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Comment Alstom se positionne sur le marché du captage de CO2


lundi 23 novembre 2009

Avant même le développement d'énergies renouvelables, la lutte contre le réchauffement climatique passe par la capture et le stockage du CO2 émis par les centrales à charbon. Reste à perfectionner le procédé. Illustration en Virginie Occidentale, aux Etats-Unis, où Alstom travaille à un projet ambitieux


Un reportage de Charles Haquet

rC'est un record dont la planète se passerait bien. En 2008, les émissions mondiales de de CO2 ont frôlé les 10 milliards de tonnes, révèle un rapport du consortium scientifique Global carbon project publié ce 17 novembre. Fait notable, ce n'est plus le pétrole, mais le charbon, qui produit le plus de CO2. En 2008, montre l'étude, celui-ci a représenté 40% des émissions mondiales de gaz carbonique.

Et ça ne va pas s'arranger dans les deux prochaines décennies. Selon l'Agence internationale pour l'énergie, les émissions de CO2 vont passer de 11 à 18 milliards de tonnes d'ici à 2030 (lire la World energy outlook 2008). Les grands responsables ? La production d'électricité qui, à 75%, restera dépendante du charbon.

Ces constats, alarmants, montrent une chose : les énergies renouvelables peuvent se développer à grande échelle, le nucléaire prendre son envol, le 21ème siècle n'en restera pas moins celui du charbon.

Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faudra donc, avant tout, s'attaquer au CO2 émis par les centrales à charbon. A cet égard, les expériences de capture et de stockage de CO2 qui sont menées en ce moment en Europe et en Amérique du Nord sont intéressantes. Car elles apportent une vraie réponse à cette problématique. A court terme.

New Haven, en Virginie occidentale. Dans cet Etat de l'est des Etats-Unis, la moitié de l'électricité est fournie par des centrales à charbon. Parmi elles, Mountaineer. Ce site, capable de produire 1300 mégawatts, émet chaque année 7 millions de tonnes de CO2; c'est sept fois la « contenance » de l'Empire State building. L'exploitant américain AEP et l'industriel français Alstom y ont monté un projet ambitieux : capter le gaz carbonique par un procédé à base d'ammoniac. Les explications de Philippe Paelinck, directeur CO2 chez Alstom Power.








Ce CO2 est ensuite injecté sous terre, dans des couches sédimentaires profondes. « Sans risque », assurent les géologues, même si l'on a guère de recul, aujourd'hui, sur les risques à très long terme.








Philippe Paelinck, directeur CO2 chez Alstom Power (2/2)
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Pour l'heure, ce « pilote » ne capte qu'une faible part des émissions rejetées dans l'atmosphère. Mais le procédé peut fonctionner à plus grande échelle. En 2015, « nous serons prêts à commercialiser notre technologie », annonce Philippe Joubert, président d'Alstom Power.

Dans cette région gorgée de charbon, où travaillent des milliers de mineurs, ce projet de captage/stockage de CO2 suscite un véritable engouement - en témoignent les nombreuses personnalités venues assister à l'inauguration du site, le 30 octobre, tel le sénateur Rockfeller. « Rendre le charbon propre, c'est le moyen de pérenniser la filière. Nous voulons être l'Etat précurseur, celui dans lequel la solution aura été trouvée », a déclaré le gouverneur de Virginie occidentale, Joe Manchin.

Ce procédé peut-il être étendu à grande échelle ? Oui, à condition que le prix du CO2 soit, à long terme, suffisamment élevé pour rentabiliser ces investissements. « Nos technologies sont viables si le prix du CO2 dépasse 30 à 50 euros la tonne », estime Philippe Paelinck.

Le marché potentiel est, en tout cas, énorme, notamment en Chine, où, remarque Philippe Joubert, des efforts considérables sont déjà menés en matière d'efficacité énergétique et de performances environnementales.




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