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« Il va falloir 120 jours pour décontaminer l'eau stockée à Fukushima. »


lundi 11 juillet 2011

Rémy Autebert, président d'Areva Japon, fait le point sur l'opération de décontamination des eaux de refroidissement du réacteur de Fukushima. Une interview par Charles Haquet.


« Des dizaines d'années ». C'est, selon le premier ministre japonais, Naoto Kan, le temps qu'il faudra pour décontaminer le site nucléaire de Fukushima. Bonne nouvelle, toutefois : le traitement des 110 000 tonnes d'eau qui ont servi à refroidir le réacteur, a commencé. Interview de Rémy Autebert, président d'Areva Japon, qui a mis au point avec d'autres industriels - dont Veolia - un système permettant de recycler les eaux radioactives.

Interview par Charles Haquet, à Tokyo. Photo Jérôme Chatin.


L'Expansion/ Quand avez-vous commencé à travailler sur ce projet ?


Rémy Autebert/ Nous avons proposé une solution à l'électricien Tepco le 7 avril. Le problème était complexe, il y avait de fortes contraintes. Il fallait traiter une eau très contaminée, en gros volumes. Nous savions le faire, mais en petites quantités. Nous nous sommes associés avec Véolia, qui, lui, sait gérer de grosses quantités d'eau. Les délais étaient courts : il fallait intervenir en six à huit semaines. Nous n'avons pas le temps de fabriquer des installations spécifiques, il fallait trouver des solutions avec des équipements existants. Dans les dernières semaines d'avril, nous testions notre système dans notre site de la Hague. Le 17 mai, nous installions le dispositif à Fukushima et le 17 juin, nous lancions le process.
 
L'Expansion/ Justement, comment fonctionne-t-il ?

Rémy Autebert/ Le système global compte cinq étapes. D'abord, il faut séparer l'huile de l'eau. Puis il faut absorber le césium. C'est une société américaine, Kurion, qui s'en occupe. C'est là que nous intervenons. L'eau passe dans des cuves. Nous y injectons alors une poudre chimique qui se fixe sur les éléments radioactifs. Alourdis, ceux-ci tombe au fond de la cuve, ils se transforment en boue. Cette boue radioactive est alors stockée dans des cuves étanches. Par ce procédé, nous réduisons les volumes par vingt - soit, au final, 5000 tonnes de boue.
 
L'Expansion/ A ce stade, l'eau est-elle décontaminée ? Que devient-elle ?

Rémy Autebert/
Elle est dessalée par un processus d'osmose inversé. Ce sont les groupes Hitachi et Toshiba qui s'en occupent. L'eau passe ensuite dans des évaporateurs, elle est récupérée pour arroser les réacteurs. Autrement dit, elle reste en circuit fermé.
 
L'Expansion/ Combien de temps va-t-il falloir pour traiter les 110 000 tonnes d'eau stockée par Tepco ?

Rémy Autebert/ A plein régime, le système est capable d'absorber 1200 tonnes par jour. Nous en sommes déjà à 18 000 tonnes. Il faudra plus de 120 jours pour traiter toute l'eau radioactive. 
 
L'Expansion/ Combien ce dispositif a-t-il coûté à Tepco ?

Rémy Autebert/
450 millions d'euros. Et nous représentons 15% de cette somme - près de 67 millions d'euros.
 
 
2 commentaire(s)
[1]
Commentaire par Marie
mardi 12 juillet 2011 11:18
Areva fait disparaitre d'un coup de baguette magiques des substances radioactives avec des demi vies de milliers d'années.
Bravo belle propagande !
En plus, résultat du forcing gouvernemental français 5 entreprises différentes gèrent la décontamination de l'eau dont 2 françaises. le système s'arrête tous les jours et fonctionne en sous capacité.
[2]
Commentaire par Dartreuse
mercredi 13 juillet 2011 19:02
Bonjour,
Question de principe, peut-être, mais en français, on ne dit pas process mais procédé ou processus. (avec une nuance de sens, le français ne se résume pas dans l’à peu près du of anglo-saxon).
Que dirait Saint-John Perse ou Le Clézio de ce charabia....
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