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Les jours du nucléaire dans la région de Tokyo sont-ils comptés ?


vendredi 10 février 2012

Un référendum sur l'énergie nucléaire pourrait prochainement avoir lieu dans la mégapole de Tokyo.


Un article de Guillaume Duhamel, dans Zegreenweb

Les jours du nucléaire dans la région de Tokyo sont-ils comptés ?

Onze mois après l'accident de Fukushima, le traumatisme énergétique demeure. Les Japonais surveillent leur consommation d'électricité comme le lait sur le feu, tandis que la totalité des réacteurs atomiques nippons pourraient prochainement être à l'arrêt. Et qu'à Tokyo l'opposition au nucléaire ne faiblit pas...

 
Une association de citoyens a ainsi indiqué hier avoir récolté suffisamment de signatures pour exiger de la municipalité qu'elle organise un référendum sur le maintien de l'atome dans l'alimentation électrique de la capitale, rapportent nos confrères de l'AFP. La pétition qu'elle a lancée le 10 décembre a en effet été paraphée par quelque deux cent-cinquante mille personnes, c'est-à-dire trente-six mille de plus que le minimum requis pour pouvoir demander aux autorités tokyotes de procéder à une consultation publique.

Cette annonce semble attester que le nucléaire n'est définitivement plus en odeur de sainteté à Tokyo et dans ses environs. Il faut dire que l'hypothèse d'une autre catastrophe atomique ne peut être écartée, à plus forte raison vu les risques élevés de tremblements de terre (NDLR : des spécialistes ont estimé qu'un séisme de magnitude 7,0 a 70 % de chances de se produire dans la mégapole à l'horizon 2016... et 98 % d'ici trois décennies) et par extension de tsunami, sachant que la plupart des installations nucléaires japonaises ont été construites au bord du Pacifique. Sans parler de l'impressionnante densité de la région, coeur économique et démographique du pays du soleil levant...

Dans ces conditions, une proportion conséquente de Japonais a de solides raisons de réclamer une diversification du bouquet énergétique, avec comme principale évolution le recul voire la suppression de la contribution du nucléaire, indépendamment des contraintes et autres sacrifices qu'elle susciterait.



Un nouveau coup dur pour TEPCO ?


Décidons ensemble, pour un référendum national sur l'énergie nucléaire -
c'est le nom de l'association précitée - a donc le vent dans le dos et a établi une feuille de route bien précise : elle va d'abord présenter les signatures aux commissions électorales de chaque circonscription de Tokyo pour déterminer le nombre de signatures valables, et si le total dépasse le quota légal, demandera ensuite au gouverneur de proposer à l'assemblée municipale un référendum auquel tous les Tokyoïtes âgés de plus de seize ans pourraient participer, de même que l'ensemble des résidents permanents étrangers. Si d'aventure cette consultation avait lieu et que le « non » l'emportait, il s'agirait d'un nouveau coup dur pour TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany), promis à traîner le « boulet » Fukushima-Daiichi pendant encore très longtemps, ne serait-ce que parce que le démantèlement de l'unité accidentée prendra entre trente et quarante ans, et qui doit s'acquitter d'indemnités astronomiques. L'opérateur exploite en effet aussi l'autre centrale de Fukushima ainsi que celle de Kashiwazaki-Kariwa, soit dix-sept turbines au total.

Toutefois, dans les faits, une seule est aujourd'hui en service, les dix réacteurs des deux sites de Fukushima ayant été arrêtés après le tsunami du 11 mars et ceux de Kashiwazaki-Kariwa stoppés pour maintenance ou à cause d'un séisme qui a frappé la ville portuaire de Niigata en juillet 2007. Resterait à connaître la position du gouvernement qui, à l'heure actuelle, s'il a fait une croix sur l'objectif fixé avant l'accident de Fukushima par la précédente administration de doubler la participation de l'atome à la production nationale d'électricité à l'horizon 2030, n'est pas pour autant favorable à une sortie du nucléaire.

Faire fi d'une éventuelle désapprobation populaire et passer en force serait cependant une grossière erreur politique.

Crédits photos : Wikimedia Commons - kariwa-npp2 / flickr - Sébastien Batardy
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9 commentaire(s)
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Commentaire par un physicien
dimanche 12 février 2012 11:52
Et surtout çà évite de parler des digues.
[2]
Commentaire par yan13
mardi 14 février 2012 02:46
L'ampleur des conséquences de la catastrophe de Fukushima n'est comparable qu'à l'aveuglement de notre Nomenklatura Atomique.

Cette nomenklatura qui nous prouvait à l'aide de savants calculs que ce type de catastrophe était impossible chez nous devrait sérieusement faire son mea culpa.

En réalité depuis 30 ans les technocrates du Corps des Mines, qui ne rendent aucun compte aux électeurs et s'attribuent tous les pouvoirs en matière d'énergie, décident de ce qui est bon pour leur égo mais certainement pas pour les Français.

