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Gilles Koléda est docteur en économie de l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne. Responsable des études au sein de Coe-Rexecode, Gilles Koléda est en charge de travaux portant sur la politique économique...

Eolien et solaire : quel surcoût pour le consommateur ?


lundi 26 octobre 2009

Les énergies renouvelables comme le solaire et le photovoltaïque imposent un surcoût aux consommateurs et à l'économie française. Mais il baissera si le coût de l'énergie augmente et il peut être compensé par une politique industrielle ambitieuse.


La France a consommé en 2008 environ 485 terawattheures d’électricité (40 milliards d’euros). Selon les prévisions actuelles, la production électrique augmenterait d’environ 50 terawattheures d’ici 2020. Le choix affiché est de donner la priorité aux énergies renouvelables (notamment
l’éolien et le photovoltaïque).

Le programme de développement envisagé par le « Grenelle de l’environnement » vise un objectif de production de 59 terawattheures d’électricité d’origine éolienne et de 5,3 terawattheures d’électricité d’origine photovoltaïque pour l’année 2020. (L’éolien représenterait alors environ 10 % de la production électrique, le photovoltaïque 1 %).

Dans cette étude Coe-Rexecode, nous avons procédé à une évaluation socio-économique de ce programme (bilan des coûts et des avantages, y compris bien sûr sur l’avantage environnemental. Les principales conclusions sont les suivantes :

1. Le programme permettra d’économiser 5,5 millions de tonnes de CO2 (soit environ 15 % des émissions de la production actuelle d’électricité). Convertis en euros, cela représente un avantage environnemental cumulé de 4,5 milliards d’euros sur la période 2007-2040 (en euros constants).

2. Le programme imposera en contrepartie un surcoût pour les consommateurs et pour l’économie française, surcoût qui pèsera sur le pouvoir d’achat. Sur toute la période, ce surcoût est de 16 milliards d’euros si le prix du pétrole atteint 150 dollars le baril en 2020. Le bilan socio-économique serait donc fortement négatif.

3. Plus le prix de l’énergie augmenterait, moins le surcoût des énergies renouvelables serait élevé. Au-delà d’un prix du pétrole de l’ordre de 150 dollars le baril, le surcoût deviendrait un bénéfice économique pour l’énergie éolienne terrestre, mais ni pour l’énergie éolienne maritime, ni pour le photovoltaïque qui impliqueront toujours des surcoûts élevés. Le bilan du programme photovoltaïque resterait négatif même avec un prix du pétrole de 250 dollars en 2020.
4 commentaire(s)
[1]
Commentaire par enr
mardi 27 octobre 2009 09:42
Cette analyse me semble incomplète.
En effet, dans le cas de l'éolien, tous les coûts sont intégrés (études, construction, exploitation, démantèlement et remise à l'état initial du site).
En revanche,c'est loin d'être le cas de toutes les énergies, en particulier en ce qui concerne l'énergie nucléaire pour laquelle le coût affiché n'intègre aucunement le démantèlement, le coût environnemental de l'approvisionnement en matière première puis la gestion des déchets pour lesquels nous n'avons pas de solution à ce jour.
C'est une différence de taille qu'il conviendrait d'intégrer pour réaliser une réelle comparaison.
[2]
Commentaire par Dunc
mardi 27 octobre 2009 10:04
Et pourquoi toujours tout ramener au nucléaire? Cette remarque me semble d'autant plus déplacée que si nous payons si peu cher notre électricité (une des moins chères du monde).

Cet article est donc très bien pour ce qu'il est sensé traité : le surcoût de ces deux énergies par rapport au fossile tant qu'on aura un baril en dessous de 150$. Les chiffres sont crédibles et montre bien l'avantage concurrentiel que des éoliennes raisonnablement placée pourront apporter à l'économie
[3]
Commentaire par Acket
mercredi 28 octobre 2009 17:51
Le rapport écrit que « les centrales nucléaires fonctionnent pratiquement en continu alors que la demande d’électricité connaît des fluctuations ».
Cette déclaration est totalement fausse, voir « nucléaire et suivi réseau » sur www.sauvonsleclimat.org
Le nucléaire, participe, pour une large part, aux variations journalières et annuelles des besoins. Ceci autant qu’il le peut, c'est-à-dire, tant qu’il n’a pas atteint son maximum disponible.
L’appel à des sources fossiles n’est pas lié à une impossibilité technique du nucléaire de répondre aux variations des besoins, mais essentiellement à un manque de capacité installée . Il suffit d’aller sur le site de RTE pour le vérifier
En ce qui concerne l’aspect financier de l’arrivée de l’éolien et du photovoltaïque, il faut rappeler que pour promouvoir ces sources d’électricité, il a été institué le rachat obligatoire du courant, aux taux de :
- 8,3 c€ /kWh pour l’éolien (13 offshore)
- 30 c€/kWh pour le photovoltaïque (55 intégré )
Ces tarifs de rachat ne sont pas à comparer au prix du marché, mais au coût évité des autres moyens de production. Ces coûts évités, sont estimés à 0.6 c€/kWh pour le nucléaire, 4,4 pour le charbon et 6 pour le gaz. L’essentiel de la fourniture d’électricité étant nucléaire, c’est ce dernier qui devra, le plus, ajuster sa puissance. Le surcoût annuel serait ainsi de 7.8 milliards d’€, qui ne peut être justifié par la baisse des rejets de gaz carbonique, que le nucléaire n’émet.
[4]
Commentaire par alexandre
mercredi 28 octobre 2009 20:10
merci pour cet article très intéressant...

néanmoins, a-t-on pris en compte dans cette étude le potentiel de réduction des coûts du photovoltaïque, énorme comparé à l'éolien ? Ce ne sont que des projections bien sûr, mais le photovoltaïque n'est il pas supposé atteindre la parité réseau avant 2020 ?
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Gilles Koléda est docteur en économie de l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne. Responsable des études au sein de Coe-Rexecode, Gilles Koléda est en charge de travaux portant sur la politique économique...

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