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- Université Paris Dauphine
Auteurs
Camille Spegt, 24 ans, est étudiante à l'Ecole de formation du Barreau de Paris.

L'efficacité énergétique, première ressource énergétique européenne à l'horizon 2020


vendredi 28 février 2014

Si l'Europe atteignait son objectif de 20% d'économies d'énergie d'ici 2020, l'efficacité énergétique deviendrait alors la première "ressource" énergétique européenne, c'est-à-dire non importée,


Cet article de Valérie Petat et Camille Spegt a remporté le 9eme prix du concours Génération énergies organisé par "la chaîne Energie", SIA-Partners et RTE.

Mise à l'honneur par François Hollande lors de ses voeux aux Français pour 2014 (1), l'efficacité énergétique est communément définie comme consommer moins d'énergie pour un même niveau de service. Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) notait  au printemps 2013 que l'efficacité énergétique constituait "la première source potentielle d'énergie domestique à l'horizon 2020", pour peu qu'elle bénéficie de politiques de soutien adéquates (2). Si l'efficacité énergétique a vocation à occuper une place majeure dans le bouquet énergétique national, l'avenir du mix énergétique européen ne se trouverait-il pas, lui aussi, dans les économies d'énergie? C'est en tout cas l'ambition des institutions européennes avec l'adoption en 2012 de la Directive Efficacité Energétique, qui vise une amélioration de 20% de l'efficacité énergétique d'ici 2020.






















Consommation d'énergie finale de la France en 2020 selon le plan national
d'action sur l'efficacité énergétique (PNAEE, CESE (2013,13)



Les promesses de l'efficacité énergétique  


L'Agence Internationale de l'Energie (AIE) souligne que l'efficacité énergétique est le moyen le moins onéreux de réduire les émissions de gaz à effet de serre ; elle représente ainsi la moitié de l'effort permettant de limiter le réchauffement climatique à 2°C, le reste provenant notamment des renouvelables et du nucléaire (3). Au-delà de la protection du climat, l'AIE vante les bénéfices économiques de l'efficacité énergétique en termes d'emploi et de compétitivité. Les études montrent que chaque million d'euros investi dans un projet d'efficacité énergétique crée entre 17 et 19 emplois directs et indirects, plus que tout autre investissement dans l'énergie (4). En outre, en 2013, l'Europe a dû débourser 390 milliards d?euros pour ses importations de pétrole, de gaz et de charbon, une facture en forte progression et qui représente désormais 3,2% de son PIB (5).

 Réduire la consommation d'énergies fossiles permettrait de résorber le déficit énergétique européen, en partie responsable de la perte de compétitivité du continent. Ce faisant, l'Europe améliorerait également sa sécurité énergétique, en limitant la dépendance aux ressources énergétiques importées mais aussi en exerçant une pression à la baisse sur des prix de l'énergie par ailleurs fortement orientés à la hausse. En somme, l'efficacité énergétique offre une solution inédite au "trilemme" de la politique énergétique : elle satisfait simultanément les trois objectifs incontournables (mais souvent contradictoires) de toute politique énergétique que sont la sécurité d'approvisionnement, la compétitivité et la soutenabilité environnementale.




L?efficacité énergétique, pierre angulaire de la politique énergétique européenne

Au regard des disparités dans la composition des mix énergétiques nationaux, l'évocation d'un mix énergétique européen laisse dubitatif. Tandis que la France a banni la fracturation hydraulique dès 2011, la Pologne sonde son territoire à la recherche de gaz de schiste. Alors que l'Allemagne poursuit sa sortie du nucléaire, le Royaume-Uni le développe pour décarboner sa consommation énergétique.

Comment l'Union peut-elle réconcilier ces visions ? Face à l'inégale dotation des territoires en ressources exploitables, aux velléités des Etats de favoriser certaines sources d'énergie et à la diversité des contextes géopolitiques, la mission est presque impossible, d'autant plus que les contraintes politiques à l'élaboration d'un mix énergétique commun trouvent écho sur le plan juridique. Si le traité de Lisbonne introduit une base juridique spécifique pour permettre à Bruxelles de mener une véritable politique de l'énergie (6), il affirme la souveraineté des Etats-membres dans la détermination de leur mix énergétique (7). Ce carcan institutionnel empêche l'Union d'influencer la composition des mix énergétiques nationaux, mais il lui permet d'agir sur l'ampleur de la demande (8).

