Participez aux débats sur l'énergie de demain
 - Professeur honoraire au CNAM

Auteur
Professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, Jacques Foos a tenu la chaire de "rayonnements, isotopes et applications", de 1983 à 2008, formant ainsi plusieurs centaines d'ingénieurs...

Et si on payait le transport de l'électricité à son prix réel ?


mercredi 13 juillet 2011

Proposition iconoclaste ! Si on payait son électricité selon la proximité avec la centrale de production ? S'il y a solidarité nationale dans la distribution, ne faut-il pas aussi une solidarité de production ?


Les oppositions aux centrales nucléaires s'expriment en toute bonne conscience, en Allemagne et aussi dans certaines régions françaises, comme l'Alsace (avec les demandes de fermeture de Fessenheim) et la Bretagne (opposée à toute implantation).
 
Très bien. Mais dans l'un et l'autre cas, les anti-nucléaires ne prennent pas de risques car ils comptent sur leurs « petits camarades » pour leur fournir, de loin, l'électricité nucléaire à bon prix : les Allemands importent de l'électricité française, les Alsaciens et les Bretons s'appuient sur la « solidarité nationale » en réceptionnant le courant produit dans d'autres régions.
 
Je vais faire une proposition iconoclaste, qui n'a aucune chance d'être acceptée en raison du contexte politique : pourquoi ne pas faire payer au prix réel le coût du transport de l'électricité ! Pas de source de production proche, donc transport nécessaire, donc surcoût....
 
On pourrait établir que le coût de transport est nul pour tous ceux qui habitent dans un rayon de 30 km d'une centrale (par ex. 3 c€ en moins par kWh sur la facture HT), ce qui ferait une diminution d'environ 25 % de la facture. Le prix reste stable entre 30 et 100 km puis augmente de 3 c€ par tranche de 100 km d'éloignement de la source d'énergie. Ceci signifie que, pour les plus éloignés, la facture peut doubler, même si on module par rapport aux autres sources d'électricité de la région (7 % par exemple pour toute la Bretagne).
 
Ainsi, avant de prendre la décision de fermer une centrale, non pas pour des raisons de sûreté mais uniquement pour faire plaisir aux anti-nucléaires et dans l'espoir de récupérer quelques voix à de prochaines élections, il faudra préciser aux populations concernées que leur facture d'électricité est susceptible de doubler ! Cela permettrait aussi aux élus de prendre leurs responsabilités en pleine connaissance de cause.
 
Quant à la vente à l'étranger (Allemagne, Suisse, Italie par exemple), il suffit d'appliquer la même règle, en prenant comme distance moyenne celle du centre de la France au centre du pays concerné. Le surcoût du kWh serait alors compris entre 40 et 50 c€, ce qui mettrait le coût total du kWh « rendu » à une valeur équivalente à celle du kWh photovoltaïque ; ceci ne peut que séduire nos voisins.
 
Responsabiliser les dirigeants politiques face à leurs électeurs est essentiel et leur donner des arguments « sonnants et trébuchants » peut leur être utile.....
 
 
5 commentaire(s)
[1]
Commentaire par groumpf
mercredi 13 juillet 2011 15:17
ce serait intéressant. Mais ... et oui mais ... toute région n'est pas apte a recevoir une centrale ... pas de sismicité, un apport d'eau suffisant ...
[2]
Commentaire par Dooz
mercredi 13 juillet 2011 16:20
Sans parler du fait que les principales régions qui profitent de la péréquation tarifaire sont les îles, et non la Bretagne...
[3]
Commentaire par stani
jeudi 14 juillet 2011 13:24
Bonne idée qui ne semble être que justice !
De plus, ça permettrait d'éviter des tranchées de lignes à Haute Tension par monts et par vaux.
"Vive l'énergie chère" pour booster l'efficacité énergétique de chacun, pour prendre conscience du "luxe" dans lequel nous avons vécu, pour glisser doucement vers l'autonomie énergétique (d'où meilleures balance commerciale et dette)
[4]
Commentaire par Chelya
dimanche 17 juillet 2011 20:02
Et si on appliquait cette mesure, immédiatement la Normandie ne serait plus capable d'assurer la stabilité de son réseau électrique et subirait des coupures continuelles vu quelle est dépendante de l'extérieure pour écouler ses surproductions (plusieurs fois sa consommation!)... Evidemment cette remarque s'applique également à la France qui serait bien incapable d'assurer l'équilibre de son réseau électrique sans la présence de ses voisins pour écouler ses surproduction... Les allemands et les suisses ne veulent déjà pas souvent acheter les surproductions nucléaires françaises à plus de 20 €/MWh, on voit mal comment ils accepterait de payer aussi cher...
[5]
Commentaire par fabien
mardi 19 juillet 2011 21:36
Je suis pour cette idée. Mais je vois mal comment cela favorisera l'implantation de centrales. Bien au contraire , cela devrait favoriser la multiplication de micro-sites de production (bio-gaz, éoliennes, etc). Les lignes à hautes tensions sont le résultat , et non la cause, de sites de production concentrés du fait de la puissance du nucléaire.
Et cette logique a sa limite. Car elle devra aller jusqu'au bout. Le tarif unique de transport justifie un opérateur unique (RTE). Une tarification au coût réel entraînera une libéralisation du transport lui-même, et une multiplication des réseaux (comme la fibre optique, qui n'est pas une réussite).
Je souscris aussi aux remarques précédentes, qui semblent de bon sens: on ne peut pas installer une centrale n'importe où, et les sites qui vont surproduire seront condamnés à vendre à perte (pas top pour encourager ce type d'investissement lourd) pour compenser le surcoût des intermédiaires avec le consommateur, .....comme de simples producteur de lait en somme..
PARTICIPEZ !
Cet espace est le vôtre !
La chaîne Energie de LExpansion.com
vous ouvre ses colonnes. Partagez vos analyses !