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Un accord avec l'Iran pour sortir de la dépendance au gaz russe


mardi 30 septembre 2014

La levée des sanctions imposées à l'Iran pourrait ouvrir l'accès à d'immenses réserves de gaz naturel. Mais les tensions autour du programme nucléaire iranien restent un obstacle.


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Le groupe P5+1, qui réunit les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie, la Chine et l'Allemagne discute actuellement avec l'Iran la levée des sanctions sous certaines conditions. Mettre un terme à ces sanctions, qui comprennent un embargo sur les produits pétroliers iraniens, aurait des conséquences positives sur l'économie iranienne, mais aussi sur les économies européennes.

L'Iran possède en effet les plus importantes réserves de gaz naturel au monde derrière la Russie. Le gisement de gaz naturel de Pars, partagé entre l'Iran et le Qatar, est estimé à 50.000 milliards de mètres cubes, ce qui représente un siècle de consommation pour l'Europe. Alors que les relations diplomatiques sont tendues entre la Russie et l'Union Européenne, en grande partie à cause de la question ukrainienne, l'Iran représente une solution pour se protéger de la menace d'une coupure de gaz russe.

La Russie est actuellement le principal fournisseur de l'Europe, exportant 80 milliards de dollars de gaz naturel chaque année vers l'Union Européenne. Le président iranien Hassan Rohani a déclaré le 23 septembre 2014, à l'occasion d'un entretien avec le président Autrichien Heinz Fischer à New York, que « l'Iran pourrait être une source d'approvisionnement en énergie sûre pour l'Europe ».

La question nucléaire

Ce projet n'est possible que sous deux conditions. La première est la construction d'infrastructures d'approvisionnement qui relient l'Iran à l'Europe. Cela prendrait du temps, même si la solution la plus simple, qui consiste à passer par les gazoducs turcs, est privilégiée. Les groupes pétroliers Total et Eni ont établi des études de faisabilité et estiment que ce projet pourrait voir le jour au début des années 2020. L'Iran pourrait alors exporter 10 à 20 milliards de mètres cubes de gaz par an vers la Turquie et l'Europe.

La seconde condition est la levée des sanctions contre l'Iran. Les diplomates présents à New York se sont montrés pessimistes sur l'aboutissement des négociations avant la date limite prévue du 24 novembre 2014. Le principal désaccord demeure le programme nucléaire iranien.

Les puissances occidentales réclament que l'Iran limite son nombre de centrifugeuses, destinées à l'enrichissement de l'uranium, à 5.000. Les Etats-Unis souhaiterait même voir ce nombre diminuer à 4.000. Mais Téhéran possède actuellement 19.000 centrifugeuses, dont environ 9.000 en activité, et désire encore augmenter sa capacité d'enrichissement. Le président iranien, Hassan Rohani, refuse que son pays soit limité dans son programme d'enrichissement d'uranium, ce qui est selon lui contraire au droit international.

Les puissances occidentales soupçonnent toujours l'Iran de vouloir enrichir l'uranium à des fins militaires pour se doter de bombes atomiques. Le président iranien a démenti une fois de plus ces affirmations : « l'important pour l'Iran est d'avoir accès à une technologie nucléaire pacifique pour servir le développement du pays. »

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1 commentaire(s)
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Commentaire par Gépé
mardi 30 septembre 2014 10:28
Il faut choisir entre mourir de froid ou mourir sous une bombe atomique. C'est une question de probabilité.
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