Le statut de l'efficacité énergétique comme un des seuls points de rencontre des politiques énergétiques nationales explique le choix de Bruxelles d'en faire un axe directeur de sa politique de l'énergie.  En 2008, le Paquet "Energie-Climat" fixait, entre autres objectifs, une amélioration de 20% de l'efficacité énergétique d'ici 2020. La Directive "Efficacité énergétique", adoptée par l'Union à l'automne 2012, donne aux Etats européens les moyens d'atteindre cet objectif. Elle oblige notamment ces derniers à rénover 3% de leur parc immobilier chaque année, et les fournisseurs d'énergie à réduire d'1,5% par an leurs ventes d'énergie dès 2014 (9). Un défi majeur pour de nombreux énergéticiens, qui devront opérer un changement rapide de leur business model, de la vente d'énergie uniquement à une offre plus complète incluant des conseils en économie d'énergie.
























Une hypothèse réaliste


Si l'Europe atteignait son objectif de 20% d'économies d'énergie d'ici 2020, l'efficacité énergétique deviendrait alors la première "ressource" énergétique européenne, c'est-à-dire non importée, à cette échéance. Les obstacles pour y parvenir sont nombreux, particulièrement sur le plan financier. La Commission estime en effet qu'un tel projet nécessitera d'investir 24 milliards d'euros par an jusqu'en 2020 (10).

Cet objectif demeure malgré tout réaliste, comme en témoigne l'expérience danoise, dont s'est inspirée la Directive. Le cadre règlementaire danois oblige les fournisseurs d'énergie à aider financièrement leurs clients à réaliser des économies d'énergie. Ces coûts sont pour partie répercutés dans les prix de l'énergie, mais indolores pour les ménages grâce aux baisses de consommation occasionnées. L'énergéticien danois DONG Energy a ainsi réalisé 330 GWh d'économies d'énergie chez ses clients en 2011, et prévoit de doubler ce résultat d'ici 2015 (11).

Le succès de l'efficacité énergétique comme partie intégrante du mix énergétique européen dépend désormais du volontarisme des Etats-membres dans la transposition de la Directive, qu'ils ont l'obligation d'effectuer en juin 2014 au plus tard.



NOTES
1. "Je veux que notre pays accomplisse sa transition énergétique. Les objectifs en sont clairs : faire des économies d?énergie, rénover nos logements, lutter contre le réchauffement climatique, soutenir l?artisanat mais aussi une nouvelle industrie qui émerge grâce à la transition énergétique ". Voeux du Président de la République aux Français, 31 décembre 2013.
2. Conseil Economique, Social et Environnemental (2013, 12). Pour les références complètes, voir Sources.
3. AIE, World Energy Outlook (2012, 252). Voir Sources.
4. AIE (2013). Voir Sources.
5. AIE, « Competitiveness and energy » (Présentation de Fatih Birol, Chef Economiste, à Vilnius), 2013, ; http://static.eu2013.lt/uploads/documents/1104_prezentacijos/Fatih_Birol_Competitiveness%20&%20energy.pdf>. Pour la conversion des devises, le taux de change moyen pour 2013 a été utilisé (1? = 1,3307$), voir Banque Centrale Européenne, « Euro exchange rates US dollar », ;http://www.ecb.europa.eu/stats/exchange/eurofxref/html/eurofxref-graph-usd.en.html>.
6. Article 194 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.
7. Article 192 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (paragraphe 2) : "Par dérogation à la procédure de décision prévue au paragraphe 1 et sans préjudice de l?article 114, le Conseil, statuant à l?unanimité conformément à une procédure législative spéciale arrête [...] les mesures affectant sensiblement le choix d'un Etat membre entre différentes sources d?énergie et la structure générale de son approvisionnement énergétique."
8. Article 194 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (paragraphes 1 et  2): "La politique de l'Union dans le domaine de l?énergie vise [...] à promouvoir l'efficacité énergétique et les économies d'énergie. [...]Le Parlement européen et le Conseil, statuant conformément à la procédure législative ordinaire, établissent les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs visés au paragraphe 1.
9. "Rôle exemplaire des bâtiments appartenant à des organismes publics" (article 5 de la Directive 2012/27/EU) et "Mécanismes d?obligations en matière d?efficacité énergétique" (article 7).
10. Commission Européenne, "Impact Assessment Accompanying the Document Directive of the European Parliament and of the Council on Energy Efficiency", 2011.
11. EurActiv, "Dong Energy exec: Energy savings are profitable", 2012, ;http://www.euractiv.com/energy-efficiency/dong-energy-exec-energy-savings-interview-512570>.


