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Nucléaire : pour un grand bond en avant


mardi 03 février 2015

L'Agence Internationale de l'Energie (AIE) estime dans une "feuille de route" sur l'énergie nucléaire que le secteur est essentiel à la transition énergétique et à la lutte contre le réchauffement climatique.


Voir le site "L'énergie en questions"


L'Agence Internationale de l'Energie, en partenariat avec l'Agence de l'Energie Nucléaire, a publié une feuille de route sur l'avenir de l'énergie nucléaire. Depuis la dernière feuille de route de 2010, la situation a changé. La crise économique et la catastrophe de Fukushima sont venues perturber le marché du nucléaire et diminuer les investissements dans la filière, qui doit faire face à de nouvelles exigences, en matière de sûreté principalement.

Malgré cette conjoncture, le rapport insiste sur le développement du secteur au niveau mondial et l'importance de l'énergie nucléaire dans le contexte de la transition énergétique. « Ses avantages en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de production compétitive d'électricité et de sécurité d'approvisionnement font de cette technologie un atout pour un secteur de l'énergie sûr, compétitif et durable » a déclaré Maria van der Hoeven, la directrice exécutive de l'AIE (voir son discours).

Les Etats-Unis sont le premier producteur d'électricité d'origine nucléaire du monde, avec une centaine de réacteurs en activité (105 GW de puissance). En Europe, le nucléaire représente un quart de la production d'électricité. La France est le premier producteur régional. La Pologne, le Royaume-Uni et la Turquie ont l'intention de développer fortement leur capacité de production nucléaire.

Mais c'est en Chine que la croissance du secteur est la plus impressionnante: sur les 72 nouveaux réacteurs en construction dans le monde, 29 sont chinois. Le gouvernement chinois s'est fixé l'objectif d'accroître ses capacités installées de 17 GW aujourd'hui à 58 GW en 2020.

« Les capacités nucléaires doivent plus que doubler d'ici à 2050 »

Ainsi, l'énergie nucléaire est la première source d'électricité bas-carbone dans les pays développés (de l'OCDE) et la seconde source au niveau mondial. Mais cela ne suffira pas à éviter le réchauffement climatique selon l'AIE: « pour limiter efficacement l'augmentation des températures a 2 degrés, les capacités nucléaires doivent plus que doubler d'ici à 2050 » indique Maria van der Hoeven.

Le GIEC (Groupe international d'experts sur le climat) a évalué que pour que la hausse des températures ne soit que de 2 degrés, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre liées a la production d'énergie soient divisées par deux. Pour atteindre cet objectif ambitieux, l'AIE estime qu'il faut utiliser tous les moyens à notre dispositions et que l'on ne peut pas se passer du nucléaire.
Le scénario sur lequel ont travaillé les experts du rapport estime qu'il faudrait que chaque année soient installés environ 12 GW de nouveaux réacteurs nucléaires au niveau mondial. A ce rythme, le secteur nucléaire mondial atteindrait 930 GW en 2050 (contre seulement 396 aujourd'hui).

Les experts estiment qu'une part du nucléaire dans le mix électrique mondial d'environ 17% est souhaitable. Nous en sommes encore loin, et ces dernières années, du fait de craintes dans l'opinion publique et de la crise économique, la part du nucléaire dans la production électrique mondiale s'est réduite de 10%.

Restaurer la confiance après Fukushima et attirer les investisseurs

Pour l'AIE il est donc urgent de restaurer la confiance dans l'énergie nucléaire. Il faut tirer les enseignements de Fukushima et aller de l'avant. L'AIE rappelle que la catastrophe n'a pas causé de mort directe par irradiation et que depuis les conditions de sécurité ainsi que les technologies mises sur le marché avaient été significativement améliorées. Sur ce point, la France est à l'honneur, avec des félicitations de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), qui n'a rien trouve à redire sur la sûreté nucléaire française.

