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CO2: ni la France, ni l'Europe ne tiendront leurs engagements


jeudi 31 mars 2011

20% d'émissions de CO2 en moins, 20% d'énergies renouvelables, 20% d'amélioration de l'efficacité énergétique : ce sont les objectifs européens. Très bien, mais on n'y arrivera pas...


Il est temps de passer au braquet supérieur.

Car au rythme actuel d'évolution de nos émissions de gaz à effet de serre, nous ne tiendrons aucun de nos engagements climatiques. Ni l'Europe du Paquet énergie climat (vous savez : les 3 x 20 % !), ni la «France grenellisée».

Un doute vous habite encore ? Déroulons l'argumentaire.

En décembre 2008, sous présidence française, l'Union européenne adopte dans la douleur un train de mesures climatiques d'une rare audace. À coups de directives et de règlements, on impose aux 27 d'abaisser de 20 % leurs émissions de GES entre 1990 et 2020.

Pour y parvenir, les États membres devront, en moyenne, produire 20 % de l'énergie qu'ils consommeront à paCentre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphériquertir d'énergies renouvelables : un objectif contraignant.

Toujours en 12 ans, ils devront aussi accroître de 20 % leur efficacité énergétique: objectif non contraignant. Pour le moment, aucun de ces deux buts n'est en passe d'être atteint.

Un récent rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) met en doute la capacité communautaire à se doter, dans les délais, d'un parc de production d'énergie renouvelable suffisant.

Fin mars, un rapport du Climate Action Network européen indiquait que l'Europe, faute de volonté politique, réaliserait, au mieux, la moitié de son objectif d'économie d'énergie.

Alors que la crise n'en finit plus de finir, il est dit que l'UE n'investira pas suffisamment pour produire plus d'énergie décarbonée et mieux la consommer. En France, ce n'est pas plus reluisant. Dans le cadre du suivi du Grenelle environnement, le  Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA) a récemment modélisé l'impact climatique des « mesures Grenelle » et celles des mesures supplémentaires annoncées par la suite.

Dans le premier cas, on fait la moitié du chemin : -11 % de GES entre 1990 et 2020. Dans le second, c'est un peu mieux : -16 %. L'industrie n'est pas en cause. Dans les deux simulations, elle réduit ses rejets d'un quart. Pour l'énergie, il faudra mettre les bouchées doubles. Car, sans rien changer à la tendance business as usual, ce secteur pourrait ne réduire son impact climatique que de... 1 %.

Ce qui est un peu mieux que les transports. Dans tous les cas, nos avions, camions et voitures verront leurs émissions progresser d'environ 2,5 %. Quid du résidentiel et du tertiaire, les deux chevaux de bataille de Jean-Louis Borloo ? Là non plus, les nouvelles ne sont pas bonnes. Au mieux, ce secteur réduira de 14,7 % ses émissions. Au pire, de 6,2 %.

Qui veut encore se gausser des Américains, des Chinois ou des Indiens ?

Le site de L'Usine à GES
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2 commentaire(s)
[1]
Commentaire par misterchat
vendredi 01 avril 2011 09:13
C'est faux ils tiendrons leurs objectifs surtout le principal, nous carboniser avec l'impôt.
[2]
Commentaire par Carl
vendredi 01 avril 2011 09:44
évidemment !!!! c'est pas en mettant ces stupides et polluantes éoliennes industrielles qu'on tiendra nos engagements !!!
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