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David Desforges, du cabinet Jones Day, est avocat à la Cour, spécialiste en droit public, en droit de l'environnement, en droit minier et en droit nucléaire.

Sommet de Durban : l'après-Kyoto au centre des débats


mardi 29 novembre 2011

La conférence de Durban s'est ouverte hier. Au climat économique incertain répond une explosion de la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Le défi est considérable.


David Desforges est avocat à la Cour du cabinet Jones Day. Spécialiste en droit public, en droit de l'environnement, en droit minier et en droit nucléaire.

Avec les sommets de la terre de Rio (1992), de Johannesburg (2002) et de Rio à nouveau, en 2012, et les conférences de Bali (2007), Poznań (2008) Copenhague (2009), Cancún (2010) et celle de Durban (Afrique du Sud), les rencontres internationales se succèdent de continent en continent comme pour marquer l'universalité de la problématique.

A l'espoir que suscitent ces conférences succède souvent le désenchantement. En ont ainsi témoigné à Copenhague les déclarations bien diplomatiques de l'UE regrettant que l'accord ne soit « pas parfait » et celles désabusées des Amis de la Terre dénonçant un « échec misérable » ou de Greenpeace France fustigeant dans l'Accord « un texte plus vide de sens qu'une brochure touristique ».

Depuis le « notre maison brûle » de Jacques Chirac en 2002, les mises en garde du GIEC se font chaque année plus pressantes. Toutefois, pas un rapport, pas une statistique ne semble capable d'enclencher une réaction en chaîne qui transformerait enfin l'inquiétude scientifique en action politique véritable.


Notre maison brûle toujours...

Le dernier message de l'Agence Internationale de l'Energie laisse peu de place au doute. Avec une augmentation anticipée de 20% des émissions de CO2 d'ici à 2035, l'accroissement de la température serait sur une trajectoire la portant à 3,5 °C supplémentaires. En l'absence de mesures concrètes avant 2017, l'objectif d'une limitation de ce chiffre à seulement de 2 °C serait, par extrapolation, d'ores et déjà hors de portée. Et si les Etats renonçaient aux mesures promises, la trajectoire suivie serait celle des 6 °C soit le scenario le pire selon les experts du GIEC.

L'augmentation de la demande en énergies fossiles représentait 81% de la consommation mondiale en 2009 et ne déclinerait qu'à 75% en 2035. L'utilisation du charbon grimperait pour sa part de 65% d'ici 2035 tandis que la demande de pétrole augmenterait de 14% pour atteindre 99 millions de barils/jour en 2035.

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) n'apaise pas les craintes. Le 21 novembre, l'OMM a en effet indiqué qu'en 2010 les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère avaient atteint des niveaux sans précédent. Parmi les gaz sous surveillance, le méthane inquiète. Après une relative stabilisation entre 1999 et 2006, les concentrations de méthane - dont le pouvoir de réchauffement 17 fois supérieur à celui du CO2 - repartent à la hausse. Sans explication à ce stade.


L'après-Kyoto se joue à Durban

Fin 2010, Cancún avait permis de confirmer le rôle de la Convention Cadre des Nations Unies sur le changement climatique comme forum commun pour la lutte contre le changement climatique. On doit également à Cancún un mécanisme de lutte contre la déforestation et la création du Fonds vert destiné à aider les pays en voie de développement à lutter contre le réchauffement climatique.

L'après-Kyoto sera ici au centre des débats. A ce jour en effet, l'après 2012 reste à définir. Ni les Etats-Unis, ni la Chine, ni l'Inde ne sont prêts à s'engager sur une réduction chiffrée de leurs émissions. Les signataires du Protocole ne représentent que 30% des émissions et l'Europe (11%), pourtant pionnière dans ce domaine, arrive à la table des négociations affaiblie par la crise de la dette et par le précédent de Copenhague encore dans tous les esprits.

L'Union européenne vise l'adoption d'une « feuille de route » engageant l'ensemble des parties pour la mise en œuvre d'un cadre contraignant mondial à définir entre 2015 et 2020. Durban met donc le multilatéralisme à l'épreuve avec en toile de fond le risque toujours possible d'un échec retentissant.

Climat, dette, même combat ? Celui d'une gestion globale de risques globaux. La cause n'est dans le fond pas nouvelle. Ce qui l'est en revanche, c'est l'opportunité mais aussi et surtout l'urgence qu'il y a à concevoir conjointement les modalités d'une reprise de la croissance dont la dette induite - climatique et financière - soit enfin maîtrisée. Mais le contexte politique ne s'y prête guère. Europe fissurée, Amérique affaiblie et pays en développement en porte-à-faux vis-à-vis du groupe des émergents.


Le sommet de Copenhague s'était déroulé dans un blizzard qui, symboliquement, ne prêtait guère à de catastrophistes déclarations sur le réchauffement climatique. Le sommet de Durban s'ouvre pour sa part dans l'air chaud de l'été austral. Quel les nouvelles soient bonnes ou mauvaises, elles nous parviendront vite : le son se propage plus vite dans l'air chaud.

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2 commentaire(s)
[1]
Commentaire par Gépé001
mercredi 30 novembre 2011 07:02
La relation entre énergie et écologie ne parait pas si évidente que le souhaite le GIEC.Il faut s'orienter vers une relation économie et énergie en distinguant les énergies importées(les fossiles)et les énergies produites(électricité et biomasse).L'énergie importée augmente la dette,l'énergie produite augmente la richesse.A méditer
[2]
Commentaire par un_physicien
lundi 05 décembre 2011 21:46
Il ne saurait y avoir de lobby que "nucléaire". Si demain nous grillons, ce sera de la faute à "pas de chance".
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David Desforges, du cabinet Jones Day, est avocat à la Cour, spécialiste en droit public, en droit de l'environnement, en droit minier et en droit nucléaire.

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