; 410 milliards par le parc nucléaire français. 13% de la consommation du pays d?un côté (600 Twh); 74% de l?autre (550 Twh) Ainsi la moitié de la puissance installée fournit Outre-Rhin un septième de la production; en France les 3/4... La différence s?explique par l?intermittence: les capacités de production renouvelable fonctionnent 1200 heures par an (sur les 8760 que compte une année), donc restent inutilisées 87% du temps; pendant que les capacités nucléaires tournent à plein régime, 6500 heures par an, soit 75 % du temps.
[4]
Commentaire par pk
vendredi 04 octobre 2013 07:59
(900 Millions d?euros en uranium pour plus de 60 milliards des fossiles). Et les nigériens n'ont juste le droit que de se faire escroquer ... le deal "gagnant - perdant " Roberton, vous avez manqué votre vocation, crieur de bêtises irradiantes
[5]
Commentaire par Roberton
vendredi 04 octobre 2013 14:18
pk. Grand commentaire, d´une clarté cristalline, je suppose que nous escroquons aussi les Australiens et les Canadiens grands producteurs d´uranium, au Niger une des mines est exploitée en coopération à 33 % par le gouvernement du pays, Areva 56 % et la Coré du Sud 10 %, sur d´autres mines la prédominance est Chinoise à 72 % et le prix est international, comme le pétrole. Vous verser des larmes de crocodile sur le Niger, alors pleurez sur l´amiante en France, plus de 100.000 morts dans les 20 ans qui viennent. N´oubliez pas la mortalité du charbon et les guerres du Pétrole.
[6]
Commentaire par Chelya
vendredi 04 octobre 2013 16:24
L'uranium est très peu échangé sur le marché international mais dépend de contrat à long terme qui ne profitent pas aux populations qui en subissent tous les effets négatif. Il y a une raison pour laquelle on a importe la totalité de l'uranium consommé en France plutôt que de l'exploiter chez nous ! Le Canada est un très mauvais exemple : l'uranium au Canada est exploité sur les territoires des réserves autochtones, population qui n'est pas spécialement connus pour être bien traité par ce pays... Et évidemment vous vous doutez bien d'où vient l'uranium d'Australie...
[7]
Commentaire par Roberton
vendredi 04 octobre 2013 17:57
L´extraction de matières premières non renouvelables, n´a jamais été propre et ne profite qu´aux grandes compagnies (charbon, pétrole, cuivre, terres rares, uranium, or, argent, aluminium etc..) Alors, on arrête de consommer ?
[8]
Commentaire par carl
lundi 07 octobre 2013 10:02
ça veut dire quoi transition énergétique !!! ? un coût on ne veut plus de nucléaire sans co2 , un coût on ne veut plus de fossile avec co2 !!!! pour green peace c'est ni l'un ni l'autres .!!!!..c'est pas avec les éoliennes , qui saccagent nos paysages et environnement qu'on va pouvoir lutter contre l'un ou l'autre ou les deux ...!!!
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