SOURCES
* Agence Internationale de l'Energie (AIE). World Energy Outlook (chapitres 9-12 sur l'efficacité énergétique). Paris: Publications de l'AIE, 2012.
* Agence Internationale de l'Energie (AIE). "Beyond simple savings: The added bonuses of energy efficiency" in IEA Energy: The Journal of the International Energy Agency, Avril 2013 ;http://www.iea.org/newsroomandevents/news/2013/september/name,42943,en.html>.
* Commission européenne, "EU energy, transport and GHG Emissions: trends to 2050 ? reference scenario 2013", Décembre 2013 ;http://ec.europa.eu/energy/observatory/trends_2030/doc/trends_to_2050_update_2013.pdf>.
* Conseil Economique, Social et Environnemental, "Efficacité énergétique: un gisement d'économies ; un objectif prioritaire", Janvier 2013 ;http://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2013/2013_01_efficacite_energetique.pdf>.
* Conseil national du débat, "Synthèse des travaux du débat national sur la transition énergétique de la France", Juillet 2013 ;http://www.transition-energetique.gouv.fr/la-transition-energetique/synthese-des-travaux-du-debat-national-sur-la-transition-energetique>.
* Duffield, J.S. and Birchfield, V.L. (eds.). Toward a Common European Union Energy Policy: Problems, Progress, and Prospects. Basingstoke: Palgrave Macmillan, 2011.
* Keppler, Jan-Horst, "Climate Change, Security of Supply and Competitiveness: Does Europe Have the Means to Implement its Ambitious Energy Vision", in Geoffron, Patrice et Chevalier, Jean-Marie (eds.). The New Energy Crisis: Climate, Economics, Geopolitics. Basingstoke: Palgrave Macmillan, 2013.
* Les Echos, "Electricité : la facture pourrait bondir de 30 % d'ici à 2017", 18 février 2013 ;http://m.lesechos.fr/redirect_article.php?id=0202573580219>.
* L'Usine Nouvelle, "La politique énergétique de l'Union européenne est un échec", 21 mai 2013 ;http://www.usinenouvelle.com/article/la-politique-energetique-de-l-union-europeenne-est-un-echec.N19736>.
* L'Usine Nouvelle, "Diviser la consommation d'énergie par deux, un objectif irréaliste", 23 octobre 2013, ;http://www.usinenouvelle.com/article/diviser-la-consommation-d-energie-par-deux-un-objectif-irrealiste.N211611>.

 
  
