Participez aux débats sur l'énergie de demain

Auteur
ParisBerlin a été fondé en 2004. Il informe chaque mois sur l'actualité franco-allemande dans tous les domaines : politique, économie, modes de vie, culture, éducation, médias.....

Et si l'Europe de l'énergie était en route, silencieusement ...


mercredi 04 avril 2012

L'Europe, prise dans son ensemble, a un mix électrique extrêmement varié. Pourquoi ne pas tout partager : nucléaire, renouvelables, fossiles... D'ailleurs, cela se fait déjà sous l'effet du marché unique de l'électricité !


Le magazine Paris-Berlin a consacré dans son dernier numéro un dossier aux relations "énergétiques" franco-allemandes. Extraits d'un article consacré aux échanges trans-frontaliers d'électricité. 

C'est un graphique, fourni par RTE dans son rapport annuel, qui en dit le plus sur ce que pourrait être une Europe de l'électricité.























Q

Que signifie-t-il ?
 
L'Allemagne a considérablement développé son parc éolien (courbe en vert foncé). Si l'on cumule cette production éolienne avec celle du solaire (courbe en vert clair), on constate que sur une semaine de beau temps et un peu ventée en septembre, il y a une pointe marquée et régulière à la mi-journée (quand le soleil est le plus haut). Les barres en marron indiquent le solde des échanges à la frontière franco-allemande selon les heures de la journée (en bas, importations vers la France, en haut, exportations vers l'Allemagne).


C'est clair ! Quand les renouvelables allemands donnent à plein, la France importe de l'électricité. Quand le soleil faiblit, la France exporte son électricité nucléaire qui pulse jour et nuit, avec constance.


Bien sûr, il faut pour cela qu'il y ait des réseaux de transport de haute tension suffisamment importants pour drainer l'électricité des champs éoliens offshore ou des parcs solaires et pour lui faire traverser la frontière avec la France... C'est une évolution qui peut un jour rendre possible une « Europe de l'électricité », qui verrait pas exemple la France « partager » son nucléaire. Comme l'avait souligné Claude Mandil à la chaîne Energie , le nucléaire est 75% de la consommation français, mais 20 à 30% de la consommation européenne.

                                                                   Des échanges générés par le marché

Le graphique de RTE illustre l'évolution des échanges d'électricité entre deux pays européens. Au fil des années, les réseaux nationaux ont multiplié leurs contacts notamment via le centre de coordination technique européen à Bruxelles, CORESO.


Dominique Maillard, le président du réseau français de transport de l'électricité (RTE), a expliqué la nouvelle logique des échanges : « Le temps n'est plus où l'on pouvait considérer que l'importation était un signe de pénurie du pays importateur. C'est le différentiel de prix sur les deux marchés qui guide les échanges. L'existence d'échanges électriques traduit d'abord une réalité économique et commerciale.


«La production éolienne et photovoltaïque, poursuit-il, occasionne souvent des pics de production en Allemagne et conduit même parfois à des périodes de prix négatifs ! L'Allemagne n'aura alors aucune difficulté à exporter son électricité qui sera utilisée de façon optimale. Les échanges, outre leur rôle historique de solidarité entre réseaux de transport d'électricité, concourent maintenant à une meilleure optimisation des moyens de production au sein de l'Europe ».

La France est structurellement exportatrice d'électricité, tout en recourant à des importations lors du passage des pointes qui sont liées chez nous aux pointes de froid.


                                                                              Le rôle d'EPEX SPOT

Ces échanges instantanés, selon les prix, sont rendus possibles grâce à EPEX SPOT, la bourse d'électricité née en septembre 2008 d'une fusion à part égales entre EEX et Powernext, les bourses de l'énergie allemande et française. Après deux ans de travail, EPEX SPOT est devenue la plus importante bourse européenne du marché de gros de l'électricité, dit « spot », c'est-à-dire traitant les échanges de court terme, d'un jour sur l'autre principalement. Il ne concerne pas les accords de long terme que les gros consommateurs industriels passent avec les producteurs pour s'assurer une visibilité du prix d'approvisionnement jusqu'à 6 ans.


Avec le couplage des marchés, les gestionnaires de réseau de transport calculent les capacités disponibles après avoir satisfait leur marché national. Ces calculs sont ensuite intégrés dans le carnet d'ordres des bourses où l'on confronte l'offre plus large possible avec les demandes, ce qui détermine un prix. Un niveau moyen s'est établi autour de 50 euros le MWh. Mais des écarts ponctuels peuvent être considérables. Quand les éoliennes allemandes tournent à plein, le kWh allemand peut tomber vers 0 et même en dessous.... Quand les pics de consommation ont battu leurs records en février, il y a eu des pointes à près de 2000 euros pendant une heure....

Le directeur général d'EPEX SPOT , Jean-François Conil-Lacoste , souligne que « l'accident de Fukushima le 15 mars 2011, et la brusque décision allemande de fermer huit centrales a retiré du marché une grosse part de production qu'il a fallu remplacer ». « On aurait pu penser que cela allait susciter beaucoup de volatilité dans les marchés. Tel n'a pas été le cas. Le fait que le marché est de plus en plus intégré a beaucoup amorti le choc de la décision allemande », estime-t-il devant Paris-Berlin.




Réagissez à cet article
 (3) 
Nom *
Email *
Votre commentaire * (limits 1500 caractres)
3 commentaire(s)
[1]
Commentaire par un physicien
jeudi 05 avril 2012 09:05
De l'art de manipuler les graphiques ...
Si on reprsentait les deux courbes avec la MEME ECHELLE, on verrait que les changes correspondent l'paisseur du trait et "l'vidence" serait autre.
Chiche que vous le faites ?
[2]
Commentaire par Commentaire pertinent
jeudi 05 avril 2012 12:59
Totalement d'accord avec le premier commentaire sur la manipulation du graphique (qui n'est pas le fruit de l'auteur, mais du bilan de l'lectricit 2011 de RTE, sans que cette source ne soit mentionne nulle part).

Ca donne l'impression que l'intermittence allemande est entirement compense par les changes avec la France, alors que le volume des changes s'tablit moins de 1/10 de la production olienne et photovoltaque allemande (1500-2500 MW vs. 10.000-25.000 MW).

Copie revoir!
[3]
Commentaire par Herv
jeudi 05 avril 2012 22:26
Ce graphe a le mrite de montrer l'extreme variabilit du couple Eolien solaire (sachant qu'il ne montre pas les cas les plus dfavorables). Pour ajouter aux commentaires prcdants, vous devriez aussi ajouter la courbe du charbon / Gaz allemand, car c'est celle l qui compense.
Des changes massifs longue distance demandent une plthore de lignes dont personne ne veut.
PARTICIPEZ !
Cet espace est le vtre !
La chane Energie de LExpansion.com
vous ouvre ses colonnes. Partagez vos analyses !
Auteur
ParisBerlin a été fondé en 2004. Il informe chaque mois sur l'actualité franco-allemande dans tous les domaines : politique, économie, modes de vie, culture, éducation, médias.....

Lire la suite

Du même auteur