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 - Journaliste, Club des Vigilants
Auteur
Jean-Claude Hazera, journaliste, est membre du Club des Vigilants.

Vers la deuxième phase de l'"energiewende" allemand


lundi 16 septembre 2013

Maintien dela sortie complète du nucléaire, moins de soutien réglementaire au solaire, intérêt pour le gaz de schiste : après les élections du 22 septembre, l'energiewende" allemand entrera dans une deuxième phase.


Le "Club des Vigilants"  et  l'Atelier de la République ont organisé un débat sur la transition énergétique en Allemagne, avec notamment Hans-Joachim Otto, Secrétaire d'État parlementaire du ministère fédéral de l'Économie, de l'Energie et de la Technologie en Allemagne (libéral FDP) et Christian Stoffaes, co-président du conseil d'analyse économique franco-allemand.

Extraits du débat par Jean-Claude Hazera (Club des Vigilants):

Dès le lendemain des élections du 22 septembre, que devrait gagner la chancelière Angela Merkel selon les sondages, il faudra amorcer la deuxième phase du grand « tournant » énergétique qu'a pris l'Allemagne en décidant de sortir complètement du nucléaire après Fukushima. C'est ce qu'a expliqué le 12 septembre Hans Joachim Otto dans le cadre d'une visite de deux jours à Paris destinée à expliquer la politique allemande en matière d'énergie et prendre le pouls des intentions françaises.

Selon lui, pas question de remettre en question l'objectif de sortie complète du nucléaire d'ici 2022. L'électorat allemand y est massivement attaché.

En revanche il faut intégrer dans un fonctionnement d'économie de marché les énergies renouvelables qui atteignent déjà 25% de la production (d'électricité), a-t-il dit (15%  d'éolien et de solaire, le reste étant de l'hydraulique). Objectif principal : préserver la compétitivité de l'industrie allemande et notamment des secteurs gros consommateurs d'énergie, essentiellement vis à vis des Etats-Unis qui bénéficient de l'effet gaz. L'orateur a notamment mis en cause le privilège « grotesque » dont bénéficie le solaire en Allemagne en terme de prix qui vient s'ajouter à la priorité d'accès au réseau.

Hans-Joachim Otto a été moins disert sur le reste du mix énergétique qui alimente ou alimentera l'Allemagne : gaz russe, lignite, charbon américain ... Il a juste précisé que l'Allemagne ne peut pas, comme la France, s'accorder le luxe de ne pas s'intéresser au gaz de schiste alors qu'elle sort déjà du nucléaire.

La divergence des choix énergétiques entre une Allemagne qui sort complètement du  nucléaire et une France qui envisage seulement de ramener sa part à 50% dans la production d'électricité, risque de devenir un problème, a estimé pour sa part Christian Stoffaes. Il a souligné notamment que l'accès à l'énergie a été au cœur des affrontements franco allemands du XXème siècle et que, à l'inverse, la réconciliation et la construction européenne ont commencé par là (CECA, EURATOM).

M. Stoffaes a même brandi le spectre de manifestants allemands franchissant la frontière pour marcher sur les centrales nucléaires françaises. « Aucun problème », a répondu en substance le représentant du gouvernement Merkel. La politique énergétique fait clairement partie des domaines de souveraineté nationale de chaque état membre. Il a tout au plus souligné l'intérêt de développer des recherches en commun sur le stockage de l'énergie (fondamental pour les énergies renouvelables) et l'efficience énergétique.
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3 commentaire(s)
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Commentaire par un physicien
lundi 16 septembre 2013 16:22
Bientôt l'Energie zurück wende : la fin des subventions à l'éolien et au PV donc la fin de ces énergies ( mille milliards, ça suffit ) . Restera le remplacement du nucléaire par le charbon ...
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Commentaire par Hervé
lundi 16 septembre 2013 19:12
Disons que si les Allemands s'engagent a nous vendre la moitié de leur stock de charbon à faible cout (ce qui représente 500ans d?électricité si on y associe 120000 éoliennes, quelques panneaux, quelques hydrauliennes...), on peut alors peut être s?entendre pour fermer nos centrales... Mais comme vous le dites, ces histoires de charbon ont été historiquement des sources de conflit qui ont tué et dévasté bien plus que les accidents nucléaires. Alors ....
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Commentaire par Monnier
samedi 21 septembre 2013 15:07
La sortie du nucléaire en Allemagne a commencé avec la loi de 2002, pas en 2011. -- Allemagne : nucléaire, fossiles, renouvelables -- . A l'automne 2010, le gouvernement conservateur voulait retarder la sortie du nucléaire d'une douzaine d'années. -- Au printemps 2011, la catastrophe nucléaire de Fukushima l'a obligé à revenir dans le droit chemin. --- A ce jour, l'électricité des nouvelles installations solaires de grande taille en Allemagne coûte déjà moins cher que ce qui est prévu pour l'EPR. -- En 2015, ce sera aussi le cas pour les installations moyennes de 40 kW.
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