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Par IRIS

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Les enjeux de la Conférence du Bourget 2015


jeudi 04 septembre 2014

Laurent Fabius a fait de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), prévue en décembre 2015, un des objectifs majeurs du quinquennat diplomatique. Quels en sont les enjeux ?


Bastien Alex, chercheur à l'IRIS, spécialiste des questions environnementales, a décrypté dans une interview sur le site affaires-stratégiques.info les enjeux du COP21, qui se tiendra au Bourget du 30 novembre au 11 décembre 2015.

Extraits :

Repenser Kyoto

Les enjeux de la Conférence climat sont sensiblement les mêmes depuis la conférence de 2009 à Copenhague, que l'on rejouera en quelque sorte en 2015. Il faut que les parties réussissent à se mettre d'accord sur un nouvel accord global juridiquement contraignant ; ce qui implique que l'on modifie le système du protocole de Kyoto (reconduit à Doha en 2012), qui divise actuellement les Etats entre deux catégories : ceux qui sont soumis à des réductions des émissions de gaz à effet de serre (les pays du Nord, dits pays développés) et ceux qui en sont exemptés (les pays en développement), au nom du principe de responsabilité commune mais différenciée.

L'enjeu est désormais de mettre à jour ce principe. En effet, lorsqu'il a été énoncé, l'essor des pays émergents n'avait pas suffisamment été anticipé. Or, aujourd'hui, ce sont les émissions de ces pays qui connaissent les hausses les plus importantes (Brésil, Inde, Chine, Iran, Indonésie, Arabie Saoudite, etc.).

L'idée est de refondre ce système et d'affirmer qu'il est fondamental que chacun fasse des efforts. Cela passe notamment par la définition d'objectifs chiffrés, contraignants pour tout le monde, qui soient suffisamment ambitieux pour être efficaces mais aussi par la menace de sanctions dans le cas où ces objectifs ne seraient pas atteints. (...)

Le sort des pays pauvres

L'échec de la conférence du Bourget en 2015 risquerait de sonner le glas du « multilatéralisme climatique ». Certes, les Etats pourront continuer à mener des politiques de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (comme le font déjà la Chine et les Etats-Unis), que ce soit au niveau des régions (ou Etats fédérés) ou bien même des collectivités locales, mais tout mécanisme à l'échelon international serait vraisemblablement impossible.
 
Parallèlement, se posera en cas d'échec la question du financement de l'adaptation des pays fortement exposés aux conséquences du dérèglement climatique et ne disposant pas des moyens financiers pour y faire face. Si l'on échoue à se mettre d'accord sur un accord global contraignant sur les objectifs de réduction, il apparaît peu vraisemblable que l'on arrive à se mettre d'accord sur les volumes financiers à attribuer pour aider les pays les plus exposés (Bangladesh, petits Etats insulaires) et sur le financement du Fonds Vert pour le Climat, dont la dotation n'est pas encore assurée.

Le jeu des différents acteurs

Le jeu des négociations entre les acteurs sera quant à lui particulièrement intéressant à analyser. Rappelons tout d'abord que c'est la capacité de la Chine et des Etats-Unis à s'entendre (pour bloquer les négociations) qui avait conduit à l'échec à Copenhague et que cette capacité représente encore l'une des inconnues des négociations à venir.

La faculté de l'Europe, qui est le bon élève, à fédérer autour d'elle les pays en développement (G77) et les pays membres de l'AOSIS (Alliance des Petits Etats Insulaires) sera centrale. De leur côté, les grands émergents essaient de remettre dans leur camp les pays en développement en pointant du doigt les atermoiements du Nord sur le déblocage des fonds et leur droit au développement

Du côté des Etats-Unis, la question de la ratification est centrale car si Obama est plus volontaire que ses prédécesseurs, que les militaires américains sont de plus en plus sensibles aux risques que soulève le changement climatique et que les positions commencent à évoluer chez certains Républicains (un parti traditionnellement plutôt climato-sceptique), le soutien du Sénat lui sera indispensable. Dans le cas contraire le traité ne sera pas ratifié. Un traité sur les gaz à effet de serre sans l'accord des Etats-Unis n'aurait alors que peu de chance de rallier les pays émergents. Et, inversement, si la Chine refuse de s'engager, il apparaît peu vraisemblable que les Etats-Unis ratifient le traité?

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2 commentaire(s)
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Commentaire par Gépé
jeudi 04 septembre 2014 13:11
La solution est simple: prendre chez nous une mesure efficace, favorable au climat et à l'économie, mesure qui serait un exemple pour les autres. Cette mesure, nous la connaissons; elle consiste à basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. Elle est proposée et justifiée par plusieurs documents officiels étudiés dans le cadre de la transition énergétique.
[2]
Commentaire par Gépé
vendredi 05 septembre 2014 08:29
Je ne résiste pas au besoin de citer un extrait du rapport de Christian de Perthuis, page 303. "Lorsque la taxe est recyclée en un allègement des cotisations sociales employeurs, l'impact macro économique est positif dès la deuxième année. En effet la taxe sur l'énergie est une taxe moins distorsive que les prélèvements sur le facteur travail...Modifier la composition(mais pas le niveau) des recettes publiques en faveur de ce type de taxe est donc bénéfique à l'économie..."J'espère que M. Fabius a connaissance de ce texte.
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