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Un complot politique contre le GIEC ?


mercredi 07 avril 2010

Dans cet édito, Volodia Opritchnik suggère une nouvelle lecture du Climategate. Sans revenir sur le fond de l'affaire, l'expert des questions climatiques s'interroge sur le contexte politique du pays par lequel le scandale est venu.


Juste une hypothèse

Jamais depuis sa création, en 1988, le GIEC n’aura subi d’aussi violents assauts que ceux lancés depuis le début de l’année. Coordonnées, les attaques se sont déroulées en trois vagues principales.

 Il y eut d’abord le vol et la publication, très sélective, des courriels échangés par des climatologues britanniques. Des e-mails, où l’on apprenait – ô surprise ! – que ces scientifiques ne portent pas dans leur coeur les climato-sceptiques. Un malheur ne venant jamais seul, ce fut ensuite au tour du président du GIEC, Rajendra Pachauri, d’être violemment attaqué. Pêle mêle, on lui reproche la qualité de ses costumes, d’écrire à ses heures perdues un roman érotique, de beaucoup voyager en avion. On attend les critiques sur sa coupe de cheveux.

Bien sûr, dans cette préparation d’artillerie, certains obus ont touché juste.

Collectivement, le GIEC a enfreint ses propres règles en « confondant » l’interview d’un chercheur parue dans le New Scientist avec une étude publiée dans une revue scientifique avec comité de lecture. Cette bévue invalide les pronostics de fonte des glaces himalayennes (2035 !) du dernier rapport d’évaluation. On reproche aussi au réseau d’avoir surestimé la superficie des Pays-Bas située sous le niveau de la mer… bien que lesdits chiffres lui aient été fournis par une agence gouvernementale néerlandaise.

Qu’ont en commun ces arguments ? D’abord de cibler les auteurs de la Bible du changement climatique. Ensuite d’avoir, la plupart du temps, été initialement expédiés dans la médiasphère par la presse conservatrice britannique, Sunday Times, en tête. Cette rampe de lancement pourrait, peut-être, signer l’origine du « complot ». La Grande-Bretagne est en pleine campagne électorale. Tous les sondages donnent gagnant le parti Tory, drivé par David Cameron, brillant quadragénaire tout acquis aux thèses du GIEC. Hélas, l’opinion du député de Witney n’est pas – du tout – partagée par ses pairs. De là à imaginer une campagne de presse pour mettre tout le monde d’accord au sein du parti conservateur, il n’y a qu’un pas…

Réel ou supposé, le dézingage prémédité du GIEC s’annonce dévastateur : selon un récent sondage de la BBC, 25% des sujets de sa Majesté ne croient plus au changement climatique. Ils n’étaient que 15% en novembre dernier.

Dans la lettre n°65 de l'Usine à GES (mars 2010), Volodia Opritchnik publie un dossier très complet sur les conséquences des activités humaines sur le "système terre", dans lequel le spécialiste du climat s'interroge sur les limites écologiques que nous pourrions, ou non, dépasser. En voici un extrait :

Invasive, l’espèce humaine a achève sa conquête de la terre. Il n’est, sans doute, plus une ile, un arpent de foret vierge, un versant de montagne a n’avoir été foulé, au moins, par les pieds d’Homo sapiens. Seuls les grands fonds marins font encore figure de terra incognita. Un statut précaire au vu de la course aux ressources sous-marines a laquelle se livrent de nouveau les grandes puissances. Jamais, dans sa deja longue histoire, une seule espece n’avait aussi rapidement exerce une influence aussi grande sur la terre. Au point d’en modifier les grands equilibres. Raison pour laquelle le paleoclimatologue William Ruddiman et le prix Nobel de chimie Paul Crutzen proposent la creation d’une nouvelle ère géologique correspondant a notre regne : l’anthropocène !

La question est debattue au sein d’un groupe de travail de la sous-commission du quaternaire de la Commission internationale de stratigraphie. Patience, donc.

Avons-nous encore le temps d’attendre ? C’est un peu la question que s’est posé Johan Rockstrom. Il y a quelques mois, le directeur éxécutif du centre de résilience environnemental de Stockholm a lance un programme original. Alors que la population flirte avec les 7 milliards d’individus, quelles sont, s’est demande le scientifique suédois, les limites écologiques à ne pas dépasser ?

Ce specialiste de la gestion des ressources naturelles a reuni une "dream team" de l’écologie scientifique : Paul Crutzen, le climatologue, James Hansen (lire L’Usine à GES n°42), le geographe Eric Lambin, au total 28 chercheurs de reputation internationale. Ensemble, ils ont dressé une cartographie des risques globaux et ont quantifié, en fonction des connaissances du moment, la capacité d’encaissement du système terre pour chacun d’entre eux. Des travaux uniques dont la synthese a été publiée, il y a peu, dans la revue Ecology and Society.

Les 10 piliers du danger

Pour l’equipe de Johan Rockstrom, l’harmonie de la relation du  "couple homme-terre" repose sur 10 piliers du danger : le changement climatique, l’acidification des océans, le mitage de la couche d’ozone stratosphérique, les perturbations des cycles du phosphore et de l’azote, la vitesse à laquellese reduit la biodiversite, l’usage de l’eau, les affectations du sol, les émissions d’aerosols et les pollutions chimiques. (...)Ces risques peuvent interferer les uns avec les autres. Tous n’ont pas non plus le meme type d’impact. Certains perturberont des systemes régionaux, d’autres auront un effet planétaire. Ce qui complique singulièrement la pose des curseurs d’alarme.

Le changement climatique

Des neuf, c’est le sujet le mieux connu des lecteurs de L’Usine à GES. Pour un nombre croissant de climatologues (et de chefs d’Etat et de gouvernement!), le climat ne doit pas s’échauffer de plus de 2°C par rapport à l’ère pre-industrielle. Cette limite infranchissable figure d’ailleurs en toutes lettres dans "l’accord" de Copenhague (lire L’Usine à GES n°62). Pour ne pas faire le grand saut climatique, l’equipe de Rockstrom recommande de stabiliser la concentration atmosphérique de CO2 a 350 ppm, un niveau dépasse il y a deux décennies. Pourquoi si bas ? Pour deux raisons essentielles, justifient les auteurs de l’étude. D’une part, le réchauffement actuel sera amplifié par des phenomenes naturels. La fusion des glaces de mer permettra aux mers polaires de se réchauffer. Une température et une mer plus chaudes accroitront l’evaporation de l’eau qui est, on l’oublie, un gaz a effet de serre. A cause de ces boucles de rétroaction, le petit degre celsius d’augmentation de la temperature moyenne globale imputable au CO2, pourrait se transformer en un rechauffement de 3°C.

Lire le dossier dans son intégralité

Voir les publications de l'Usine à GES
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1 commentaire(s)
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Commentaire par konebien
vendredi 09 avril 2010 15:30
autrement dit ce serait complot contre complot-:)
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