Le secteur va faire face à un défi important dans les années à venir, avec la fermeture et le démantèlement de nombreux réacteurs d'une génération qui arrive en fin de vie. Dans un contexte ou le capital est rare, il faut minimiser ces dépenses. Le rapport conseille d'allonger au maximum la durée de vie des centrales pour rentabiliser les investissements, en développant des technologies qui permettent le maintien de conditions de sûreté optimale. Mais il faut également relancer les investissements dans de nouvelles centrales.

(...)



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7 commentaire(s)
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Commentaire par Gépé
mardi 03 février 2015 17:27
Il faut utiliser la notion de rente nucléaire pour justifier l'énergie nucléaire.
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Commentaire par Gépé
mardi 03 février 2015 17:30
L'analyse n'est pas uniquement écologique mais aussi économique.
[3]
Commentaire par Gépé
mercredi 04 février 2015 10:15
Il y a l'énergie qu'on achète et qui appauvrit et l'énergie qu'on produit et qui enrichit.
[4]
Commentaire par Monnier
mercredi 04 février 2015 10:53
Dans le nucléaire, il y a loin du rêve de ses promoteurs à la réalité. --- Lire > http://energeia.voila.net/nucle/nucleaire_prevision_realite.htm --- En 1975, l'agence du nucléaire prévoyait qu'il y aurait 3.600 à 5.300 GW installés en 2000, 25 ans plus tard. La réalité s'est limitée à 351 GW. --- Les prévisions de 1991 sont du même tonneau ou presque. --- Alors, les prévisions pour dans 35 ans ! --- Pour une énergie sûre, il suffit de se rappeler ce qui s'est passé au Japon récemment. Cette agence a une notion très particulière de la sécurité.
[5]
Commentaire par 430 Milliards par réacteur
mercredi 04 février 2015 12:31
Elle est bonne ! Face au déclin continu du nucléaire, (moins de 2 % de l énergie mondiale, et ça baisse tout le temps) il ne reste que la méthode Coué à ce pauvre lobby nucléocrate ! Remarque, ils n ont pas tout à fait tort, le plus dur sera « de restaurer la confiance des investisseurs ». Essayez de convaincre quelqu un de sensé d investir 3 ou 4 milliards (et on lui en facturera 8,5) pour produire dans 10 ans (si tout va bien) une électricité 2 fois plus chère que l éolien (dixit cour des comptes) ou au même prix que le solaire. Ah, oui en plus, il faut qu il accepte le risque de devoir déménager pour quelques siècles et d engloutir le PIB de son pays si jamais, ça pette. Et comme ça pette en moyenne tous les 10 ans, bon courage, c est pas gagné !
[6]
Commentaire par Monnier
mercredi 04 février 2015 14:33
Comme le CO2 est l'un des arguments publicitaires du nucléaire, on peut regarder ce que cela changerait s'il n'y avait plus un seul réacteur nucléaire dans le monde. --- C'est ici > http://energeia.voila.net/nucle/sans_nucleaire_co2.htm --- La production d'électricité ne contribue que pour 21% des émissions de gaz à effet de serre, le CO2 n'étant qu'une partie de ces gaz. A comparer aussi avec les émissions de GES dues à l'élevage et à la déforestation. --- Remplacer tous les réacteurs nucléaires n'augmenterait que de 4,3% les GES avec des centrales à charbon modernes (supercritiques), de 2,1% avec des centrales à gaz et de 0% avec des énergies renouvelables. --- L'inverse, remplacer toutes les centrales à charbon par du nucléaire, est impossible. --- Maintenant, si les fumées de combustion posent des problèmes du fait de leur composition, le CO2 est sans danger et n'a pas grand chose à voir avec le climat.
[7]
Commentaire par Hervé
mercredi 04 février 2015 19:48
Selon Monnier le nucléaire ne pesé rien et est très couteux, il faut l'abandonner. Pourquoi pas, mais dans ce cas, remarquer que l?énergie solaire PV + éolien ne pèse que 2.4% du mix Allemand pour un investissement de plus de 300 milliards. Donc si on suit le raisonnement de monnier, il faut aussi abandonner ces énergies peu efficaces et hors de prix pour finalement ne consommer que des énergies fossiles. Vous ne travailleriez pas pour GDF / Gazprom par hazard?
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