En finir avec le nucléaire avant la catastrophe est tout simplement une question de survie pour la Nation, par ce qu'après c'est trop tard. C'est ce qu'on compris les Allemands.
[3]
Commentaire par Hervé
mercredi 15 février 2012 00:48
yan13 écrit: //En finir avec le nucléaire avant la catastrophe est tout simplement une question de survie pour la Nation, par ce qu'après c'est trop tard. C'est ce qu'on compris les Allemands.//

Mais pas les Ukrainiens! Nouvelle centrale en Ukraine. Ayant subi Tchernobyl sont ils cinglés? ou juste réalistes?...
[4]
Commentaire par yan13
mercredi 15 février 2012 01:24
Pour Hervé:

Les Allemands profitent d'une économie puissante, d'un systeme politique décentralisé et proportionnel qui respecte et implique les citoyens et les entreprises dans les décisions d'avenir. En fait c'est le pays idéal pour réussir une transition énergétique décentralisée et écologique...contrairement à l'Ukraine ou la démocratie a encore quelques "légers" progrès à réaliser. Si la population avait le droit de participer aux décisions en Ukraine, le nucléaire aurait-il autant le vent en poupe ?

Curieusement le nucléaire se développe mieux en ce moment dans les dictatures et pays faiblement démocratiques, ou à minima dans les pays ayant une culture de concentration (= spoliation ?) des choix énergétique...comme en France.
[5]
Commentaire par un physicien
mercredi 15 février 2012 14:11
@yan13
16 Etats membres de l’Union européenne ont confirmé le choix du nucléaire dans leur mix énergétique : Bulgarie, Espagne, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède.
Rien que des dictatures ?
Le nucléaire n'a fait aucun mort au Japon, les digues insuffisantes 20 000. Qui cache quoi ?
Et en France combien de morts dus au nucléaire ? et combien dus aux digues en mauvais état ?
[6]
Commentaire par Hervé
mercredi 15 février 2012 18:16
@ Yan13
Si vous souhaitez trouver une explication sur les choix en matière de nucléaire, regardez plutôt du côté de la disponibilité présente et future du charbon ou du gaz dans les pays concernés, vous y trouverez une forte corrélation.

Nous on aurait le choix, on a du gaz de schiste (enfin on le suppose car vos amis on empêché l'exploration). Personnellement, je pense qu'il est préférable de laisser ce trésor à nos descendants.

@ physicien:
En France, si il y a eu des morts du au nucléaire: la catastrophe de l'hôpital d'Epinal (patients surexposés à un traitement de radiothérapie) 5 morts
[7]
Commentaire par un physicien
jeudi 16 février 2012 12:16
@Hervé
Il était question de l'énergie nucléaire.
Il y a eu des accidents de radiothérapie. Par ailleurs la radiothérapie guérit des dizaines de milliers de cancéreux chaque année. Si vous pensez que le rapport coût/bénéfice justifie la fin de la radiothérapie, dits-le.
[8]
Commentaire par yan13
jeudi 16 février 2012 13:34
pour Physicien

je parlais de "développement en ce moment " c a d les projets de nouveaux réacteurs, donc svp retirez l'Espagne, la Hollande et la Suède, par contre rajoutez L'Angleterre et les USA, enfin pour ces 2 pays il y encore pas mal d'obstacles à lever. Votre liste cherchait-elle à nous faire croire que tous ces pays vont créer de nouvelles centrales ? Reste sur votre liste les (anciens) pays du bloc de l'Est ou la culture démocratique et de décentralisation des décisions est plutôt embryonnaire. Par contre vous avez curieusement oublié beaucoup d'autres grandes démocraties, qu'elles possedent ou pas du charbon/pétrole/gaz: Chine, Lybie (on y était presque grâce au vrp Sarko), Emirats Arabes , Afrique du Sud, Algérie, Arabie Séoudite, Pakistan, Inde (sur une faille sismique, c'est génial !), Russie, Ukraine, Biélorussie (Tchernobyl ne leur a pas suffit), Corée du Nord et du Sud, Turquie (j'aime bien ce film: Midnight Express), Iran et, cerise sur le gâteau...la France !
[9]
Commentaire par Hervé
vendredi 17 février 2012 20:27
Bonsoir Yan13,
Dans la liste que vous donnez, certains pays riches en pétrole n'on pas exactement une motivation électronucléaire... Quand on veut la bombe, un réacteur REP n'est pas du tout adapté. Par contre un réacteur à « but » médical utilisant de l'uranium fortement enrichi, ....
Pour les autres, c’est la question de l’appro. en énergie qui prime.

Pour revenir au sujet de l'article, tout dépendra en fait du potentiel ENR du Japon. S'il est bon, le nucléaire sera probablement abandonné définitivement. Dans le cas inverse, n'ayant pas de ressources en énergies fossiles, l'abandon ne sera que temporaire, comme ça a été le cas dans d'autres pays.

Lorsque les énergies fossiles augmenteront, la balance commerciale... auront vite raison des peurs, surtout que d'ici là, les japonais auront pu étudier les conséquences réelles de la catastrophe et en tirer toutes les leçons.
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