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21 commentaire(s)
[1]
Commentaire par Gépé
samedi 01 mars 2014 08:10
Enfin un mémoire où on aborde la question du prix de l'énergie, avec au départ une pression à la baisse qui fait place à une orientation à la hausse, et ensuite que les couts sont répercutés dans les prix, mais indolores pour les ménages. Là, on aborde la notion de taxe sur l'énergie; il reste à préciser l'utilisation de cette taxe et d'envisager l'efficacité des différentes utilisations: investir dans l'efficacité, réduire le cout du travail, financer les retraites; choisissez la meilleure utilisation. Pour moi, j'ai choisi, c'est le financement des retraites.
[2]
Commentaire par Gépé
samedi 01 mars 2014 08:19
Je précise qu'il existe en France des documents à caractère officiel qui traitent de cette question, comme la note n°6 du CAE, les travaux du CIRED, de la Fondation Nicolas Hulot...etc. Merci.
[3]
Commentaire par papijo
samedi 01 mars 2014 11:08
Décidément, les "écolos" ont des raisonnements bizarres. Je crois que Gépé n'a pas bien compris l'article. L'efficacité énergétique, ce n'est pas une "ressource", du moins dans un avenir proche, mais une DEPENSE (le temps de retour des investissements dépasse souvent 10 ou 20 ans dans l'habitat ancien). C'est d'ailleurs pour cela que les "pauvres" habitent en général dans des logements mal isolés, alors que les "riches", qui ont plein d'argent pour payer leur chauffage, habitent dans des maisons bien isolées ! Une solution pour que les "pauvres" puissent isoler serait de leur redonner du pouvoir d'achat, par exemple en arrêtant le recours ruineux aux ENR, ou en exploitant notre gaz de schistes en remplacement du gaz de Poutine !
[4]
Commentaire par Gépé
samedi 01 mars 2014 15:44
Je me permets de citer une expression contenue dans un article de Hugo le Grill, parue dans cette rubrique de l'Expansion le 8-11-2013: "compenser par une baisse de la fiscalité sur certains biens vertueux", et j'ajoute: par exemple, sur le cout du travail. L'article est intéressant à relire.
[5]
Commentaire par Hervé
samedi 01 mars 2014 23:25
@L'auteur: Bon article sur le principe et dans les espoirs qu'il suscite. Cependant je veux pas vous casser le moral, mais ce sujet est du réchauffé: ça fait 30 ans qu'on progresse de manière plus ou moins continue dans le domaine des économies d'énergie (chauffage, mais aussi industrie, transport...) sans résultat vraiment probant sur la conso totale d?énergie qui est elle plutôt stagnante. Gépe a raison sur le fait que la meilleure façon d'encourager les économies est d'augmenter leur coût, par exemple en basculant des prélèvement dessus. L'ennui c'est que les activités voraces en énergie vont en souffrir. Faire ça sans que les autres pays s'y mettent, c'est fermer nos cimenteries, usines d'aluminium, ... Reconnaissons aussi qu'avec toutes les taxes (TIPP, CSPE,taxes locales...) la France n'est pas vraiment en retard dans ce domaine vis a vis du reste du monde.
[6]
Commentaire par regis meyer
dimanche 02 mars 2014 00:34
L'amélioration de l'efficacité d'énergie dans le bâtiment est une question de financement d'investissements ayant un temps de retour dépassant la durée moyenne de possession des biens immobiliers. Une solution: - financement : appel au marché obligataire; les sommes rassemblées financent les avances faites aux propriétaires de biens immobiliers - remboursement: par une surtaxe foncière sur 25 ans; les services fiscaux étant chargés de la perception pas de risque de défaut. - avantage: le financement est attaché au bien; un propriétaire vendant son bien avant la durée de remboursement est gagnant. Problèmes: les banques perdraient un marché potentiel; L'Etat, dépendant au quotidien des banques pour placer ses bons du trésor finançant la dette, aura quelques difficultés a s'opposer au véto des banques.
[7]
Commentaire par Gépé
dimanche 02 mars 2014 08:10
@Hervé. Merci de me donner l'occasion de vous répondre. -Il ne faut pas abandonner une solution sous le prétexte de cas particuliers; celui que vous citez est analysé dans la note n°6 qui est pour moi la référence, car pour ces entreprises, le gain sur les charges doit leur être favorable; on trouvera une solution; -mais l'importance des taxes sur l'énergie est très faible en France par rapport aux autres pays européens, plus que le simple au double, et c'est justement le point faible; il faudrait doubler le prix actuel de l'énergie pour rétablir l'équilibre et si possible faire mieux que les autres. -J'aimerais que des intervenants plus qualifiés que moi interviennent dans ce débat pour nous expliquer la relation entre le cout du travail et le prix de l'énergie et les avantages que l'on pourrait en retenir; j'ai cité le nom de Hugo le Grill; il y aurait aussi nos charmantes lauréates y compris celles du concours précédents; qu'en pense Béatrice. Merci.
