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Diplômée de Supélec, Sophie Fleischmann a eu une première expérience dans le domaine des Smart Grid avant de devenir consultante chez Sia Partners dans l'unité de compétence Energie (2013)...

Stockage du CO2 : l'immense réservoir de la mer du Nord


mercredi 27 novembre 2013

Exploitée pendant des décennies pour son pétrole et son gaz, la mer du Nord est devenue un gruyère. Pourrait-on y réinjecter le CO2 capté dans les usines ?


Lire l'étude complète sur le site de SIA-Partners
(Extraits)

Le « captage et stockage du carbone » (CSC) est une technologie qui permet d'extraire le carbone émis dans les rejets d'une centrale ou d'une usine, de le transporter via des pipelines et de le stocker dans des aquifères salins ou d'anciens gisements d'hydrcapcocarbures. Cette technologie permet donc de réduire drastiquement et rapidement les émissions de CO2.

La Mer du Nord, qui regorge de tels sites géologiques, aura alors un rôle majeur à jouer. Dans les années 90, avec plus de 450 plates-formes pétrolières, la Mer du Nord était la région du monde où le forage au large était le plus développé.. Aujourd'hui, les quantités extraites ont diminué en raison de l'épuisement des réserves. De grands groupes pétroliers tels que Shell ou BP y ont même cessé leur activité.

Cependant, les anciens puits géologiques offshores de la mer du Nord suscitent un regain d'intérêt (. ...) L'Union Européenne souhaite diminuer de 20% ses émissions de CO2 par rapport à celles de 1990 d'ici 2020. En se basant sur les politiques actuelles, cet objectif paraît difficile à atteindre. Dans ce contexte, le développement du CSC pourrait être la solution.

En effet, pour le scénario intermédiaire, les volumes de carbone captés représenteraient 6% des volumes émis aujourd'hui. D'ici 2050, 1,9 Gt de CO2 pourraient donc être récupérés pour être stockés. Cela ne représente que 1,3% de la capacité de stockage de la Mer du Nord. Les anciens gisements d'hydrocarbures en Mer du Nord sont ainsi suffisants pour accueillir le carbone capté dans les pays la bordant pendant quelques dizaines d'années.

Le volume de stockage ne représente pas le seul atout de la mer du Nord. Il sera aussi possible de transporter facilement le carbone via les pipelines déjà existants mais inutilisés compte tenu de la diminution des volumes de gaz naturel extraits. Cela permettra de réduire considérablement les coûts de transport, qui représentent aujourd'hui 10 à 20% des coûts totaux de la technologie du CSC.

Les collaborations autour de la Mer du Nord

Dès 2005, le Royaume-Uni et la Norvège ont décidé de collaborer pour élaborer une stratégie commune sur l'exploitation des infrastructures et des puits géologiques en Mer du Nord. Ils ont alors créé le « North Sea Basin Task Force » (NSBTF). En 2007, le partenariat s'est étendu à un ensemble plus vaste de pays avec l'adhésion de l'Allemagne et les Pays-Bas. Leur entrée au programme a permis de mener des études plus approfondies pour connaître le vrai potentiel de stockage en Mer du Nord, via le projet « One North Sea ».

La Norvège et le Royaume-Uni, les deux fondateurs du NSBTF, mènent la cadence par rapport à leurs partenaires. Malgré cela, les centrales avec captage du carbone restent marginales dans ces pays. Par exemple au Royaume-Uni, seulement deux projets sont en cours.En outre, le carbone devra traverser certaines frontières (...) ce qui pose de nombreuses questions notamment sur la maintenance des installations et la responsabilité en cas de fuite de CO2.

La France absente du projet en Mer du nord

La France ne participe, pour le moment, à aucun projet sur le stockage du CO2 mené en Mer du Nord. Elle a choisi d'étudier plus particulièrement le captage du carbone et le rôle qu'il pourrait jouer dans la lutte contre le changement climatique. Pour cela, elle s'implique dans divers projets nationaux comme celui dirigé par EDF et Alstom sur une centrale à charbon au Havre.

Par ailleurs, la technologie du CSC entraine, aujourd'hui, un coût supplémentaire d'environ 100 €/tonne de CO2 capté, transporté et stocké, ce qui est entre 5 et 10 fois supérieur au prix du marché du CO2. Il faudra attendre 2030 pour avoir un coût équivalent si la politique carbone menée reste suivie et si de nouveaux projets sur le CSC se développent. Malgré les incertitudes et le challenge de la collaboration international, l'énorme potentiel du CSC en Mer du Nord lié à une fiscalité carbone digne de l'Europe pourrait permettre de développer cette technologie innovante.

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2 commentaire(s)
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Commentaire par enfaitpourquoi
vendredi 29 novembre 2013 10:07
en voilà un article intéressant! et qui propose une solution à ce sérieux problème.
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Commentaire par aloun77
jeudi 05 décembre 2013 02:25
Et il n'y aurait pas moyen d'y stocker de l'eau par hasard ?? Step marine pas cher , proches des champs d'éoliens avec fort dénivellé ... Enfin je dis ça je n'y connais rien mais bon ça serait bien pratique.
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