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Auteur
Emmanuel Gourbesville est consultant à SIA-Conseil Energies.

Les barrages français vont s’ouvrir à la concurrence


lundi 12 septembre 2011

Il y a eu du retard mais cela va venir : les premiers appels d’offres ouvrant les concessions des barrages hydroélectriques français, jusqu’alors chasse gardée d’EDF et de GDF-Suez, sont prévus à la fin de l’année.


Article par Aliette Lacroix et Emmanuel Gourbesville.

Progressivement, d'ici 2030, quelque 25 ouvrages, dans les Alpes, les Pyrénées, le Massif central, pourront changer de mains.

De nombreuses sociétés ont déjà marqué leur intérêt : l'allemand E-On, l'italien Enel, l'espagnol Iberdrola, le norvégien Statkraft, le suédois Vattenfall, le finlandais Fortum, les suisses Alpiq, BKW, Axpo ou des nouvelles sociétés françaises de production d'électricité comme Direct Energie. Sans oublier bien sûr EDF et GDF-Suez...

(voir l'article complet sur SIA-Conseil)

 Depuis la nationalisation de 1946, les concessions sont détenues à 80% par EDF et à 17% par des filiales de GDF SUEZ, la SHEM et la CNR. Tandis que les deux énergéticiens historiques chercheront à conserver leurs positions, leurs challengers européens vont tout faire pour s'introduire sur le marché français de la production hydroélectrique. L'opportunité d'augmenter la production propre, tout en accroissant la part renouvelable dans le mix énergétique, attise les convoitises, d'autant que les gisements de "houille blanche" en Europe sont saturés. Gagner une concession hydraulique peut également s'inscrire dans une stratégie industrielle d'implantation en France plus globale.

Trois critères essentiels


(...) D'ici 2015, 20% des concessions, représentant une puissance de 5,3GW, seront ainsi renouvelées par vallées. Une deuxième vague suivra entre 2020 et 2030. Au bout de trois ans d'instruction, la décision d'attribution sera donnée. (Cliquez ici pour le calendrier des fins de concessions)

Les candidats sont attendus sur trois critères officiels. Un critère économique impose aux concessionnaires de verser une redevance, plafonnée et proportionnelle au chiffre d'affaires lié à l'ouvrage, qui profitera de manière égale aux collectivités locales et à l'Etat. Un critère d'efficacité impose aux candidats d'augmenter de 20 à 30% la puissance installée de leurs ouvrages, et de garantir une capacité de modulation.

Enfin, un critère de « mieux-disance » environnementale permettra de juger les candidats sur leur aptitude à protéger les écosystèmes avoisinant les ouvrages. Ce dernier point s'inscrit dans la continuité de la Convention d'engagements pour le développement d'une hydroélectricité durable du 23 juin 20105, signée par le Ministère de l'écologie, les parties prenantes locales et les opérateurs principaux.

Au-delà de ces critères officiels, l'offre gagnante devra impérativement satisfaire d'autres exigences. Il faudra convaincre les parties prenantes locales : élus, associations de loisirs, et plus généralement tous les usagers de l'eau, grâce à un projet de territoire innovant. Elles devront également couvrir le volet social en détaillant les conditions de reprise du personnel d'exploitation : mobilité, maintien a minima des acquis sociaux, salaires, primes, sont autant de points sur lesquels les syndicats seront vigilants.
(...)

L'importance d'une offre environnementale innovante


La valorisation des critères économique et énergétique étant suggérée par l'Etat, le cadre de la mise en concurrence laisse peu de marge dans la rédaction des offres. Les leviers de différenciation porteront donc sur d'autres aspects qui font appel à l'imagination des candidats. Le critère environnemental rassemble un éventail très large de propositions possibles (protection de la biodiversité, les débits réservés, la pollution des sols,...).

Le projet de territoire dépendra des souhaits exprimés par chacune des parties prenantes locales. Il exigera un important travail d'information et de lobbying. Pour ces deux critères, les candidats doivent s'appuyer sur leurs expériences pour proposer des solutions innovantes et satisfaisant les contraintes et attentes locales. Les offres s'annoncent très élaborées et très diversifiées puisque les candidats déclarés sont d'horizons très variés (cliquez ici pour visualiser les candidats intéressés).

Les candidats sont dans l'attente d'annonces du ministère. Il faudra toutefois attendre la fin de l'année pour savoir si la nouvelle échéance du lancement du premier appel d'offres sera tenue. Les candidats doivent rester mobilisé et à mettre à profit le délai imposé pour affiner leur copie et se préparer à un premier semestre 2012 très chargé.
 
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Emmanuel Gourbesville est consultant à SIA-Conseil Energies.

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