[8]
Commentaire par Hervé
dimanche 02 mars 2014 23:07
@Gepe: En devise le marché de l?énergie pèse dans les 2% du PIB. Les prélèvements obligatoires presque 50%. Multiplier par 5 le coût des énergies pour basculer 16% des prélèvements sur l?énergie aurait un impact terrible pour pas mal d'entreprises énergivores sans fondamentalement changer l'ampleur des prélèvements. A ma connaissance, les autres pays n'ont pas tellement taxé leurs industriels sur l?énergie (Le "cas particulier" de la conso des entreprises pèse au total plus de la moitié de la consommation d'énergie). Par exemple en Allemagne, les surtaxes sont principalement payés par les consommateurs, peu par les entreprises qui doivent rester compétitives à l'export. Je ne veux pas dire que vos idées sont mauvaises, mais il faut être prudent avec les conséquences de ce genre de mesure qui pourrait nous ruiner rapidement. La bonne méthode est d'y aller très progressivement en fixant la ligne de conduite de manière à ce que l?économie ait le temps de s'adapter. Actuellement la seule hausse "naturelle" du coût des énergies est déjà difficile à supporter (les dernières crises ont débuté dans un contexte de pic pétrolier) et on voit que la baisse aux US semble produire une relance de grande ampleur.
[9]
Commentaire par Gépé
lundi 03 mars 2014 07:11
@Hervé. Attention, il faut raisonner avec l'objectif de "basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique", si on augmente le prix de l'énergie, on diminue le cout du travail; il s'agit d'un double raisonnement. Par ailleurs, la taxe à la charge des entreprises serait déduite (des cotisations sociales), comme cela se pratique pour la TVA, et les entreprises seraient neutres devant cette mesure. De toutes façons, c'est toujours le client final qui paie, et l'énergie est peu délocalisable. Nous aurons l'occasion d'en reparler.
[10]
Commentaire par carl
lundi 03 mars 2014 14:43
la chose n'est pas simple et j'aime pas trop les taxes mais dans le fond c'est vrai que le meilleur des kwh est bien celui non consommé ...ou économisé . Le problème c'est l'argent !!! pour rénover complètement une maison des années 80 pour en diminuer la consommation d'énergie de façon significative ...combien faut il d'argent ? ...50000 peut être !? il y a bien des aides mais bien insuffisant pour bon nombre de gens . Ou trouver l'argent sans taxer toujours plus ? j'ai pas la solution sauf peut être arrêter de subventionner les technologies type éoliennes
[11]
Commentaire par Gépé
lundi 03 mars 2014 17:36
@carl. Excusez-moi d'intervenir, mais vous posez le véritable problème qui consiste à faire une comparaison entre la dépense liée au cout du travail et les économies envisagées sur la consommation d'énergie qui dépendra du prix de l'énergie. L'entrepreneur devra faire un calcul économique de même nature pour effectuer un équipement. On recherche un point d'équilibre entre cout du travail et prix de l'énergie, l'évolution de la valeur de la tCO2 (la taxe) permettant de choisir le (bon)moment de la décision.
[12]
Commentaire par papijo
lundi 03 mars 2014 20:49
@Gépé - Gépé, les USA paient 3 fois moins cher leur gaz que nous. On laisse les choses en l'état, et dans quelques années toute notre industrie lourde (celle qui n'est pas encore en Chine) se retrouvera aux USA, ou au contraire, on baisse IMMEDIATEMENT le coût de l'énergie pour essayer de limiter la casse ? --- Et entre nous quelle est l'efficacité "écologique" d'une baisse des émissions françaises de CO2 si elles se traduisent par une augmentation encore plus importante des émissions dans un autre pays (la Chine et les USA ont des industries la plupart du temps bien moins performantes que les nôtres en termes de consommation d'énergie) ?
[13]
Commentaire par Gépé
mardi 04 mars 2014 07:26
@papijo. Nous devons raisonner :-en France, financer les retraites;- dans la zone euro, réduire le cout du travail,- dans le monde, donner l'exemple en économie (améliorer la croissance) et en écologie (préserver le climat). Nous perdons beaucoup de temps. Raisonnons en "théorie des systèmes".
[14]
Commentaire par papijo
mardi 04 mars 2014 10:39
