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Bambou : nouvelle arme contre le CO2


jeudi 05 février 2009

La fabrication locale de panneaux d’aggloméré en bambou doit réduire les émissions de C02, et améliorer la condition des populations pauvres d’Amérique latine.


Colombien d’origine et chercheur-architecte à l’université du Pays Basque de Saint-Sébastien, Francisco Gallo Mejia a remporté le prix 2008 de la Fondation Altran pour l’innovation.

Vous avez conçu un nouveau matériau de construction à base de bambou. Quel est-il ?


Il s’agit de fabriquer des poutres et des panneaux de bambou composites, à partir d’une espèce bien particulière, le bambou Guadua, qui pousse abondamment et très rapidement en zones tropicales, comme la Colombie, mon pays d’origine, et dans les Caraïbes. Le bambou est coupé en fines particules puis aggloméré avec d’autres composants végétaux pour en faire un matériau de construction commode à utiliser. Appelons le provisoirement le kunth.

En quoi réduit-il les émissions de CO2 ?

A plusieurs niveaux.

D’abord, replanter le bambou –qui a été largement supprimé quand la brique et le ciment ont peu à peu remplacé la construction traditionnelle en bois- aboutit à recréer des espaces végétaux qui favorisent la captation du CO2 de l’atmosphère.

Ensuite, la construction du bambou aggloméré peut se faire dans de très petites unités industrielles, de taille familiale, donc localisables tout près à la fois des zones de culture et des zones d’habitation. Ces unités seront beaucoup moins consommatrices d’énergie et émettrices de gaz à effet de serre que les grandes cimenteries. Elles utiliseront moins d’eau et sont incomparablement moins polluantes.

Enfin, le produit final a de bonnes qualités d’isolation thermique, semblables à celles du bois. Des maisons construites avec lui permettent des économies de chauffage, donc une fois encore moins de C2 dans l’atmosphère.

En tant qu’avocat d’un habitat durable, vous insistez aussi beaucoup sur les aspects sociaux et solidaires des techniques ?

Oui, l’idée est de faire en sorte que toute la chaîne puisse être prise en main par des populations locales. Avec un peu de micro-crédit, elles doivent pouvoir assurer la production de bambou, la gestion des petites unités de transformation, la construction des maisons elles-mêmes.

Ces populations pauvres trouveront donc une double satisfaction : d’une part une solution à la crise du logement, et d’autre part du travail.

Comment voyez vous le développement de votre projet ?

Tout à fait localement. Ce n’est pas un produit destiné à l’exportation. On perdrait, via le transport, tout le bénéfice de la réduction de CO2. Une maison prototype sera construite prochainement et dès 2010, le kunth pourrait commencer à être produit industriellement.

Le développement peut être notamment envisagé dans les zones qui ont besoin d’être reboisés, avec l’aide de programmes publics ou d’ONG.

(Une interview par Newsteam)

Le Prix 2008 de la Fondation Altran avait pour thème « Réduire la concentration de CO2 dans l’atmosphère".

Photo : wikimedia commons
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1 commentaire(s)
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Commentaire par MALVY Michel -France -
vendredi 06 février 2009 14:36
Bonjour,
Nous travaillons également sur l'élaboration de différents produits à base de fibres de bambou " moso" géant. Notre savoir faire industriel est unique et exclusif, Nous aimerions pouvoir nous rapprocher et aider monsieur Gallo Meija. Nous exploitons un gisement naturel de 150 000 hectares dans les hauts plateaux de thailande et les propriétes isolantes et structurelles du bambou sont excellentes.merci d'avance!
Michel MALVY.>>> bamboofiberstechnology@gmail.com
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