Participez aux débats sur l'énergie de demain

Auteur
Fondé en 1999, avec 300 consultants, le cabinet de conseil en management Sia Partners (initialement SIA-Conseil) est présent en France, Belgique, aux Pays-Bas, en Italie, au Maroc et à Dubai. Il a...

Les réseaux de chaleur : une énergie gaspillée


mardi 19 juin 2012

Les réseaux de chaleur pourraient être un levier important pour permettre des économies d'énergie. Mais il y a en France de nombreux freins à cette approche collective.


Voir l'étude complète sur SIA-Conseil Energies et Environnement

L'association européenne Euroheat & Power estime que la quantité de chaleur gaspillée dans la production électrique, l'incinération et l'industrie en Europe serait équivalente à 500 milliards d'euros soit mille euros par Européen.

Dans un contexte marqué par une hausse des énergies primaires et d'une dépendance énergétique croissante, les réseaux de chaleur offrent une solution intéressante pour récupérer cette chaleur.

La chaleur représente en France la moitié de l'énergie finale consommée ce qui en fait un gisement d'économies potentielles particulièrement intéressant.




Les réseaux de chaleur : un levier pour éviter les gaspillages d'énergie


Un réseau de chaleur est constitué de centrales de production - produisant également de l'électricité par cogénération dans certains cas -reliées à un réseau de distribution par canalisations thermiquement isolées. Ces systèmes peuvent ainsi répondre aux besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire des sites résidentiels et commerciaux, ainsi que les besoins en chaleur des sites industriels.

Dans des zones urbaines relativement denses, les économies d'échelles permettent une meilleure efficacité énergétique qu'avec des systèmes décentralisés (chaudière individuelle ou collective). Avec des tuyaux isolés thermiquement, les pertes peuvent être limitées à 1°C par kilomètre, ce qui reste négligeable à l'échelle d'un quartier.
Les réseaux de chaleur représentent aussi un levier sans égal pour les énergies renouvelables. Ils offrent un débouché pérenne pour les centrales à cogénération, l'énergie de récupération des usines d'incinération des ordures ménagères, la géothermie et la biomasse. Ils jouent ainsi un rôle significatif dans l'approvisionnement en chaleur à faible contenu carbone par rapport à la production de chaleur décentralisée.

Les freins au développement des réseaux de chaleur en France

Dans les pays de l'Europe de l'est les réseaux de chaleur sont largement répandus car ils correspondent au modèle de l'économie planifiée de l'ex-Union  Soviétique. Leur taux de pénétration est bien moindre en Europe de l'ouest. Le Danemark et la Suède ont favorisé leur développement et la majorité de la chaleur qui y est consommée transite par les réseaux de chaleur. La France, elle, possède un peu plus de 450 réseaux de chaleur ne comptant que pour 6% de la chaleur livrée en France. Une part de marché bien faible face à celle de l'électricité (42%), du pétrole (33%) ou du gaz (13%).

Malgré tous les avantages des réseaux de chaleur, il n'en reste pas moins que ce sont des installations fortement capitalistiques. L'amortissement du réseau et des installations de chauffage ne peut s'effectuer que sur des périodes de l'ordre d'une vingtaine d'année. Or, les marchés libéralisés se focalisent aujourd'hui sur un rendement à court terme élevé.

Dans ce contexte, les infrastructures énergétiques devraient être supportées par des politiques publiques efficaces au nom de l'intérêt général. Un retour sur investissement adéquat doit être assuré aux investisseurs et aux opérateurs entre contrepartie des bénéfices pour la société : diminution des importations d'énergie, stabilité des prix et performances environnementales.

Il serait également intéressant d'assouplir les réglementations contractuelles et laisser la priorité aux réseaux de chaleur dans les nouvelles zones urbaines. Un chantier critique serait de faire tomber les obstacles à leur développement. En effet, les dispositifs de soutien aux pompes à chaleur et aux chaudières à condensation perturbent la concurrence en plus de l'obligation de payer des quotas de CO2, ce qui n'est pas le cas des systèmes de chauffage individuels au gaz, au fioul ou à l'électricité.
 