@Gépé - Préserver le climat .... Vous croyez encore à ces foutaises. Regardez les Allemands. Ils "préservent le climat" comme ça les arrange, c'est à dire en imposant aux autres européens de ne pas limiter les grosses voitures et en faisant tourner des centrales au charbon ! Les Américains le "préservent" en développant les gaz de schistes. Pourquoi n'y a-t-il que nos écolos français pour croire naïvement à "la valeur de l'exemple". Lisez la presse internationale, vous verrez que quand on parle de la France, ce n'est pas pour admirer son exemplarité écologique, mais pour s'apitoyer sur la faiblesse de son économie. De mon temps, on disait: "Mieux vaut faire envie que pitié ..."
[15]
Commentaire par Gépé
mardi 04 mars 2014 12:48
@papijo. Chut, il faut croire au Père Noel, il faut croire les écologistes et en douce mettre une taxe sur l'énergie pour leur faire plaisir et financer nos retraites. Le chomage diminuera et la croissance reviendra. On nous demandera: pourquoi? Alors on dira "le Père Noel". J'espère que notre débat sert à quelque chose. Merci.
[16]
Commentaire par papijo
mardi 04 mars 2014 13:48
@Gépé - Mettre une taxe sur les carburants pour financer nos retraites ? Cela revient à prélever l'argent de ceux qui n'ont pas les moyens d'habiter une maison bien isolée ou s'acheter une voiture neuve "économe" pour préserver le pouvoir d'achat de ceux "qui ont les moyens", actifs ou retraités. Désolé, mais mon idéal politique en ce qui concerne la solidarité ne correspond absolument pas à votre projet.
[17]
Commentaire par Hervé
mardi 04 mars 2014 19:51
De toute façon, le cout des énergie (surtout les fossiles) va monter à cause de sa raréfaction au cours de ce siècle. On a souvent vu que si l'augmentation est progressive la société s'adapte en consommant moins (ou différemment). Gépé n'a donc pas tord. Cela dit, comme vous le faites remarquer, tout le monde ne va pas être impacté pareil, et les mesures prises pour essayer de corriger cela risquent de conduire à des aberrations contre productives. Comme je l'ai fait remarquer, on ne pourrait de toute façon migrer qu'une faible partie des cout sociaux qui sont énormes. Et en plus il faudrait le faire trés lentement. Si cette mesure pourrait avoir un effet significatif sur la consommation d?énergie, elle n'a aucune chances de régler notre problème immédiat de déficit du système. Il faut être réaliste.
[18]
Commentaire par Gépé
mercredi 05 mars 2014 08:51
@papijo. Votre objection est tout à fait valable et fait l'objet d'une analyse très détaillée dans la thèse d'Emmanuel Combet qui envisage différentes formes de compensation. C'est ce qui constitue le choix des contreparties du pacte de responsabilité: on crée des emplois, on finance les retraites, on instaure une allocation récupérée sur l'impot sur le revenu, on fixe un choc de compétitivité (rapport Gallois). Il faut l'accord des syndicats. Tout ça est inclus dans une réforme fiscale à niveau constant qui consiste à basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Soyez patients. Merci.
[19]
Commentaire par Gépé
mercredi 05 mars 2014 10:14
@Hervé. Vous avez tout à fait raison. La fiscalité énergétique reprend les dispositions de la commission Rocard avec une contribution de l'électricité; elle varie progressivement et correspond au besoin de financement des retraites, à savoir environ 140G?, ce qui correspond au doublement du prix hors taxes de l'énergie que l'on atteindrait vers 2035, date à laquelle ce besoin ne sera plus nécessaire et la progression pourra être arrêtée. Merci à tous, papijo, Hervé, carl, et tous ceux qui ont supporté ce débat.
[20]
Commentaire par papijo
mercredi 05 mars 2014 10:28
@Gépé: "Soyez patients. Merci." D'autres parlaient "des lendemains qui chantent". Si on veut réduire la "fiscalité du travail" (qui ici inclut essentiellement les charges sociales), il faut savoir sur qui on va répercuter la charge. Une répercussion sur l'énergie revient à en exempter ceux qui ont les plus gros revenus (donc voiture récente et maison bien isolée) pour la reporter sur ceux qui en ont le moins ... et vous leur conseillez d'être patients !
[21]
Commentaire par papijo
mercredi 05 mars 2014 10:57
@Gépé - Lisez donc cet article publié hier de la Tribune qui explique beaucoup mieux que mon commentaire les effets d'une "énergie surtaxée".
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Camille Spegt, 24 ans, est étudiante à l'Ecole de formation du Barreau de Paris.

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Valérie Petat, 22 ans, est étudiante à l'Université Paris Dauphine.

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