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| [1] | Commentaire par Serge - vendredi 13 mars 2009 15:17 Monsieur le Ministre, votre analyse est intéressante, mais n'êtes vous pas trop dans la symbolique, celle de l'"axe franco allemand" ? Les restructurations industrielles doivent obéir à des logiques économiques, désormais à une échelle mondiale qu'on le veuille ou non, voire à des considérations de real-politik loin du symbole. Ce n 'est pas nouveau. Lorsque Siemens et Framatome ont trouvé un intérêt à travailler ensemble à la fin des annes 80, ce n'était pas pour satisfaire à "l'axe franco-allemand". Framatome avait d'abord pensé racheter la partie nucléaire de Westinghouse mais le projet avait échoué sous l'influence du gouvernement américain. Siemens était affaibli par des échecs en Chine et par le mouvement anti-nucléaire consécutif à Tchernobyl. Aujourd'hui, sur quelle réalité bâtir l'idée d'un "champion européen" ? Sur l'hostilité à la Russie ? Les pro-Européens contestent l'idée de "champion national", pourquoi avancent-ils le même concept à un niveau "régional", plus grand mais pas différent par nature ? L'avenir est-il à des régions fermées sur elles-mêmes ? Merci en tout cas pour lancer ces débats. [Réponse de l'auteur] Merci de poursuivre le débat. Je souhaiterais pouvoir vous suivre. Malheureusement, le nucléaire n'est pas une industrie banale, que l'on puisse laisser au hasard du marché. Vous rappelez vous-même l'intervention politique des USA dans l'affaire Westinghouse. Des coupures de gaz à l'Ukraine à la construction de l'usine iranienne de Bouchher, en passant par les gazoducs si éminemment stratégiques et les palinodies sur les octrois de permis de recherche à Sakhaline et en mer arctique, toute la politique russe de l'énergie est guidée par des considérations exclusivement politiques : Gazprom n'est-il d'ailleurs pas le principal centre de pouvoir à Moscou, et la pépinière des dirigeants politiques ? Quand Renault se marie à Nissan, ou quand Mittal s'empare d'Arcelor, vive le marché, et peu importe s'il n'y a plus de champion national, ni européen, ni franco-allemand. Mais dans l'énergie, dans le nucléaire, dans la relation avec la Russie telle qu'elle est aujourd'hui, que Paris et Berlin se mettent en position d'avoir un jour des intérêts différents, non pas économiques (c'est la vie de tous les jours), mais bel et bien stratégiques, alors là, je crie "casse-cou". Alain Lamassoure |
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