Réagissez à cet article
 (9) 
Nom *
Email *
Votre commentaire * (limits 1500 caractres)
9 commentaire(s)
[1]
Commentaire par un physicien
mercredi 20 juin 2012 09:40
Plusieurs centrales nuclaires, qui rejettent beaucoup de chaleur, sont une trentaine de km d'agglomrations. N'y a-t-il pas une opportunit exploiter ?
[2]
Commentaire par Gp001
mercredi 20 juin 2012 10:50
Le systme le plus efficace est l'lectricit,mais en chauffant les parois et en rcuprant les calories de la ventilation.Est-ce si difficile d'tre chauffagiste?
[3]
Commentaire par Stéfan
mercredi 20 juin 2012 15:47
"Les rseaux de chaleur : une nergie gaspille" : drle de titre, puisque c'est justement l'nergie qui n'est pas rcupre par les rseaux de chaleur qui est gaspille !
[4]
Commentaire par patrig k
mercredi 20 juin 2012 20:48
@physicien qui avoue enfin que les centrales nuclaires ont un rendement dplorable, en voil une petite avance .. 30 km de rseaux c'est long, et les pompes , la perte en ligne ! Le plus simple physicien, c'est de dlocaliser les centrales en plein centre de Paris par exemple, Nogent sur Elyse.. et la Seine pour alimenter d'uranium depuis le Niger, en bateau pniche .. En tous les cas, chapeau, ici c'est le top des spcialistes en nergie , y a pas son pareil, mme Marseille. Ils vont finir d'tre jaloux, aprs la sardine qui bouche le vieux port, une attraction de cette ampleur et fleuron national, je ne comprends que votre ide ne soit ce jour exploite ... ! le titre de l'article est plutt drle ... n'est pas le titre qui serait gaspill ?
[5]
Commentaire par Herv
mercredi 20 juin 2012 21:56
La problmatique de la rcupration n'est pas que conomique, il faut aussi faire coincider les impratifs de production avec les besoins de chaleur. Par exemple une chaufferie au bois en cognration ne produira pas beaucoup d'lectricit en t. Une usine peut tre ferme pendant les congs... Seule une partie du potentiel ne sera rellement exploitable. (Mais a peut vraiment valoir le coup dans certains cas) Concernant la cognration nuclaire, ce type d'installation serait possible et mme rapidement rentable en utilisant les centrales actuelles. Voir le sujet trait dernirement su ce mme site: - Lien -
[6]
Commentaire par un physicien
jeudi 21 juin 2012 09:46
Le rendement de la conversion chaleur-lectricit est limit par le Principe de Carnot (1824) qui fait intervenir la temprature de la source chaude, elle mme limite par la rsistance des matriaux. On peut le dplorer ...
[7]
Commentaire par Tikehau
mardi 26 juin 2012 11:50
Et le sujet tabou des gaz brls par l'exploitation des champs ptroliers ainsi que le raffinage du brut depuis des dcennies ? combien de milliards de tonnes de gaz envoys directement dans l'atmosphre sans aucune revalorisation ?
[8]
Commentaire par christian782
lundi 29 octobre 2012 09:41
@patrig k: 30km de rseau de chaleur ce n'est pas si long. Il y en a un de 450 km Paris, par exemple. Mais c'est loin d'tre un record en Europe. Pour info les pertes de chaleur en ligne sont trs faibles, avec les tuyaux pr isols. Beaucoup moins que les pertes sur le transport de l'lectricit. Sachant qu'une partie de l'lectricit produite n'est pas consomme et ,ne peut pas tre stocke, l'inverse de la chaleur, pouvez me dire quel intrt a t on utiliser du chauffage lectrique. 70% de l'nergie consomme perdue pour moins de 20% utilise... En Scandinavie, dans les pays de l'est, o il fait bien plus froid que chez nous, on n'hsite sur des dizaines de km de rseaux pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire. Pourquoi? Parce qu'il n'y a pas un lobby EDF. N'oubliez pas qu'une centrale nuclaire ne se module pas comme une centrale thermique. Le chauffage lectrique et les chauffe eau lectriques permettent une base de consommation continue, qui justifie les centrales nuclaires. Qui ont l'avantage de produire l'lectricit un prix peu lev. C'est le seul avantage.
[9]
Commentaire par Hervé
lundi 29 octobre 2012 19:36
@Christian Installer une ligne THT est quand mme un peu plus simple qu'un rseau de chaleur. Ce dernier est rellement utile et rentable qu'en zone urbaine relativement dense. Vous affirmez que les pertes seraient infrieure au transport lectrique: voir: Les pertes de transport de l?lectricit sont de l'ordre de 6% en France. Sans compter les pertes par conduction thermique qui mon avis sont au mieux du mme ordre de grandeur, un rseau de chaleur comme toute conduites d'eau finira par fuir (mouvement de terrains...) pas sur que ce soit trs performant partout sur le long terme. Accuser un "lobby d'edf" c'est un faire peu court. Le chauffage lectrique ne pse que 30% et s'est quasiment "fait sortir" par le coefficient 2.58. (Le lobby s'il existe a t trs mauvais sur ce coup l). S'il y a un lobby, c'est plutt celui du gaz, vritable concurrent du rseau de chauffage urbain en france actuellement.
PARTICIPEZ !
Cet espace est le vtre !
La chane Energie de LExpansion.com
vous ouvre ses colonnes. Partagez vos analyses !